La Presse (Tunis)

19 Décembre 2013

Tunisie: Formation du gouvernement Jomâa - La course aux noms est ouverte

Mehdi Jomâa, chef du gouvernement désigné, a commencé ses consultations. Abdessalem M'seddi, Chokri Mabkhout et Habib Essid ainsi que Chaouki Tabib seraient déjà dans son objectif

Maintenant que les mécontents de la désignation de Mehdi Jomâa, en tant que chef de gouvernement, commencent à se calmer et que Nida Tounès revient à de meilleurs sentiments, l'on se demande si le nouveau locataire du palais de La Kasbah aura les coudées franches pour former son équipe ministérielle.

Le fait qu'il n'appartienne à aucun parti politique constitue-t-il un handicap que Mehdi Jomâa ne sera pas en mesure de surmonter facilement ou plutôt un facteur de réussite dans la mesure où il ne se sentira sous la coupe de personne en prenant les mesures que tout le monde attend ?

La lune de miel entre Jomâa, l'Ugtt et l'Utica, considérées comme ses principaux soutiens, va-t-elle durer indéfiniment ?

Ce sont les grandes questions que l'ensemble des protagonistes sur la scène politique et civile n'ont pas manqué de se poser en s'informant des premières consultations que le futur chef du gouvernement a déjà entamées ainsi que des premiers noms qu'on commence à révéler et qui pourraient faire partie de l'équipe ministérielle tant attendue.

Nida Tounès choisit la réconciliation

Du côté de Nida Tounès, il semble que l'heure est à la réconciliation dans la mesure où Mehdi Jomâa a déjà rencontré, lundi dernier, Béji Caïd Essebsi. «L'entretien a été constructif et s'est déroulé dans une ambiance détendue», confie à La Presse une source informée auprès de Nida Tounès.

La même source s'empresse d'ajouter : «Nida Tounès maintient, toutefois, la réunion de son bureau exécutif programmée pour aujourd'hui en vue de déterminer notre position officielle quant au choix de Mehdi Jomâa».

A la question de La Presse de savoir si Nida Tounès a proposé quelques noms lors de la rencontre Jomâa-Essebsi, notre source précise : «Nous n'avons soufflé aucun nom au nouveau chef du gouvernement qui est censé former son équipe sans aucune interférence partisane».

Quant au Front populaire, il a pris, apprend-on, la décision de geler sa participation au processus gouvernemental relevant du Dialogue national».

Riadh Ben Fadhel, secrétaire général d'Al Qotb, révèle à La Presse: «Le conseil des secrétaires généraux du Front populaire s'est réuni aujourd'hui (hier) et nous avons demandé à être reçus par le Quartet et principalement l'Ugtt pour lui demander des explications franches et directes sur le passage en force, samedi 14 décembre, d'un candidat non consensuel. Pour nous, ce qui s'est passé en ce jour a valeur d'un quasi-putsch imposé contre le consensus».

Le Front populaire prendra-t-il part à la réunion que le Quartet tiendra demain avec les parties participantes au dialogue ?

«Les chances de notre participation à cette réunion sont extrêment faibles. D'autre part, le Front populaire demande à ce que Mehdi Jomaâ s'engage par écrit à appliquer la feuille de route et l'initiative du Quartet dans toutes leurs composantes. Et c'est bien en fonction des entretiens que nous aurons avec le Quartet que nous déciderons du retour au Dialogue national ou de la poursuite du gel de notre participation», confie Riadh Ben Fadhl.

Entre 13 et 15 ministères

Reste maintenant à décortiquer les chances de Mehdi Jomâa de réussir la mission qui lui a été confiée.

«Bien qu'ils le nient en bloc, révèle Néji Jalloul, universitairei et membre de la société civile, les partis que Jomâa a déjà rencontrés sont en train de lui souffler les noms qui bénéficient de leur aval».

Il y a des noms qui circulent déjà. «Il s'agit, à titre d'exemple, de Abdessalem M'seddi, ancien ministre de l'Enseignement supérieur au début des années 90, Chokri Mabkhout, recteur de l'université de La Manouba, Habib Essid, ancien ministre de l'Intérieur au gouvernement Essebsi, Chaouki Tabib, et bien d'autres comme Lotfi Ben Jeddou, actuel ministre de l'Intérieur, qui a beaucoup de chances d'être maintenu dans l'objectif de satisfaire Ennahdha», ajoute-t-il.

Sur un autre plan, l'on apprend que «Mehdi Jomâa pencherait pour un cabinet ministériel restreint qui sera composé de 13 à 15 ministères où l'on trouvera plusieurs pôles ministériels qui comprendraient des ministères jumelés».

Et les pronostics sur les chances de Jomâa de réussir son aventure à la tête du prochain gouvernement de se multiplier.

Néji Jalloul considère que le nouveau locataire du palais de La Kasbah «n'a pour le moment le soutien d'aucun parti politique. Seules l'Ugtt et l'Utica donnent l'impression de se ranger à ses côtés. Mais nous pouvons nous douter de la poursuite de cet appui le jour où il va ouvrir les dossiers économiques brûlants et annoncer des mesures économiques d'austérité. Sera-t-il également capable de réviser les nominations et comment réagira à ce moment l'aile dure d'Ennahdha ?».

Il est à préciser que Mehdi Jomâa a rencontré, hier, le Dr Mustapha Ben Jaâfar, président de l'ANC.

Selon certaines indiscrétions, il s'apprête à s'entretenir, aujourd'hui, avec Me Chaouki Tabib, ancien bâtonnier des avocats et ancien candidat à la primature.

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