Zimbabwe: La police interdit l'utilisation des radios et prend des mesures contre les ONG

Les communautés utilisent les radios à ondes courtes pour écouter les émissions diffusées par des radios indépendantes en Europe et aux États-Unis

La police zimbabwéenne a interdit la possession de radios à ondes courtes, indiquant qu'elles étaient utilisées pour diffuser des discours de haine à un mois du référendum constitutionnel et des élections prévues pour le mois de juillet.

Des organisations non gouvernementales (ONG) ont distribué des radios à manivelle ou alimentées par énergie solaire dans les collectivités rurales, permettant aux villageois de mettre en place des clubs d'écoute pour suivre les programmes de stations de radio indépendantes populaires, comme Radio Voice of The People, Studio 7 et SW Radio Africa. Les émissions sont produites par des journalistes zimbabwéens exilés en Europe et aux États-Unis.

Le Zimbabwe compte quatre stations de radio publiques qui soutiennent depuis longtemps le parti du président Robert Mugabe, le ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique). Deux stations de radio indépendantes récemment créées sont également perçues comme proches du ZANU-PF.

Des auditeurs, et plus particulièrement des partisans du parti rival du Mouvement pour le changement démocratique (Movement for Democratic Change, MDC), souhaiteraient entendre d'autres points de vue.

Une interdiction critiquée

Lors des dernières élections, organisées en 2008, bon nombre d'électeurs des circonscriptions rurales qui pouvaient accéder à des programmes diffusés par des radios indépendantes ont voté pour les listes du MDC conduites par le professeur Welshman Ncube et le Premier ministre Morgan Tsvangirai.

L'Alliance des médias du Zimbabwe (Media Alliance of Zimbabwe, MAZ) - un groupe qui rassemble l'Union des journalistes du Zimbabwe, le Forum national des éditeurs du Zimbabwe, la Fédération des femmes journalistes africaines du Zimbabwe et d'autres groupes favorables à la liberté d'expression - a condamné l'interdiction des récepteurs radio.

Dans une déclaration, la MAZ a souligné que « la possession et la distribution de radios ne sont pas illégales et leur confiscation constitue une grave violation des droits des citoyens de recevoir et de transmettre des opinions et des informations sans censure, conformément à l'Article 20 de la Constitution ».

Exhortant la police à annuler l'interdiction, la MAZ a souligné qu'elle risquait de priver la population d'une importante source d'information à l'approche de deux évènements nationaux majeurs.

Répression des ONG

Au cours des dernières semaines, la police s'est également attaquée aux ONG et aux groupes de défense des droits de l'homme : elle a effectué des descentes dans leurs locaux, confisqué des dossiers et arrêté des membres de leur personnel.

Parmi les organisations prises pour cible figurent l'Association des droits de l'homme du Zimbabwe : son directeur exécutif et deux autres membres du personnel ont été arrêtés pour « contrefaçon et fabrication » de certificats d'inscription sur les listes électorales.

Ils ont finalement été relâchés sous caution. La police a également effectué une descente dans les locaux du Projet pour la paix au Zimbabwe ; elle y a confisqué des téléphones cellulaires et des disques durs.

Après les dernières élections, la directrice du Projet pour la paix au Zimbabwe, Jestina Mukoko, avait été enlevée et torturée après qu'il fut apparu que son organisation disposait de preuves accablantes concernant l'utilisation du viol et de la torture par les forces de sécurité qui voulaient intimider les partisans de M. Tsvangirai.

Les locaux du Réseau de soutien électoral du Zimbabwe, une ONG qui milite en faveur de l'organisation d'élections démocratiques, ont également été fouillés par la police.

Le ministère des Affaires intérieures, auquel est rattachée la police, est dirigé par deux co-ministres, l'un appartenant au ZANU-PF et l'autre au MDC.

Dans une déclaration, l'organisation Avocats pour les droits de l'homme du Zimbabwe a critiqué le gouvernement, qui est composé de trois partis, et l'a accusé de ne pas avoir réussi à prévenir « l'agression prolongée et croissante contre les ONG qui interviennent dans les domaines de l'éducation civique, du contrôle du respect des droits de l'homme, de la sensibilisation du public et de la fourniture des services - qui sont des actions légales ».

Les violences se poursuivent

Bien que le président Robert Mugabe ait appelé au calme pendant et après le référendum et les élections nationales, les violences se poursuivraient dans le pays.

Ce week-end, un garçon de 12 ans a trouvé la mort lorsque que la maison dans laquelle il dormait a été incendiée pendant des accrochages entre les partisans du ZANU-PF et du MDC dans la province du Manicaland, située à 200km à l'est de la capitale.

Des personnes ont jeté un cocktail Molotov sur la maison, pensant que le père du garçon, candidat aux prochaines élections sous la bannière du parti de M. Tsvangirai, dormait à l'intérieur.

Ads by Google

Copyright © 2013 UN Integrated Regional Information Networks. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.