Libération (Casablanca)

Maroc: La pression fiscale au Maroc est des plus importantes au monde

Le Royaume est l'un des trois pays d'Afrique qui ont mis en place un système de télé-déclaration des impôts

La pression fiscale sur les entreprises au Maroc est l'une des plus importantes, tant à l'échelle continentale que mondiale. C'est ce qui ressort du rapport « Paying Taxes 2014 - The Global Picture », la neuvième édition de l'étude annuelle dans laquelle PwC et la Banque mondiale décortiquent les systèmes fiscaux de 189 pays.

En effet, selon cette étude qui vient de paraître, le Maroc est le 78ème pays à avoir le taux d'imposition total le plus élevé avec 49,6% (constitué principalement par les charges sociales de l'ordre de 22,7%). Au niveau régional, le Royaume est le deuxième pays où la pression fiscale est la plus importante après la Tunisie (60ème), suivi par la Libye (116ème), l'Algérie (174ème) et la Mauritanie (181ème).

Sur le continent africain qui constitue la zone qui a le taux le plus élevé au monde avec un taux d'imposition total moyen de 52,9% le Maroc est le 15ème pays d'Afrique à avoir le taux d'imposition moyen le plus élevé.

Cette étude constate, depuis son lancement il y a neuf ans, qu'au Maroc comme partout dans le monde, les taux d'impôt sur les sociétés ont constamment diminué, alors que les charges sociales se sont stabilisées et représentent désormais la part la plus importante de l'ensemble des obligations fiscales.

Le Maroc est donc appelé à optimiser et moderniser ses systèmes de paiement. «Les tendances de l'environnement fiscal international comme la mondialisation de l'économie, l'intensification de la concurrence entre pays en matière de recettes fiscales et la part accrue des biens sociaux correspondant à des actifs incorporels tels que les marques, les logiciels et le savoir-faire, exigent d'adapter les systèmes fiscaux mondiaux afin de répondre aux besoins de notre époque », a précisé, dans un communiqué dans une copie est parvenue à Libé, Mahat Chraibi, associée responsable du département juridique et fiscal de PwC Maroc.

L'étude en question souligne que la difficulté de paiement des obligations fiscales sur le continent est due principalement au manque de possibilité de payer de façon électronique : seuls trois pays, dont le Maroc, sur 53 ont mis en place un système de paiement électronique. «D'ailleurs, les entreprises marocaines y ont de plus en plus recours, faisant diminuer le nombre de paiements à 6, soit le plus faible de la région», précise-t-elle.

Par ailleurs, «à l'échelle mondiale, l'administration fiscale prend des mesures pour optimiser et moderniser les systèmes de paiement. Les contribuables de 76 économies peuvent à présent télédéclarer leurs impôts de quasiment partout dans le monde. L'utilisation des dernières technologies pour améliorer la qualité des services publics favorise la transparence et pour de nombreuses autorités fiscales, permet également d'élargir la base fiscale, ce qui constitue un développement aux répercussions macroéconomiques bénéfiques », selon Augusto Lopez Claros, directeur du Département indicateurs mondiaux et analyses au sein de la Banque mondiale.

«La réforme du système fiscal est essentielle et cette étude montre qu'il n'y a pas que l'impôt sur les sociétés qui compte. Il s'agit également de décider des modalités d'imposition : qui doit payer des impôts, comment et à quelle hauteur ?», a souligné Dominique Taty, associé responsable du conseil fiscal pour PwC en Afrique francophone subsaharienne, selon un communiqué de PwC.

Seul bémol, le rapport «Paying taxes 2014» met en évidence que le Maroc fait partie des 32 économies qui ont continué à prendre des mesures entre juin 2012 et juin 2013 pour faciliter le paiement d'impôts. Pour la troisième année consécutive, la réforme fiscale la plus fréquente est la mise en place ou l'amélioration des systèmes de déclaration et de paiement des impôts en ligne. L'allègement de la charge que représente le respect des contraintes réglementaires (le temps consacré aux obligations déclaratives et le nombre de paiements) a continué en 2012, mais à un rythme moindre.

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