3 Octobre 2013
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Corporate Council on Africa (Washington, DC)

Mot de son Excellence Monsieur Matata Ponyo Mapon, Premier ministre, chef du Gouvernement

communiqué de presse

Chicago — Monsieur le Président, Madame l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo aux Etats-Unis d'Amérique, Mesdames et Messieurs, Distingués invités,

C'est avec un réel plaisir que j'ai reçu l'invitation de votre organisation pour participer au présent Forum des Affaires en Afrique.

Au nom de Son Excellence Monsieur Joseph KABILA KABANGE, Président de la République, Chef de l'Etat, du Gouvernement et de toute la délégation qui m'accompagne, je tiens à vous exprimer toute ma gratitude pour l'opportunité que vous m'offrez de m'exprimer du haut de cette tribune.

Puisqu'il s'agit d'un forum sur les affaires, permettez-moi d'entrer directement dans le vif du sujet et de vous dire ce que la RDC fait pour améliorer l'environnement des affaires.

Au niveau du Gouvernement,   en plus de l'amélioration de la gouvernance économique en général, nous nous attelons également à trouver des solutions durables aux problèmes : i) de l'insécurité à l'Est du pays qui empêche une exploitation industrielle et professionnelle des ressources minières; ii) du déficit énergétique qui handicape le développement des unités de transformation ; et iii) du déficit des infrastructures de transport qui limite la circulation des personnes et des biens.

A.Réformes pour assurer une plus grande sécurité

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Distingués invités,

Nous savons tous que l'argent n'aime pas le bruit, et en RDC, la présence d'un bruit à l'Est ne sert pas le pays. C'est pourquoi, le Gouvernement a lancé depuis le début de cette année une profonde réforme de l'armée, de la police et des services de renseignement. Ceci conformément à l'Accord-cadre d'Addis-Abeba et à la volonté du Chef de l'Etat, Joseph KABILA Kabange, de doter le pays d'une armée professionnelle et républicaine dans les meilleurs délais pour la défense du territoire national, en proie aux convoitises des pays voisins. Un pays très riche en ressources naturelles attire tout le monde, y compris les mal intentionnés, les prédateurs !

C'est aussi l'opportunité pour moi de rappeler que la guerre à l'Est du pays ne porte que sur moins de 5% de l'étendue d'un pays qui a la taille de l'Europe de l'Ouest. Ceci ne devrait donc pas constituer un frein à l'afflux des capitaux privés américains en République Démocratique du Congo. Pour prendre l'exemple de votre pays, l'instabilité dans l'état de Michigan n'empêchera certainement pas aux investisseurs de travailler en Floride. Mais cette instabilité ne laissera jamais les autorités centrales tranquilles. C'est le cas de la RDC. Mais les efforts fournis par le gouvernement et la communauté internationale permettent d'espérer une fin rapide de cette instabilité. Donc ce n'est plus une raison de ne pas venir en RDC.

B.Gouvernance économique des secteurs clé et exploitation des ressources naturelles

Des mécanismes ont été mis en place pour améliorer la gouvernance du secteur des industries extractives. Beaucoup des mesures ont été prises et ont permis d'attirer près de 360 compagnies à ce jour; mais nous convenons avec vous, que beaucoup d'efforts sont encore à fournir.

Les mesures suivantes ont été prises :

  • Après la conférence sur la transparence du secteur minier, tenue à Lubumbashi en janvier 2013, une matrice des recommandations a été adoptée.   Il est prévue une évaluation annuelle, mais dans l'entre temps, nous évaluons trimestriellement le niveau d'évolution de la mise en œuvre de ces recommandations.
  • Le Code minier est en révision ainsi que le code agricole afin de rendre plus attractifs ces deux secteurs aux investisseurs aussi bien nationaux qu'étrangers. Dans le code minier notamment, nous tiendrons absolument compte des avis et considérations de ceux qui ont déjà investi en RDC dans ce secteur.
  • Le Parlement a adopté la Convention de New York sur les sentences arbitrales et le Président l'a promulgué, permettant ainsi à la RDC d'accroître le niveau de sécurité juridique des contrats.
  • La RDC a adhéré à l'Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) en 2005 et bénéficie de statut de pays candidat depuis février 2008.   Bien que nous ayons éprouvé quelques difficultés à publier le rapport   2011 conformément aux exigences de l'ITIE, ce qui nous a valu une suspension en avril 2013, nous poursuivons des mesures correctrices pour une meilleure gouvernance avec la publication des contrats miniers et des hydrocarbures sur les sites de ces ministères respectifs, ainsi qu'une meilleure traçabilité des revenus et des données. Nous travaillons pour lever rapidement cette suspension.

