Sud Quotidien (Dakar)

20 Novembre 2013

Sénégal: Kolda - Mise en place du nouveau curriculum de l'éducation de base

Des représentants de vingt deux radios communautaires des régions du sud et de l'est du Sénégal (Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Tambacounda et Kédougou) ont part, durant le week-end dernier, à un atelier de partage sur la mise en place du nouveau curriculum de l'éducation de base.

L'objectif est de les capaciter sur les principales orientations de cette réforme en cours dans ce secteur afin d'en élargir la compréhension à toutes communautés à la base sur les innovations du système éducatif.

Mamadou Makhtar Samb du Secrétariat Technique Permanent (STP) du curriculum de l'éducation de base, dans sa présentation, a expliqué les objectifs du nouveau curriculum qui reflète une conception systémique et englobante de l'éducation.

Selon lui, « Elle décline les fins, les buts et les approches de l'enseignement conformément à un environnement qui implique la formation des enseignants, le dispositif de gestion et de pilotage et le dispositif de sensibilisation et la mobilisation. Ces exigences s'appuient sur les programmes, les guides méthodologiques, le matériel, les supports didactiques et le dispositif d'évaluation. »

M. Samb a aussi fait observer que cette réforme fait suite à un constat de faible rendement scolaire en Afrique subsaharienne « 40% des enfants n'atteignent pas les niveaux supérieurs.

Le seuil minimal en français est de 38,8 au Cours préparatoire et 47% au Cours élémentaire. Ce qui entraine des taux de redoublement et d'abandon en hausse ». Il en déduit donc une école inadaptée nécessitant une refondation.

De là est né, dit-il, l'option d'une réforme curriculaire pour davantage de pertinence et d'efficacité, la promotion d'une école qui prépare les jeunes à comprendre et à transformer le monde (apprendre à devenir).

Des difficultés dans la mise en œuvre

Au travers des micros trottoirs réalisés au préalable par les participants et écoutés collectivement en salle, il ressort que la plupart des sénégalais ignorent les implications réelles du curriculum dont l'expérimentation date pourtant de six ans.

Et l'évaluation certificative faite cette année à l'occasion de la dernière session du certificat de fin d'études élémentaire (CFEE) révèle des résultats des plus que catastrophiques sur l'ensemble du territoire national à l'exception de la région de Sédhiou, arrivée en tête avec tout de même des disparités matérialisées par des écoles capotées.

Aussi, les méthodes diffèrent-elles, selon qu'on est à l'élémentaire ou au moyen. Des imprécisions, des errements et l'appropriation par les différents acteurs du système installent une sorte de cacophonie dans la mise en œuvre. Ibrahima Diallo, le représentant de la radio communautaire de Sédhiou Gabou FM et non moins professeur de Lettres, partage son expérience de pratique de classe : « A mon humble avis, je pense que le curriculum a été parachuté. C'est ce qui fait que de l'élémentaire au moyen, les démarches ne sont pas comprises.

Pour le CFEE de cette année, des écarts de plus de vingt points ont été relevés sur des copies d'élèves du fait de la non maitrise de la grille d'évaluation du curriculum »

Cette absence d'harmonisation est perceptible jusqu'au niveau universitaire. « Alors que le curriculum est dans sa phase de généralisation, des enseignants du moyen se sont vus refuser le droit de prestation sur la base de la fiche curriculaire par des professeurs de la Faculté des sciences techniques et de la formation (FASTEF) ex- école Normale », a-t-il renseigné.

Pour sa part, Bassirou Tine, l'inspecteur de l'éducation et, de la formation de Gossas et membre du comité de pilotage de la réforme relève que « certes des efforts sont consentis par l'Etat pour la mise en œuvre de ce curriculum mais des difficultés sont toujours notées dans l'exécution. Certaines procèdent de la paresse et de l'incompétence des enseignants qui n'encadrent pas leurs adjoints », soutient-il.

Mise en onde du curriculum

A l'ouverture des travaux samedi, l'adjoint au gouverneur chargé du développement, Ousseynou M'baye, a indiqué qu'« il est attendu des radios communautaires un plaidoyer auprès de l'ensemble des acteurs de l'éducation et de la formation pour une bonne compréhension de la réforme ».

Et de poursuivre « parmi vous, membres des radios communautaires, il y a beaucoup d'enseignants et cela est une chance pour le succès de l'atteinte des objectifs recherchés ».

Talla Dieng directeur de la radio Fissel M'badane et président de l'Union des Radios Associatives et Communautaires (URAC) est d'avis que « la réforme curriculaire constitue une étape importante pour l'avenir de notre système éducatif. C'est pourquoi l'Urac compte accompagner cette réforme pour mobiliser les communautés autour de la question de l'école. »

M. Dieng d'ajouter « L'Urac reste très ouverte à toutes les questions de développement et fera tout ce qui est possible pour réussir cet accompagnement pour l'avoir réussi avec d'autres. Cette position est en droite ligne avec son engagement à accompagner le gouvernement dans sa politique de communication sociale ».

Œuvrant dans ce même environnement en sa qualité de directeur de publication de la revue Le Monde de l'Education, Mamadou Mika LOM, spécialiste en communication pour les questions d'éducation, déclare que la synergie attendue à l'issue de cette rencontre c'est l'engagement de tous dont sera d'un impact considérable pour la réforme.

A sa très grande satisfaction, l'inspecteur d'académie de Kolda Mamadou M'baré Hanne présent à l'atelier a invité l'ensemble des acteurs de la communication et ceux des radios communautaires en particulier, à accompagner cette réforme de l'Education dont les objectifs à atteindre sont l'amélioration de la qualité des enseignements/apprentissages.

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