Le Potentiel (Kinshasa)

27 Février 2013

Congo-Kinshasa: Les chefs rebelles du M23 vivent à couteaux tirés

Photo: Al Jazeera English
(Photo d'archives) - Des troupes du M23 à Bunagana 5

Les violons ne s'accordent plus entre Sultani Makenga, chef militaire du M23 et Bosco Ntaganda, parrain de cette rébellion et ancien chef militaire de l'ex-rébellion du CNDP.

Ça sent le roussi au sein du Mouvement du 23 mars (M23). Ce groupe armé s'est scindé en deux fractions qui se regardent, dorénavant, comme chiens de faïence.

Selon plusieurs médias dont radiookapi.net, les deux fractions se sont affrontées, le dimanche 24 février dans le territoire de Rutshuru.

Après l'échange de ces tirs, la situation est restée confuse hier mardi 26 février dans cette partie de la province du Nord-Kivu.

Selon des sources concordantes citées par la radio onusienne, les violons ne s'accordent plus entre Sultani Makenga, chef militaire du M23 et Bosco Ntaganda, parrain de cette rébellion et ancien chef militaire de l'ex-rébellion du CNDP.

Bosco Ntaganda qui est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI n'a jamais revendiqué officiellement son appartenance au M23.

« La majorité d'hommes répondant aux ordres de Sultani Makenga se seraient retirés de Rubare, Rutshuru-centre, Ntamugenga, Nyongera et Mabenga, d'importantes localités de Rutshuru pour se positionner sur des collines stratégiques de Mbuzi, Runyonyi et Nyabitona, dans le groupement Bweza, chefferie de Bwisha », renseigne la radiookapi.net.

Hier mardi 26 février, un officier du M23 a, sous le sceau de l'anonymat, déclaré que « la prise de ces collines devrait étouffer toute action militaire de Bosco Ntaganda ».

« D'autres combattants de Sultani Makenga sont allés vers Bunagana, cité frontalière de l'Ouganda, à environ 20 km à l'est de Rutshuru », affirme la source. Avant d'ajouter : « En revanche, Baudouin Ngaruye, un autre chef militaire du M23, qui fait allégeance à Bosco Ntaganda est resté maitre de Rutshuru-centre, Nyongera, Kiwanja et Rubare ».

Mais, ses combattants sont peu visibles dans la région, affirment des sources concordantes relayées par la radio onusienne.

A en croire radiookapi.net, les mêmes sources affirment que plusieurs localités de Rutshuru libérées de l'emprise du M23 font actuellement l'objet de la convoitise des rebelles rwandais des FDLR.

« Lundi, ces rebelles ont brièvement occupé la localité 3 à Rugari situé à 40 km au Nord de Goma », rapporte la source. Et de poursuivre : « Les activistes des droits de l'Homme craignent que cette dissension au sein du M23 ne puisse dégénérer, et causer morts d'hommes et déplacement de la population civile ».

La dissension au sein du M23 survient au lendemain de la signature de l'accord-cadre sur le conflit en RDC, à Addis-Abeba (Ethiopie), par les pays de la CIRGL et quelques Etats de la SADC. Cet accord régional vise, entre autres, le rétablissement de la paix dans l'Est de la RDC en proie aux conflits armés depuis plusieurs décennies. Tous ces pays signataires de l'accord-cadre se sont engagés à ne pas soutenir les groupes armés qui déstabilisent la partie orientale de la RDC.

Ads by Google

Copyright © 2013 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.