Le Pays (Ouagadougou)

26 Juin 2013

Burkina Faso: Mutilations génitales féminines - Sa lutte est encore préoccupante dans notre pays

Photo: UNICEF/Kate Holt
À l'âge d'un an, Fatima a été soumise à la coupure/mutilation génitale féminine (C/MGF) dans son village de la région d'Afar, en Ethiopie, pays qui affiche l'un des taux de prévalence de cette pratique parmi les plus élevés du monde.

L'ONG Mwangaza Action, dans le cadre de la mise en œuvre du projet Capitalisation et dissémination de bonnes approches pour la promotion de l'abandon des mutilations génitales féminines (CAP-MGF) II, a organisé un atelier de dissémination des résultats et produits de capitalisation dudit projet, le mardi 25 juin 2013 à Ouagadougou.

« L'état de la lutte contre l'excision est encore préoccupant au Burkina Faso », a souligné la secrétaire permanente du Comité national de lutte contre l'excision, Bernadette Bonkoungou.

C'est mesurant les conséquences de cette pratique ancestrale que l'ONG Mwangaza Action a entrepris depuis quelques années de promouvoir l'abandon de la pratique dans un certain nombre de provinces à travers le projet dénommé CAP -MGF.

Après sa première phase qui a couvert la période de mai 2007 à décembre 2011, la dissémination des résultats et produits de capitalisation de la deuxième phase qui a couvert la période de février 2011 à juin 2013 a été restituée aux leaders communautaires, aux responsables des OSC, aux acteurs qui interviennent dans la promotion des droits des femmes et des filles et les partenaires financiers au cours d'un atelier le 25 juin dernier à Ouagadougou.

Cette étude a concerné cinq organisations partenaires qui interviennent dans le domaine de la promotion de l'abandon de la pratique de l'excision que sont l'Association d'appui et d'éveil Pugsada (ADEP) à Goala (Boulkiemdé), l'Association féminine Song-Manegré pour le développement (AFD) à Kongoussi (Bam), l'association pour la promotion de la jeunesse africaine et le développement (APJAD) à Ouaga, l'Association des tradipraticiens et herboristes « Wend-Panga » et la Cellule féminine nationale du cercle d'études de recherche et de formation islamique (CFN-CERFI) à Ouaga.

La population cible de cette étude était composée des jeunes filles et garçons, scolarisés ou non, les femmes et hommes, les tradipraticiens.

Ce projet d'un coût global de plus de 84 millions de F CFA est financé par le Fonds commun genre et géré par DIAKONIA. En initiant le projet, l'ONG Mwangaza Action entend contribuer à l'élimination des violences faites aux femmes et aux filles au sein des communautés des zones d'intervention du projet.

44 personnes référées pour des séquelles de l'excision ont été médicalement prises en charge

Comme impacts visibles des actions menées par le projet sur le terrain, on peut énumérer entre autres la démystification du caractère tabou de l'excision dans les zones d'intervention du projet, le processus d'abandon déclenché avec les déclarations publiques et collectives.

Des victimes de séquelles de l'excision, touchées directement par les actions des organisations locales partenaires, se sont engagées à témoigner publiquement. Elles sont maintenant des agents de sensibilisation. 44 personnes référées pour des séquelles de l'excision ont été médicalement prises en charge.

De ces filles et femmes réparées, certaines ont repris le chemin de l'école, d'autres ont pu porter leur grossesse jusqu'à terme. Celles qui étaient refoulées par leurs maris ont pu rejoindre leur foyer.

A cela s'ajoute l'émergence d'un leadership au sein des communautés avec l'installation des clubs/groupes/cellules. Le chef de Santa de Kourinion dans le Kénédougou, leader communautaire ayant pris activement part à ce projet a décidé désormais de prôner l'abandon de la pratique de l'excision dans son canton.

Il a confié que le CAP-MGF II, leur a été d'un atout inestimable, en ce sens qu'il leur a permis de sauver une douzaine de jeunes filles de l'excision.

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