13 Novembre 2015

Djibouti: Vagues d'arrestations de jeunes lycéens et de membres de l'opposition

communiqué de presse

Le 12 novembre 2015, Alkarama et la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) ont saisi le Rapporteur Spécial sur le droit de réunion pacifique et d'association (RS RPA) d'un appel urgent à la suite des récentes vagues d'arrestations à Djibouti qui ont touché de nombreux jeunes parmi lesquels des mineurs, 13 d'entre eux restant détenus à ce jour dans des conditions particulièrement difficiles dans les locaux de la gendarmerie ou à la prison de Gabode. En dépit des démarches de leur avocat, ces derniers n'ont pas pu bénéficier d'un droit de visite ou d'un examen médical.

Les arrestations du 1er et 2 Novembre 2015

Le 1er novembre 2015, six mineurs âgés entre 13 et 15 ans, Mohamed Guireh Guelleh, Hamze Mohamed Fod, Aptidon Ayanleh Osman, Abdourachid Houssein Farah et Mohamed Aden Ahmed se sont réunis au sein du siège du Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD) - un parti de la coalition d'opposition Union pour le salut national (USN) - dans le quartier Balbala Cheikh Moussa de Djibouti-ville afin de célébrer pacifiquement la Journée de la jeunesse africaine. D'après les témoins présents, la police s'est alors présentée sur les lieux et a procédé à leur arrestation d'une manière violente avant de saccager les locaux du parti.

Le lendemain, alors que ceux-ci étaient détenus dans les locaux du commissariat du quartier, la police s'est rendue au domicile de Mahamoud Guedi Moussa au quartier T2 de Balbala. Au cours de son arrestation, ce jeune membre du Mouvement des jeunes de l'opposition (MJO) a été violemment battu devant sa famille avant d'être emmené au commissariat.

Inculpés de « participation à une manifestation illégale », « dégradation de biens publics » et d' « agression sur policiers », les six mineurs ont été placés sous mandat de dépôt à la prison de Gabode le 4 novembre 2015. Lors de leur audition devant le tribunal le 9 novembre, leur avocat et président de la LDDH, Me Zakaria Abdillahi Ali, a demandé leur libération provisoire, mais le juge a rejeté ses demandes et leur affaire a été mise en délibéré pour le 16 novembre 2015.

Mahamoud Guedi Moussa, poursuivi sous les mêmes accusations, avait lui comparu la veille. Malgré les nullités de la procédure,notamment l'absence d'un avocat lors de sa garde-à-vue soulevées par son avocat lors de sa plaidoirie, son affaire a également été mise en délibéré pour le 16 novembre 2015. Toutes les victimes restent encore détenues à la prison de Gabode dans des conditions difficiles. Alkarama reste préoccupée par le fait que les mineurs ne semblent pas être détenus dans un quartier séparé des adultes.

Arrestations de jeunes lycéens le 8 novembre pour avoir refusé de manifester

Dans la continuité des arrestations du début du mois, plusieurs jeunes lycéens de la ville d'Ali Sabieh ont fait l'objet d'arrestations le 8 novembre alors qu'ils se trouvaient dans l'enceinte du lycée Arrey. Ainsi, Hamza Mahamed Robleh, Ainan Absieh Omar, Apditon Omar Aden, Ali Daher Abdillah, Aden Djama Robleh, Abdo Sougueh Kalab et Yacin Mahamoud Omar ont été arrêtés par la gendarmerie qui leur reprochait d'avoir refusé de participer à une manifestation organisée en soutien à un quatrième mandat du président sortant, Ismail Omar Guelleh, le 1er novembre. Emmenés à la gendarmerie, ils n'ont pas pu recevoir à ce jour d'assistance de leur avocat ni la visite de leurs familles.

Violation de la liberté d'expression et de réunion pacifique

Ces vagues d'arrestations interviennent dans un contexte politique difficile à Djibouti alors que le président a annoncé sa volonté de se présenter pour un 4ème mandat consécutif et que l'opposition ainsi que la société civile continue de faire face à des difficultés pour exercer librement ses activités. Ainsi, une cinquantaine de personnes ont été arrêtées en octobre et novembre 2015 pour avoir manifesté leur opposition à un 4ème mandat du président et dont plusieurs cas avaient été documentés par Alkarama.

« Depuis septembre 2015, les arrestations et les intimidations à l'encontre de la société civile et de l'opposition se sont accentuées et témoignent de la volonté du pouvoir à refuser l'ouverture du champ politique et de permettre à la population d'exercer librement ses droits fondamentaux », a déclaré Rachid Mesli, directeur juridique d'Alkarama. « Il est fondamental que les autorités djiboutiennes mettent un terme à ces persécutions judiciaires et qu'elles ouvrent la possibilité d'un véritable dialogue démocratique dans le pays ».

Afin de mettre un terme à ces arrestations arbitraires, Alkarama et la LDDH ont saisi le Rapporteur spécial sur le droit de réunion pacifique et d'association (RS RPA) pour appeler les autorités djiboutiennes à libérer immédiatement les 13 jeunes détenus et à garantir que tout citoyen puisse librement manifester et exprimer pacifiquement ses opinions sans avoir à craindre de faire l'objet de mesures de représailles.

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