Sidwaya (Ouagadougou)

Burkina Faso: Un cadre de concertation gouvernement-opposition recommandé

En vue de rendre plus efficients les différents cadres de concertation mis en place au Burkina Faso, le Ministère en charge des réformes politiques a commandité une étude dont la restitution a lieu les 16 et 17 octobre 2013, à Kombissiri dans le Bazèga.

« Nous avons créé beaucoup de cadres de concertation, dont certains de manière informelle, et généralement, la plupart ne sont pas suivis », c'est le principal constat d'une étude commanditée par le Ministère chargé des relations avec les institutions et des réformes politiques.

Pour en débattre, une soixantaine de personnes, membres du comité de suivi ayant pris part à la réunion de cadrage, les points focaux des ministères et institutions impliqués, les cadres du Ministère commanditaire se concertent les 16 et 17 octobre 2013 à Kombissiri, province du Bazèga.

A travers un atelier interministériel, ils ont pour objectif principal de valider l'étude d'inventaire et d'évaluation des cadres de concertation au Burkina Faso. La rencontre permettra de formuler des observations et amendements pour l'amélioration du rapport, de faire des suggestions et recommandations en vue de l'exploitation finale des résultats de l'étude.

Selon le coordonnateur de cette étude, menée par une équipe de consultants burkinabè, le juriste Birika Jean Claude Bonzi, la plupart des cadres de concertation n'ont pas de suivi, et aucun point n'est fait sur les activités menées. « Il faut doter les cadres de concertation de budget et faire des audits.

Lorsque des décisions sont prises, il faut déjà songer à les évaluer ultérieurement, et c'est ce qui permet d'évoluer », a conseillé M. Bonzi. Le coordonnateur de l'étude a également noté que dans l'ensemble des cadres de concertation, il subsiste un vide, en l'occurrence un cadre de concertation et de dialogue entre les acteurs politiques et le gouvernement.

L'étude a proposé au gouvernement de créer les conditions de la mise en œuvre d'un tel cadre, a mentionné le coordonnateur de l'étude. Les consultants ont aussi décelé les faiblesses et les forces desdits cadres.

S'ils procèdent à l'animation d'une démocratie participative et contribuent à désamorcer des crises, il n'en demeure pas moins que ces cadres revêtent, entre autres, un contenu qui ne permet qu'« un dialogue souvent encadré et téléguidé », ont dit les consultants. Pour lui, le fonctionnement des cadres de concertation doit se départir des rencontres festives, telles que les « djandjoba » qui ne « nous avancent pas ».

Des cadres de concertation non partisans

Selon le secrétaire permanent des réformes politiques, Adama Coulibaly, l'atelier trouve son sens dans l'extension du dialogue démocratique, ainsi que l'ont recommandé les assises nationales sur les réformes politiques depuis 2011. Il s'agit, entre autres, de la création de cadres périodiques de dialogue direct entre autorités et populations, aux niveaux national, régional, provincial et communal.

« Il fallait faire aussi une étude diagnostique des cadres qui existent déjà, leurs forces et faiblesses et en créer d'autres si nécessaire », a dit M. Coulibaly.

Dans son discours, lu par son directeur de cabinet, Lamoussa Tiaho, le ministre d'Etat, ministre chargé des relations avec les institutions et des réformes politiques, Arsène Bongnessan Yé, a expliqué l'importance de la création de cadres de rencontre entre le pouvoir et les partis politiques d'une part, et entre la majorité politique et l'opposition politique, d'autre part, ainsi que le renforcement des cadres déjà existants.

Toutefois, le département en charge des réformes politiques a estimé qu'il était indispensable de faire l'inventaire et l'évaluation des cadres existants, avant d'en proposer de nouveaux. Les débats des assises nationales sur les réformes politiques avaient abouti à des propositions consensuelles.

Parmi celles-ci, le renforcement de tous les cadres de dialogue existants déjà, avec des objectifs précis, des actions décentralisées, un mode de désignation des représentants non partisan, tout en évitant le folklore qui entoure bien souvent leurs activités.

« Le rapport qui vous est soumis est d'une importance capitale quand on sait que la concertation est primordiale pour la paix sociale indispensable à tout développement dans un pays », a souligné le ministre de tutelle.

Il a alors invité les participants à l'atelier à des « échanges francs et courtois ». L'étude, objet de la restitution, a rencontré, à entendre les consultants, de très grandes difficultés. Le coordonnateur de l'étude, Birika Jean Claude Bonzi, a regretté le manque d'ouverture des administrations dans la collecte des données.

« Il a fallu que le ministre d'Etat lui-même envoie une lettre de recommandation aux différents ministères, afin que les gens aient confiance et nous permettent d'avoir accès aux informations », a-t-il fait savoir.

Cependant, il a expliqué que l'équipe de consultants a eu la faveur des membres du comité de suivi des réformes politiques consensuelles qui l'« ont appuyée dans le recadrage du travail... »

Ads by Google

Copyright © 2013 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.