Camer.be (Bruxelles)

Cameroun: Rachat d'AES par ACTIS - Tous les péchés de Jean David Bile

Aujourd'hui de la voix d'Andres Gluski, le PDG du groupe AES Sirocco basé aux Etats-Unis, la vente a été conclu avec ACTIS. Un holding britannique basé au Royaume Uni. Devant plusieurs erreurs de management de son Directeur General, Jean David Bile, dans cette transaction qui n'a respecté aucune procédure réglementaire, le masque tombe. Sous les éclairages d'experts, voilà comment AES a failli troubler l'opinion publique.

Selon plusieurs experts en droits du travail, la cession des parts de AES Sirocco alias AES Corporation dans le capital de AES Sonel, au profit du holding britannique Actis, un fond d'investissement privé basé au Royaume Uni constitue un autre coup du capitalisme sauvage pour tordre le cou aux droits et intérêts des travailleurs de Aes Sonel. Sans d'abord régler les problèmes en cours tels que l'intégration ou la signature des contrats de travail des 72 jeunes grévistes, la société s'est vite précipité sans l'accord du reste du conseil d'administration dont inclus l'Etat du Cameroun garant de l'aspect souverain de l'électricité ; la société s'est complainte à annoncer la vente de tous ses actions.

Une offre de session passée sous cape qui au regard jusqu'à présent ne figure dans aucune communication officielle ou commerciale au Cameroun. La Douala Stock Exchange, structure ou circuit pourtant officielle pour appel à manifestation n'y a pas été associé ni même sa consœur de Libreville. Ou est la transparence et la bonne gouvernance dans une concession d'une mission publique de gestion de l'offre de l'énergie électrique a des milliers de clients ? La collusion des intérêts capitalistes contre les droits et intérêts des travailleurs semblent avoir pris le pas.

A part ce trouble-fête et devant la visite programmée du Président de la République à Kribi, même ses actions dans la KPDC (Kribi Power Developement Corporation), concessionnaire de la Centrale à gaz de Kribi et la DPDC (Douala Power Development Corporation), concessionnaire de la Centrale thermique de Yassa ; ont été vendues.

Monsieur Jean David Bile, jadis « chassé » et imposé par le groupe AES à la tête de la succursale camerounaise par devant DIEU et les hommes semble s'être substitué à tous les conseils d'administration et à l'Etat du Cameroun pour négocier et même vendre les parts de AES Corporation dans AES Sonel d'abord qui constitue la plus grande part de marché à un montant de 108,11 Milliards au profit de ACTIS. La première fois devant quelques soupçons dévoilés par des tiers, un démenti avait d'abord été donné mais désormais le manteau tombe et les joueurs de scènes sont connus. En grande page du Cameroon Tribune du 8 Novembre 2013, le General Manager Jean David Bile donne un coup de gong en expliquant qu'il n'y a jusqu'à présent aucun plan social prévu et que la protection des intérêts du personnel a été le premier point d'accord. De quoi parle-t-il ?

Certes l'article 42 du Code du travail camerounais stipule ceci : « S'il survient une modification dans la situation juridique de l'employeur, notamment par succession, vente, fusion, transformation, etc. les contrats n'encourent aucune modification entre les employeurs et le personnel hérité. » ; mais dans us et usages au Cameroun, la modification dans la situation juridique de l'employeur doit appeler obligatoirement à un dialogue social avec les travailleurs par devant l'inspection du travail du ressort. Les contrats en cours d'exécution peuvent faire l'objet d'une modification à l'initiative de l'une ou l'autre des parties. Cette attitude omnisciente et paternaliste mais suicidaire de Jean David Bile est en contradiction avec les normes internationales du travail et la législation nationale en matière de vente, fusion, transformation de fond et mise en société des accords et contrats de travail en cours entre un employeur et ses travailleurs car dans le cas d'espèce AES Corporation envisage céder l'ensemble de ses actions à ACTIS.

Erreur de Management

Désormais buté à un quitus du gouvernement représenté par Basile Atangana Kouna qui affirme que la transaction n'a pas encore abouti car le gouvernement doit donner son accord de non objection, AES s'est jeté à l'eau comme un naufragé. Cette session ou vente conglomérer qui intéresse trois unités de production ne saurait s'effectuer sans le respect de la procédure notamment la publicité et le droit de préemption des acteurs.

Ce droit de préemption des sociétaires et différents acteurs nationaux qui n'est pas à absoudre dans un retrait à huis-clos n'a pas encore pris en compte un certain nombre d'éléments connus et engagés depuis lors. Jusqu'à ce jour, le volet des 5% d'actions du personnel de AES Sonel par exemple ; éléments constitutif et fédérateur au programme de privatisation semble être botter en touche par les gestionnaires et l'Etat.

Quelles formes criardes de forçats des temps modernes où le propriétaire de départ devient le mendiant et le pauvre du fait de la modernité et du libéralisme permettant toutes les libéralités au détenteur majoritaire des actions financières, technologiques et institutionnelles. Le projet de cession de AES à un holding financier en dit long sur la volonté de brouiller les responsabilités et les délégations.

Réactions de la société civile

A part le, la CSTC, tronc commun de toutes les centrales syndicales n'est pas resté passive et a également saisi les parties prenantes pour dénoncer ce délit d'initier en bonne collusion d'intérêt des parties. Les travailleurs doivent avoir leur part sur ça. Eux qui ont contribué par leur capital humain et social aux réalisations des entreprises AES Sonel, KPDC et DPDC ; Pour l'offre accrue en énergie électrique en bon portage des charges.

La décision gouvernementale est attendue mais qu'elle est l'opportunité d'une telle cession dans l'amélioration des conditions de vie et de travail ? Son excellence Basile Atangana Kouna, ministre de l'eau et de l'énergie, n'a pas encore obtenu le visa du Chef de l'Etat Paul Biya pour cette opération. Comment peut-on négocier une vente en dehors du concédant institutionnelle?

La sous location ne saurait produire les mêmes droits. Aes Corporation aurait dû requérir au préalable l'avis voire obtenir l'accord de l'Etat propriétaire de tout le patrimoine hydroélectrique pour entamer toute négociation de cession de ses parts.

Parallèlement, le ministère des travaux publics s'est vu rétrocéder les pouvoirs d'ingénieur et de maitre d'œuvre pour le compte du gouvernement en ce qui concerne les ouvrages et infrastructures d'énergie de l'eau, du chemin de fer, des ports et des aéroports ; son approbation est à obtenir pour les ouvrages quand on sait les conséquences de cessions dans l'exploitation des infrastructures d'énergie électrique. On devrait secouer les uns et les autres pour faire le tour de la question.

12 longues années d'exploitation et de bénéfice dans la tolérance administrative s'en est trop. Arrêtons l'incurie.

Ads by Google

Copyright © 2013 Camer.be. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.