10 Novembre 2015

Afrique: Investir dans les minéraux de faible valeur pour catalyser l'emploi en Afrique

Addis Abeba, Éthiopie — La Commission de l'Union Africaine (AUC) et le Centre de Développement Minier Africain ont lancé en Afrique un nouveau programme global qui appuie les petits exploitants miniers, les institutions publiques, et les collectivités opérant dans le secteur des minéraux et matériaux de faible valeur.

Le Programme ACP-UE en faveur des Minéraux de Dévelopment est une initiative du Groupe de l'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), coordonnée par le Secrétariat ACP et financée par l'Union Européenne (UE) ainsi que par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui le met egalement en oeuvre.

La forte croissance économique de l'Afrique, le boom des infrastructures et l'urbanisation rapide sont les vecteurs d'une demande exponentielle de matériaux de construction, de pierres de taille, de minéraux industriels, et de pierres semi-précieuses. Des estimations indiquent que plus de 8 millions d'Africains sont engagés dans le secteur, dont plus de 40 % de femmes.

« La Vision Minière Africaine est la boussole continentale pour la transformation des ressources minières de l'Afrique aussi bien pour la croissance économique que la transformation structurelle des économies minières. Il est notoire que l'Afrique en tant que continent a été marginale dans la contribution des mineraux à la chaine de valeur de la production globale et plus spécifiquement sa part économique dans la valeur ajoutée aux mineraux en aval » a déclaré H. E. Mme. Fatima Haram Acyl, Commissaire du Commerce et l'Industry, s'exprimant au nom de S.E Erastus Mwencha, Vice-Président de la Commission de l'UA (CUA). La Commissaire a souligné que l'Agenda 2063 de l'UA établit une « vision pour l'optimisation de l'utilisation des resources de l'Afrique au bénéfice de tous les Africains. »

La Vision Minière Africaine adoptée par les Chefs d'État de l'UA en 2009, vise aussi à promouvoir le potentiel de l'exploitation minière artisanale et à petite échelle pour favoriser l'entreprenariat local et améliorer le dévelopment socioéconomique.

Pourtant, historiquement, peu d'attention a été accordée aux minéraux de faible valeur, en particulier sur la manière dont ils pourraient constituer une activité durable. Par conséquent, de nombreuses politiques sur le secteur on été mal conçues ou mises en oeuvre, tandis que les mineurs n'ont pas accès aux droits, aux services financiers ou encore aux informations sur les marchés et la technologie dont ils ont besoin. La pollution et la dégradation des sols résultant de l'exploitation minière à petite échelle ne sont pas pris en compte.

En depit de la faible attention qu'ils génèrent comparativement aux métaux précieux ou aux métaux de base, les minéraux dit de faible valeur ont la potentialité d'être des minéraux de développement, renforçant les moyens d'existence de millions de personnes. Avec plus d'égard, le soutien politique et la surveillance réglementaire, ces minéraux pourraient jouer un rôle clé dans la mise en œuvre de l'agenda de croissance inclusive de l'Afrique.

« De nombreux pays ACP ont adopté des politiques, lois et cadres de réglementation qui place le sous-secteur au centre du processus de développement, » dit Patrick I. Gomes, Secrétaire Général du Groupe des États ACP. « Ces ressources naturelles ont le potentiel d'accroître les revenus des populations vulnérables, de créer des emplois pour des millions de personnes à l'échelon local, et de stimuler le commerce intra-africain ."

En Éthiopie, le "projet pavé", visant à promouvoir l'utilisation de matériaux locaux dans la construction des routes et la participation communautaire, a créé 489 000 emplois et plus de 2 202 kilomètres de routes dans 140 localités au cours des cinq dernières années, tandis qu'en Angola, les investissements dans les infrastructures ont réduit le chômage 35% en 2006 à 26 % en 2014.

Dans ce contexte, le Programme ACP-UE en faveur des Minéraux de Développement vise à soutenir le renforcement des capacités des acteurs clés dans le secteur, tels que les organismes de réglementation et les administrations locales; le secteur privé y compris les petites entreprises minières et de construction, les organisations des miniers et des carriers; les Centres de formation, les Universités, les organisations de la société civile et les communautés.

« Le développement des capacités nationales à mieux gérer les ressources minérales ainsi qu'à les transformer localement permettra aux pays africains de canaliser leurs richesses minérales pour la réduction de la pauvreté, en créant des emplois et en augmentant les investissements dans le développement de l'infrastructure pour la prestation améliorée de services », a déclaré Lebogang Motlana, Directeur du Centre de Services Régional du PNUD pour l'Afrique. « Cela permettra en fin de compte de contribuer à maintenir le cap d'un développement soutenu et équitable afin que personne ne soit à la traîne. »

Le nouveau programme mettra l'accent sur la formation et le renforcement des capacités, l'octroi de petites subventions et de développement du partenariat pour la mise à niveau des chaînes de valeur dans le secteur, la facilitation du dialogue public-privé pour renforcer ces chaînes de valeur, la production des cartes et bases de données sur les minéraux de faible valeur, et l'appui au renforcement de la règlementation sur l'environnement, la santé et la sécurité.

« La création du bien-être social partagé au niveau local implique un partenariat plus fort", a souligné l'Ambassadeur Gary Quince, Chef de la Délégation de l'UE à l'UA. À l'UE, nous sommes fiers de faire partie de ce nouveau programme qui peut aider à stimuler le développement durable et inclusif, ainsi que la croissance économique résiliente. »

La nouvelle initiative régionale fait partie d'un programme triennal global d'un montant de 13,1 millions d'euros, qui vise à soutenir le secteur des mineraux à faible valeur dans 40 pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique à travers la promotion des échanges de connaissances pour accroître la productivité du secteur, l'appui à la gestion des opérations minières afin d'adhérer aux normes nationales et internationales en matière d'environnement et de santé, et également prévenir les conflits grâce à travers des relations communautaires efficaces. Le Programme s'intègre dans le vaste chantier du PNUD sur l'industrie extractive et sera lancé dans la région du Pacifique en décembre 2015.

Les pays africains participant au programme sont entre autres : l'Angola, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, l'Éthiopie, la Guinée, le Ghana, le Kenya, le Lesotho, le Madagascar, le Malawi, la Mozambique, le Niger, le Nigéria, le Sénégal, la Sierra Leone, la Tanzanie, le Togo, l'Ouganda, la Zambie et le Zimbabwe.

Contacts

AUC: Patient Atcho, AtchoP@africa-union.org, tel. +251 9 912 610 485

PNUD: Eva Hinds, eva.hinds@undp.org, tel. +251 9 2320 7525

Afrique

Importations alimentaires - L'Afrique atteindra 110 milliards $ d'ici à 2030 sans une alternative crédible

Un cauchemar pour la Banque africaine de développement (BAD) qui ne jure plus que sur la nécessité… Plus »

Copyright © 2015 United Nations Development Programme. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.