13 Novembre 2015

Maroc: Abderrahim Abourkha torturé en détention

communiqué de presse

Le 10 novembre 2015, Alkarama a envoyé un appel urgent au Rapporteur spécial sur la torture (SRT) pour l'informer de la récente dégradation de l'état de santé d'Abderrahim Abourkha suite aux actes de torture et de mauvais traitements subis durant sa détention. Ce dernier est actuellement incarcéré en isolement à la prison de Salé, dans la banlieue de Rabat, où de nombreux détenus allèguent avoir été torturés ou soumis à de mauvais traitement par les gardiens de la prison en toute impunité.

Arrêté en février 2008 sans mandat de justice, M. Abourkha a d'abord été détenu au secret au sein du centre de détention secret de Témara, au sud de Rabat, connu comme le « centre de torture au Maroc », où il avait alors été torturé et contraint à signer des aveux. Accusé notamment de « constitution d'une bande en vue de préparer et de commettre des actes de terrorisme » dans le cadre de l'affaire Belliraj, ce père de deux enfants a été condamné par le tribunal de Rabat à 10 années de prison ferme sur la base d'aveux arrachés sous la torture, à la suite d'un procès collectif manifestement inéquitable. Le procès Belliraj du nom du principal accusé, s'est tenu de 2008 à 2010, et s'est caractérisé par la grande diversité des 35 prévenus. Les autorités marocaines leur reprochaient leur implication dans des assassinats survenus en Belgique dans la années 1980. 34 des 35 accusés ont été condamnés en appel pour « terrorisme » sans que la Cour ne se penche sur les irrégularités procédurales dont ces derniers ont été victimes durant leur garde à vue.

À la suite de sa condamnation en appel en juillet 2010, Abderrahim a d'abord été incarcéré en isolement à la prison de Salé avant son transfert en 2012 vers la prison de Toulal (Meknès) où il a également été victime de traitements cruels inhumains et dégradants de la part des gardiens, à la suite desquels il souffre aujourd'hui de graves troubles auditifs.

Transféré vers la prison de Salé en 2013, M. Abourkha continue à subir les mêmes traitements et reste à ce jour détenu en isolement. Lorsque son épouse, lui a dernièrement rendu visite, elle a constaté que son corps était couvert d'ecchymoses et que ses yeux étaient anormalement tuméfiés, preuve qu'il avait récemment été encore battu. Il souffre aujourd'hui d'hallucinations répétées et de graves séquelles psychologiques probablement consécutives aux séances de torture répétées et aux conditions de détention particulièrement inhumaines depuis tant d'années. Son état de santé physique et psychique, s'étant dégradé de manière préoccupante, son épouse exprime aujourd'hui des doutes fondés sur la prise en charge médicale de son mari en prison : « Mon mari est en train de perdre la raison et doit immédiatement être pris en charge ou au moins détenu dans des conditions plus appropriées », a-t-elle déclaré à Alkarama avant d'ajouter : « Je veux simplement que justice soit faite et que les responsables de ces actes soient sanctionnés ».

Alkarama appelle les autorités marocaines à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la conformité des conditions de détention aux standards du droit international, en particulier aux Règles minima pour le traitement des détenus afin que son intégrité physique et morale soit préservée. En tant qu'État partie à la Convention des Nations Unies contre la Torture (UNCAT) depuis juin 1993, les autorités pénitentiaires marocaines doivent immédiatement mettre un terme à tout acte de torture et de mauvais traitements à l'encontre d'Abderrahim Abourkha et de toutes les personnes détenues dans les prisons du pays quelque soient les motifs de leur détention et s'assurer que de telles violations ne se reproduisent plus.

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