Sidwaya (Ouagadougou)

21 Novembre 2013

Burkina Faso: Loi de finances, gestion 2014 - Plus de 1664 milliards de FCFA pour booster l'économie

Les députés ont adopté, le jeudi 21 novembre 2013 à Ouagadougou, le projet de la loi de finances, gestion 2014. Le budget qui se chiffre à plus de 1664 milliards de FCFA en recettes et à plus de 1833 milliards de FCFA en dépenses va permettre la mise en œuvre des projets et programmes de l'Etat.

Le budget de l'Etat burkinabè 2014 est désormais arrêté. Les recettes s'élèvent à plus de 1664 milliards FCFA contre plus de 1833 milliards de FCFA en dépenses, soit un gap de 169 milliards de FCFA. En recettes, on relève une hausse de plus de 10% par rapport à 2013 et une hausse de plus de 9 % concernant les dépenses.

Ledit budget a été soumis à la sanction des députés réunis en session, pendant cinq jours et conformément à leurs missions à savoir, voter les lois, consentir l'impôt et contrôler l'action gouvernementale. Aussi, le jeudi 21 novembre 2013, ils se sont prêtés à l'exercice du vote du projet de la loi de finances.

Trois groupes parlementaires, en l'occurrence, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), la Convention des forces républicaines (CFR) et l'Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) sur les cinq ont voté pour. L'Union pour le changement (UPC) s'est abstenu.

Par contre, le groupe Alternance-démocratie-Justice (ADJ) a voté contre. Mais avant d'exprimer leurs voix, chaque groupe parlementaire a livré sa déclaration sur le budget. Le parti majoritaire, par la voix du député Alain Bédouma Yoda, a dit la satisfaction de son parti des prévisions budgétaires de l'année à venir.

Pour cette formation politique, elle tient compte des ambitions de développement du Burkina Faso, du programme de société du chef de l'Etat, Blaise Compaoré et de la mise en œuvre de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD).

Par ailleurs, selon le porte-parole du CDP, un accent est mis sur le renforcement des piliers de la croissance, la consolidation des acquis sociaux, la promotion de la gouvernance à tous les niveaux ainsi que la défense du territoire national et de la sécurité intérieure. Le parti majoritaire a accueilli avec satisfaction les efforts prévus pour lutter contre le chômage et le contrôle des prix des produits de grande consommation.

47% pour les investissements

47% du budget affecté aux investissements publics, le CDP y voit une volonté de booster le développement. Aussi, ses représentants ont tenu à saluer la Commission Finance et Budget (COMFIB) qui a associé les différentes commissions de l'Assemblée à l'examen du budget. De leurs avis, les recommandations vont contribuer à améliorer la loi et à faciliter sa mise en œuvre.

Une lecture différente de celui des 9 membres du groupe ADJ qui ont plutôt affiché un pessimisme quant aux résultats attendus de l'exécution dudit budget. Son porte-parole, le député Ibrahima Koné, a rappelé entre autres, les prévisions de croissance, de lutte contre la pauvreté, et de bonne gouvernance de l'exercice budgétaire 2011. Deux ans après, son groupe soutient que rien à changer. Il a soulevé, en sus, le problème de l'incivisme et de l'impunité.

Toutefois, l'ADJ a reconnu et félicité le gouvernement pour la mobilisation exceptionnelle des ressources propres mais également le patriotisme et le civisme des personnes qui se sont acquittées de leurs impôts et taxes.

En effet, ceux-ci sont passés de plus de 386 milliards de FCFA en 2011 à plus de 464 milliards en 2012, soit un taux de croissance de plus de 50%. La pression fiscale de 17,5%, au dessus du taux communautaire de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) constitue de son avis, une faiblesse.

Le groupe ADJ a attiré l'attention sur la nécessité d'une meilleure gestion des ressources minières et sur le respect de l'orthodoxie budgétaire. Le faible taux d'exécution budgétaire du budget écoulé est aussi une insuffisance à corriger.

Pour les parlementaires de l'alliance, les crédits budgétaires du secteur rural, notamment, l'agriculture, l'élevage et l'environnement respectivement de 4,4%, 1,6% et 0,1% devraient être revus à la hausse pour impacter conséquemment le développement et la croissance. Même son de cloche de l'UPC, qui a cependant apprécié le taux de financement propre et le niveau des investissements publics.

Les budgets des départements des infrastructures de 20% et de la communication sont insuffisants, selon le parti de Zéphirin Diabré. Il a souligné la dégradation du solde budgétaire et émis le souhait de la réduction du train de vie de l'Etat. Au regard des griefs formulés, l'UPC a préféré rester en marge des votes.

A contrario, le CFR a jugé que le budget tient compte de l'intérêt et des aspirations des Burkinabè. Il a néanmoins suggéré une allocation de ressources conséquentes aux communes afin de leur permettre de jouer efficacement leur rôle et la prise en compte des recommandations.

Pour le ministre de l'Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, l'exécution du projet de la loi va permettre de booster le développement économique et politique du pays tout en améliorant les conditions de vie des populations.

Ads by Google

Copyright © 2013 Sidwaya. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.