5 Novembre 2015

Congo-Kinshasa: Goût aigre !

Photo: John Bompengo
Siège de la Ceni à Kinshasa

C'est à couteaux tirés qu'ils ont de la peine à se mettre dans les rangs. Majorité -Opposition et société civile se regardent en chiens de faïence et demeurent, par conséquent, dans une posture, curieusement, aux antipodes.

Alors qu'actuellement, le dialogue proposé, depuis plus de six mois par le Chef de l'Etat, Joseph Kabila, négocie son dernier virage pour sa matérialisation, les positions des uns et des autres, au sein de la classe politique, restent figées. A la Majorité, le dialogue constitue la clé de voûte et est, même, la voie de la sagesse, s'il faut paraphraser le Président Kabila qui s'exprimait ainsi devant une brochette de responsables des médias, à Kinshasa, en juin 2015 ; à l'Opposition, les choses sont, par contre, perçues autrement. Le dialogue est, pour la plupart des dirigeants de l'Opposition, quelles que soient leurs tendances et sensibilités, ni plus, ni moins qu'une manœuvre de diversion, juste un bon cadre pour légitimer le "glissement". Entre les deux, la Société civile tangue. Dans ses diverses morphologies, elle végète et perd un minimum de vitesse jusqu'au point de manquer à parler d'un même langage.

Si bien qu'elle n'est pas, elle aussi, autonome face à la perspective de ce dialogue qui, du reste, a été confirmé ce lundi 2 novembre par le gouvernement, à l'issue d'une réunion interinstitutionnelle autour du Chef de l'Etat, au Palais de la nation. Dans ce tableau mi-figue, mi raisin, qui associer au dialogue ? Qui faudra-t-il laisser ? Pour quelle finalité ? Dans combien de temps ? Quelles en seront les principales thématiques ? Telle est, décidément, l'équation. Mais déjà, peu importe le côté où l'on se trouve, il y a lieu de noter que l'impasse est totale, quant au respect du chronogramme arrêté dans le calendrier global publié, le 12 février 2015. Car, aux impératifs résiduels qui, normalement, auraient dû être conjurés, il y a longtemps, il faudra, désormais, ajouter la décapitation de la centrale électorale. Y a-t-il trente-six façons d'illustrer un blocage que de constater qu'aujourd'hui, au lieu de parler du calendrier électoral réaménagé, de l'enrôlement des jeunes devenus majeurs, de l'audit du fichier électoral ou encore, moins, de la révision ou de la dépollution du fichier électoral, la classe politique est emportée ailleurs.

Faisant une sorte de marche à reculons sous forme de volte-face, elle se met, évidemment, en branle, pour discuter, une fois de plus, de la reconfiguration de la CENI et du choix de ses animateurs. Et, pendant ce temps, les questions de financement ne sont pas réglées. Pas plus que ne les sont, celles de la commande des kits, du recrutement des agents électoraux par le CADICEC, de la publication des listes définitives pour les provinciales, de l'installation des tribunaux de paix et des Cours d'Appel dans les provinces nées du démembrement, sans compter l'élection avortée des Gouverneurs intérimaires. L'échelle de préférence recommandait, pourtant, qu'on s'accorda sur l'essentiel autour d'une table, pour sauver ce qui peut l'être, avant 2016. L'histoire d'agendas cachés entre pro et anti-dialogue relève, dans ce cas, d'une stratégie au goût aigre. Au diable !!! Sortez-en !!! Et, privilégiez l'intérêt du pays !

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