19 Juin 2013

Cameroun: Ministère des Transports - Plus de 400 cartes grises bloquées

Un agent en service à la délégation régionale des Transports du Centre s'est enfuit avec plus de 13 millions de Fcfa.

Ce mardi 18 juin, au secrétariat du chef de service régional des Transports pour le Centre, l'ambiance est surchauffée. Agglutinés autour de l'homme de course du chef de service, les usagers réclament les cartes grises de leurs véhicules. Sur leurs visages, anxiété et colère se lisent. Ce d'autant que, depuis quelques jours, des contrôles de police se font nombreux et traquent les automobilistes au volant de véhicules non immatriculés et n'ayant pas de carte grise. Mais à tour de rôle, ils s'entendent dire : «il faut attendre. Le ministre ne signe plus de cartes grises».

Ce que l'on ne souhaite pas leur dire officiellement et qui se murmure dans les couloirs de cette délégation très courue, c'est le détournement d'un peu plus de 13millions Fcfa. Cette somme, destinée à l'achat de plus de 400 timbres nécessaires à l'élaboration des cartes grises, a été emportée par le nommé Kassala, travaillant au service des immatriculations de la délégation régionale du Centre. Selon nos informations, cet agent véreux aurait collecté ces frais depuis le mois de Janvier dernier, soit au lendemain du départ de l'équipe de la Conac et qui s'y était installée avec son projet «Choc». Le pot au rose a été découvert jeudi, lorsque, las de ne pas avoir leurs documents, des usagers ont porté plainte. A l'arrivée de la police, le concerné a pris la poudre des champs, narguant au passage ses collègues.

Interpellé, Jean Claude Voundi Nkana, le délégué régional des Transports que menaçaient de lyncher les automobilistes furieux, n'a eu la vie sauve que grâce à la protection de la police. Pris de panique, il a demandé aux automobilistes de payer à nouveau les frais de timbres, leur assurant qu'ils obtiendront bientôt réparation. Une solution que certains des plaignants vont exécuter sans sourciller, pressés d'être en règle. Les dossiers de ceux des plaignants qui ont refusé de payer à nouveau, ont été transférés à l'inspection générale du ministère des Transports pour besoin d'enquête. Ces deux catégories d'usagers continuent d'attendre l'attribution de leurs documents.

Les usagers ne cachent pas leur déception. «Je ne comprends pas ces gens. Depuis le 23 janvier que j'ai déposé le dossier pour la carte grise de mon véhicule de marque Advensis à ce monsieur, chaque fois qu'il me donne rendez-vous je m'entends dire que c'est à la signature. Aujourd'hui, ledit véhicule est à la fourrière à la voirie municipale», se plaint Joseph G. Mvondo. Une plainte d'autant plus légitime que, chaque nuit passée par son véhicule à la fourrière lui coûte 5.000Fcfa.

La situation laisse aussi perplexes les responsables du ministère des Transports que nous avons approchés. Un haut cadre y indique en effet ne pas comprendre comment une forte somme d'argent de l'Etat peut se retrouver entre les mains d'un employé. Pourtant, il existe dans cette délégation, une régie de recette du ministère des Finances. «Ce n'est pas possible. Alors que le ministère se bat de réduire considérablement les pôles de corruption, les gens s'amusent encore avec la fortune de l'Etat. Je pense qu'il y a des complicités avec la hiérarchie de la délégation régionale. Sinon comment comprendre que pour un tel scandale aucun responsable ne soit au courant», confie t-il avant d'assurer qu'une enquête est en cours pour établir toutes les responsabilités dans cette affaire.

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