Le Potentiel (Kinshasa)

7 Mars 2013

Congo-Kinshasa: Procès « Kabila Etienne et ses 19 coaccusés » - La défense dénonce une « procédure destinée à les piéger »

En attendant la décision du juge d'un tribunal régional de Pretoria (Afrique du Sud) d'« accorder ou non la liberté provisoire » à Etienne Kabila et ses 19 coaccusé de « tentative de coup d'Etat visant à renverser le gouvernement de la RDC », les avocats de la défense ont dénoncé à l'audience du mercredi 6 mars « une procédure destinée à les piéger ».

« La plupart de ces accusés sont en Afrique du Sud avec un statut de réfugiés et, à la lumière des débats, on voit bien que c'est une procédure destinée à les piéger.

Et la thèse de la défense, c'est que c'est très facile d'aller dans une communauté de réfugiés et de monter ce type d'opération que vous pourriez difficilement monter ailleurs », a déclaré l'un d'eux cité par RFI.

C'est à la reprise de l'audience, le 15 mars, que les avocats de la défense vont développer leurs arguments pour tenter de convaincre le juge à accorder la liberté provisoire à leurs 20 clients.

La radio française rappelle que « dix-neuf de ces hommes ont été arrêtés début février dans le Limpopo, dans le nord de l'Afrique du Sud, où, d'après l'accusation, ils se préparaient à recevoir un entraînement militaire en vue de renverser le régime de Kinshasa ».

Déposition du lieutenant-colonel Noel Graem Zeeman

A l'audience de mercredi, le procureur sud-africain a justifié son refus à la liberté provisoire sollicitée par les 20 accusés, en lisant « longuement » la déposition du lieutenant-colonel Noel Graem Zeeman, membre des Hawks, la force d'élite de la police sud-africaine, qui a infiltré les présumés comploteurs.

Le policier y raconte « comment, en septembre dernier, la police a été informée que des Congolais s'apprêtaient à recruter des mercenaires en Afrique du Sud pour préparer un coup d'Etat contre le régime de Kinshasa ».

« Deux policiers ont alors infiltré le groupe de comploteurs présumés. Ils leur auraient promis un entraînement militaires, des AK-47 mais aussi des missiles et de l'argent.

En échange, les accusés se seraient engagés à payer en concessions minières, rapportant même quelques pépites d'or lors des rendez-vous.

Toutes les rencontres entre le mois de septembre et de février ont été enregistrées, des courriels ont été saisis. Autant de preuves qui seront examinées plus tard lors du procès », rapporte RFI.

Cette déclaration est contenue dans un dossier d'environ 150 pages que le procureur avait dit « prêt » à l'audience du 27 février, « pour s'opposer à la remise en liberté provisoire » des 20 accusés.

Le report de ce procès du mercredi 27 février au mercredi 6 mars avait été sollicité par les avocats de la défense à l'issue d'une audience « sous haute surveillance policière ».

C'était aussi bien par l'avocat d'Etienne Kabila, l'accusé numéro 20, « pour prendre connaissance de ce dossier et mieux préparer sa défense » que par celui des 19 autres accusés qui pensait qu'« il pourrait exister un conflit d'intérêt entre ses clients ».

« Tous les accusés n'auraient semble-t-il pas joué le même rôle dans cette affaire. Les accusés numéro 1 et 4, James Kazongo et Kabuka Lugaba Adrian Kilele pourraient avoir besoin d'un avocat pour mieux les représenter. La question doit être tranchée d'ici la semaine prochaine avant une reprise des débats prévue le 6 mars », avait rapporté RFI.

Outre Etienne Tshisekedi, les « 19 conspirateurs» présumés sont James Kazongo (Américain d'origine congolaise), Lundula Masikini, Kilele Mukuti, Kabuka Lugaba Adrian Kilele, Amuli Safari, Kakesa Muyombo, John Malako, Jean-Paul Kayembe Tambue, Joe Ngesi, Simon Mbuyi Mukuna, Felli Basyla, James Jacob Mapima, David Muyembe Bakajika, Alan Yoka Maniema, Tenda Nelka, Musasa Tshibangu, Jean-Pierre Lerulwabo, Apounaire Ilonga Manya Mahele et Erice Mubuto.

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