5 Novembre 2015

Libye: L'envoyé de l'ONU appelle les parties à soutenir la formation du gouvernement d'entente nationale

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la Libye, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Bernardino Leon, a appelé jeudi les leaders respectifs de la Chambre des représentants et du Congrès national général à mener à son terme le processus de dialogue politique entamé en janvier 2015 sous l'égide de des Nations Unies.

M. Leon a rappelé que, à l'issue du dernier cycle de dialogue inter-libyen à Skhirat, au Maroc, les participants sont parvenus à un consensus, le 8 octobre, concernant une liste de six personnes amenées à former un gouvernement d'entente nationale : le Conseil présidentiel.

« Bien que cette proposition ait été saluée comme une avancée majeure dans le processus de dialogue, elle a ensuite suscité une forte opposition dans certains milieux, notamment au sein de la Chambre des représentants, en raison de ce que cette dernière a perçu comme une représentation inadéquate de l'Est du pays, en particulier de Benghazi », a expliqué le Représentant spécial, ajoutant qu'au cours des trois semaines qui ont suivi l'annonce du consensus, l'ONU a travaillé intensément avec les parties afin de résoudre ces questions liées à la représentation.

M. Leon a en outre rappelé que, malgré le dépassement de la date limite du 21 octobre, les principales parties prenantes n'ont toujours pas signé d'accord politique ou manifesté formellement leur approbation quant à la composition du Conseil présidentiel.

« Je l'ai répété à plusieurs reprises devant ce Conseil : il ne peut y avoir de paix viable en Libye sans l'engagement constructif de toutes les parties », a insisté le chef de la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL), soulignant notamment l'importance de la participation aussi bien de la Chambre des représentants que du Congrès national général.

M. Leon a affirmé que la majorité des membres de ces deux institutions ont exprimé dans des lettres leur détermination à soutenir le résultat du dialogue inter-libyen.

« Dans l'intérêt de la défense du processus démocratique et afin de garantir l'unité institutionnelle du pays, je demande instamment aux leaders de la Chambre des représentants et du Congrès national général d'écouter les appels au sein de leurs chambres respectives, ainsi que ceux du peuple libyen, et de renoncer à toute autre tentative et manœuvre visant à entraver le processus démocratique ou à saper les acquis du processus de dialogue », a appelé le Représentant spécial.

M. Leon a rappelé que l'accord proposé n'a jamais eu vocation à résoudre tous les problèmes de la Libye, mais a pour but de poser les bases d'une transition politique dans le pays.

Il a en outre rappelé aux membres du Conseil à quel point un accord de paix est nécessaire de toute urgence, non seulement pour mettre fin à la souffrance de la population civile, mais aussi pour enrayer la montée du terrorisme et de l'extrémisme dans le pays, à laquelle contribue conflit actuel.

S'exprimant également dans la matinée devant le Conseil des 15 membres, la Procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, s'est également inquiétée des attaques commises par les parties en Libye, notamment l'armée nationale libyenne et Daech.

Mme Bensouda, qui présentait au Conseil le dernier rapport de la CPI concernant la Libye, a rappelé que ces crimes sont susceptibles d'être poursuivis au niveau national ou devant la Cour.

Sur la période considérée par le rapport, la Procureure de la CPI a déclaré qu'au moins 1.539 civils ont été tués en raison des combats.

Mme Bensouda a indiqué que Daech est responsable du plus grand nombre de ces victimes civiles et que le groupe terroriste est en outre l'auteur de 26 des 37 attaques suicide rapportée.

La Procureur de la CPI a par ailleurs demandé à la Libye de remettre dans les plus brefs délais à la Cour Saïf Al-Islam Qadhafi, le fils du dirigeant libyens tué en 2011Mouammar Kadhafi, qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt depuis le 27 juin 2011.

Sur ce point, Mme Bensouda a déploré que les autorités libyennes n'aient pas respecté leur obligation de remettre M. Qadhafi à la Cour.

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