C.Un déficit énergétique qui plombe la croissance, mais des efforts sont déployés pour pallier cette contrainte

La RDC fait face à un déficit énergétique en raison de la faible fourniture de l'énergie électrique par rapport à une demande de plus en plus croissante provenant principalement des opérateurs miniers, en plus de celle des ménages. Cette situation, tributaire d'une demande en forte croissance et à la vétusté du réseau de production et de transport énergétique, préoccupe le Gouvernement au plus haut point. Ainsi, une série d'actions relevant aussi bien du court que du moyen et long termes sont entreprises, à savoir :

  • La réhabilitation de plusieurs groupes de la centrale hydroélectrique de Inga I et II, et qui a entraîné   une augmentation de la production électrique passant de 809,5 MW en mai 2012 à 1351 MW en mai 2013, soit un accroissement de production de 66,9%. Le nombre d'abonnés est passé de 641.282 à 710.566, soit 69284 nouveaux abonnés à travers le territoire national.
  • L'achat de l'électricité de la Zambie pour soutenir temporairement l'industrie minière dans la province du Katanga.
  • Plusieurs centrales hydroélectriques sont en construction : Zongo II (150 MW), Kakobola (10,5 MW), Katende (62 MW).
  • Le plus gros projet dans ce domaine porte sur la construction, dès octobre 2015, du barrage d'Inga III pour une capacité de 4.800 mégawatts. Son coût d'investissement est évalué à 12 milliards de dollars américains et sera achevé en 2020. Cet ouvrage va constituer une première phase dans le cadre du projet « Grand Inga », qui aura une capacité de 39.000 mégawatts, pour un coût d'investissement évalué à près de 50 milliards de dollars américains.
  • Au-delà de ce projet, il est prévu la construction de plusieurs microcentrales hydroélectriques à travers le pays, notamment pour appuyer les projets d'aménagement des parcs agro-industriels.

D.Une sécurité juridique et financière renforcée

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Pour sécuriser davantage les investisseurs, une panoplie des mesures sont réalisées, notamment : la simplification des procédures douanières, l'allègement des taxes, bref, de nombreuses réformes fiscales, juridiques, comptables et institutionnelles. On peut en citer quelques unes :

  • -l'adhésion de la République Démocratique du Congo, depuis 2010, à l'Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, Ohada en sigle. Pour votre information, l'application des normes Ohada sera effective d'ici janvier 2014.
  • -le pays a aussi adhéré à d'autres mécanismes de garantie comme :
  • oL'Agence Multilatérale de Garantie des Investissements (MIGA),
  • oL'Association des Experts Comptables Certifiés (ACCA),

Le centre international de règlements des différents relatifs aux investissements (CERDHI) basé à Washington.

Dans le même ordre d'idées, la loi portant ratification de la Convention de New York de 1958 sur les sentences arbitrales a été promulguée par le Président de la République pour renforcer la sécurité juridique des transactions financières et commerciales.

En avril 2013, le Gouvernement a mis en place un Guichet unique de création d'entreprise, à l'issue de plusieurs réformes entreprises visant la réduction des taxes et autres procédures. Il s'agit d'un centre de facilitation de création d'entreprise permettant aux opérateurs économiques d'effectuer des procédures de création d'entreprise en un seul lieu, en un paiement unique. Ainsi, en RDC on peut créer une entreprise endéans 3 jours maximum contre 62 jours il y a quelques mois. Depuis que ce Guichet unique est entré en vigueur, plusieurs   entreprises ont été créées, illustrant l'efficacité de cet office et l'assainissement progressif de l'environnement des affaires.

Par ailleurs, la Banque Centrale du Congo a lancé en Avril 2013, l'applicatif appelé à améliorer le partage des informations sur les demandeurs de crédit. C'est une première étape dans la modernisation de la Centrale des risques en République Démocratique du Congo.

En ce qui concerne le commerce transfrontalier, les frais d'import-export ont été réduits de 500 à 125 dollars américains pour les personnes morales et de 250 à 75 dollars américains pour les personnes physiques. Dans ce même cadre, il a été promulgué un nouveau Code de douanes pour la simplification et la facilitation des opérations.

Concernant le paiement des impôts et taxes, plusieurs réformes ont été réalisées, notamment l'introduction depuis janvier 2012 de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA). Par ailleurs, des tribunaux de commerce ont été mis en place.

Enfin, la République Démocratique du Congo recouvre aussi progressivement sa viabilité financière et sa crédibilité vis-à-vis des partenaires. Ce constat est attesté par la première notation B3 attribuée par l'agence MOODY'S sur la dette souveraine en devises et monnaie locale, assortie d'une perspective stable. La RDC est engagée à améliorer ce score dans les prochains mois. Cette performance est aussi confirmée par l'augmentation notable des investissements directs étrangers, lesquels passent de 47,2 millions de dollars américains en 1999 à 2,9 milliards de dollars américains en 2012.

E.Infrastructures de transport : vers un système multimodal et compétitif

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Le système de transport de la RDC combine transports fluvial, routier, ferroviaire, aérien et maritime. Après de décennies de mauvaise gestion et de manque d'investissement dans ce réseau, la stratégie du Gouvernement de relance et de renforcement du secteur s'appuie sur une réforme d'ensemble du système de gestion des infrastructures et des entreprises publiques opérant dans les transports.

