Le Soleil (Dakar)

17 Décembre 2013

Sénégal: Stratégie de la croissance accélérée - Les professionnels du manioc s'organisent en fédération

Tivaouane a abrité, samedi dernier, l'assemblée générale constitutive du cadre fédérateur des acteurs de l'Interprofession de ce tubercule. A l'occasion, l'ensemble des acteurs de la filière manioc venus du Saloum, du Baol, du Sine et du Cayor ont porté leur choix sur Assane Ndiaye, un grand producteur de manioc du département de Tivaouane.

Face aux acteurs et en présence de Serigne Moustapha Sy Ibn Serigne Abdou Aziz Sy Al amine, des autorités administratives et locales, Ibrahima Wade, secrétaire permanent de la Stratégie de croissance accélérée (Sca) est revenu sur l'option du gouvernement du Sénégal d'avoir des territoires compétitifs, adossés aux potentialités locales.

D'où le choix de Tivaouane, grenier du manioc, pour tenter de mettre en place un cluster manioc dans une phase expérimentale avant de le vulgariser à l'échelle nationale. Par cette approche, les producteurs, les transformateurs, les industriels de la boulangerie, les distributeurs ;

bref tous les acteurs qui doivent intervenir de près ou de loin dans la chaîne de valeur du manioc, sont ciblés. « D'ailleurs, tout le travail nécessaire pour huiler les relations afin d'avoir un cluster opérationnel est en train d'être effectué par nos techniciens en relation avec tous les acteurs et cela va se poursuivre », assure Ibrahima Wade.

L'introduction du manioc dans la fabrication du pain, une opportunité économique

Le manioc peut être consommé comme légume mais aussi comme céréale, rappelle le secrétaire permanent de la Stratégie de croissance accélérée (Sca), Ibrahima Wade. Ce tubercule peut ouvrir beaucoup d'opportunités à l'économie du Sénégal si elle est utilisée à bon escient. En guise d'exemple, Ibrahima Wade indique que le Sénégal consomme, au quotidien, pour la production de pain, au moins 2000 tonnes de farine de blé, une céréale importée.

Or, en introduisant dans la fabrication du pain 10 % de farine de manioc, soit 200 tonnes par jour, au bout d'une année, nul doute que cela va influer positivement sur la balance commerciale du pays. « Le Brésil a réussi à mettre 40 % de farine de manioc dans la panification », note-t-il.

Alors, pour relever ce défi économique, il est important que l'ensemble des acteurs, dans le cadre fédérateur de l'interprofession manioc au Sénégal, puisse travailler en synergie dans toute la chaîne de production, de l'approvisionnement de la matière première, de la transformation jusqu'à la commercialisation de tous les produits dérivés du manioc.

Avec autant d'opportunités ouvertes à la production du manioc, Assane Ndiaye, le tout nouveau président de l'Interprofession, indique qu'en 2008, la production du manioc a atteint 920.000 tonnes et deux années après, elle a chuté aux environs de 200 tonnes.

« Aujourd'hui, la production augmente petit à petit mais, au sortir de la mise en place de ce cadre des professionnels, nul doute qu'une relance de la production est attendue entre autres défis de la filière, d'où toute l'importance de la mise en place du cluster », soutient-il. Avec la valorisation du manioc, des opportunités d'emplois, économiques et un gage de sécurité alimentaire, s'offrent au Sénégal.

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