L'objectif est de développer un système intégré et international reliant tous les pôles économiques du pays (provinces et zones économiques spéciales) pour favoriser l'émergence   d'un vaste marché intérieur et assurer, à des prix compétitifs, l'interconnexion de ces pôles avec les marchés extérieurs.

C'est pour cela que la RDC est actuellement un véritable chantier en infrastructures diverses :

  • Réhabilitation ferroviaire : Un lot de 11 locomotives a été déjà été livré à Lubumbashi en juin 2013 à la SNCC. En outre, 6 nouvelles locomotives et 45 voitures à voyageurs sont en commande et permettront de redynamiser les activités de la SNCC en améliorant la fluidité du transport ferroviaire. Près de 35 locomotives neuves sont attendues à fin décembre 2014 et début 2015. Il faut signaler aussi les perspectives de modernisation des ports de Matadi et Boma, et bientôt, la construction projetée du port en eaux profondes à Banana sur l'océan atlantique ;
  • Balisage du fleuve Congo : le fleuve a été totalement balisé entre Kinshasa et Kisangani   (1.734 Km) et le processus se poursuit sur la rivière Kasaï entre Kwamouth et Ilebo (655 Km). Les ports fluviaux, dont celui de Kinshasa, sont en pleine réhabilitation et des bateaux des sociétés publiques sont entrain d'être remis en état (ITB Kokolo et MB Ngungu) ;
  • Modernisation des aéroports : afin d'accroître la sécurité aérienne, des aéroports sont en réhabilitation (Kinshasa, Lubumbashi, Kisangani, Kolwezi) avec la construction de nouvelles tours de contrôle, de casernes incendie et des pistes d'atterrissage répondant aux standards internationaux. Une nouvelle aérogare modulaire est en construction à Ndjili (Kinshasa) et sera achevée au cours du premier semestre 2014 ;

Réhabilitation, construction des routes et sécurité routière renforcée : une série des projets routiers sont en cours. Ils auront une incidence significative sur la croissance économique, la mobilité des biens et services et des personnes. Il s'agit, notamment :

  • La réunification nationale routière : Le programme de réunification de la RDC par la voie routière est en cours d'exécution pour réhabiliter 6.500 km de routes d'intérêt national.   Les routes sont déjà ré-ouvertes dans les provinces de Bandundu, Bas-Congo, Equateur, Sud-Kivu, Katanga, Maniema, Kasaï Occidental avec l'appui de l'Office des Routes et des ONG locales.  
  • Pour le transport en commun, le Gouvernement a créé un nouveau service public TRANSCO en le dotant d'un premier lot de 200 bus neufs, et avant la fin de l'année, il sera pourvu d'un total de 500 bus. Ce lot devra augmenter significativement en 2014 et couvrir l'ensemble du pays. En outre, 250 minibus à revendre aux privés sont en voie d'acquisition.
  • Une compagnie aérienne nationale est en gestation et devra être opérationnelle au premier semestre 2014.

Conclusion

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Comme vous pouvez le constater, les perspectives économiques de la République Démocratique du Congo sont très prometteuses. Je voudrais donc saisir cette occasion pour lancer un appel aux investisseurs américains pour non seulement visiter la République Démocratique du Congo, mais surtout y créer des richesses et bénéficier de nombreux avantages qu'offrent l'environnement économique actuel ainsi que le nouveau Code des Investissements. Venez participer à ce rêve congolais qui nous passionne nous de la RDC, mais qui devra aussi vous passionner vous de l'Amérique habitués au rêve américain depuis des siècles.

Tout ceci se déroule dans une économie en pleine croissance depuis 10 ans où la richesse nationale croît en moyenne de 7% au cours des trois dernières années et une projection d'un taux de croissance du PIB à plus de 10% est envisagée dès 2015. Le niveau d'inflation a atteint le record le plus faible de 2,7% en 2012 et se situera vraisemblablement à moins de 1% au 31 décembre 2013. Le taux de change CDF/$ USD est actuellement l'un des plus stables du monde, et ce, depuis 3 ans; ce qui est favorable pour l'environnement des affaires.

L'économie de la RDC est aujourd'hui l'une des plus dynamiques. En effet, la R.D. Congo figure dans le Top ten (10) des prévisions de croissance des pays africains pour 2013-2014, avec un taux de croissance prévisionnel de 8,7%, devant le Ghana (8,4%), l'Angola (8,0%) et le Rwanda (7,2%). Le Gouvernement projette une croissance de 10,5% en 2015 tirée essentiellement par les secteurs des mines, de l'agriculture, de télécommunications, des bâtiments et travaux publics ainsi que du commerce de gros et de détails.

Le pays s'est lancé sur la voie des reformes vigoureuses et de la construction urgente d'une classe moyenne émergente avec une hausse des investissements étrangers dans un monde en pleine globalisation. Venez donc investir dans ce pays dont la transition économique, politique et sociale vers l'émergence est palpable et irréversible. C'est maintenant ou jamais qu'il faut venir en RDC, les opportunités sont immenses, et ce, dans tous les domaines de la vie nationale !

Je vous remercie pour votre attention

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