19 Novembre 2015

Madagascar: Haingo Nadia Randrianarison Rakotovaoarisoa, quand réussite rime avec persévérance

Dans la vie, réussite rime avec sacrifice, abnégation et surtout persévérance. C'est ce qu'a démontré Haingo Nadia Randrianarison Rakotovaoarisoa qui a remporté le Young Entrepreneurial Spirit Award dans la catégorie business et entreprise lors de la quatrième édition du concours African Women Awards destiné aux jeunes entrepreneurs africains.

Jeune et ambitieuse. Les concours de circonstances dans la vie de cette jeune mère de famille ont forgé son caractère.

D'ailleurs, elle raconte que c'est «la rage de vaincre» qui l'a poussée à donner le meilleur d'elle dans toutes les activités qu'elle a entreprises jusque-là.

Cette trentenaire n'a jamais eu la partie facile, ni durant son enfance, ni durant son adolescence. A peine entrée dans la phase de la puberté, elle a dû affronter la vie aux côtés de ses deux sœurs et de son frère.

«Papa n'avait pas de travail fixe. Nous vivions tant bien que mal. Il courait après plusieurs boulots. Tantôt c'était chauffeur, tantôt éleveur, parfois c'était agriculteur alors que maman était lavandière», raconte-t-elle.

Puis, son père a ouvert un bar et elle s'est occupée des grillades et des beignets. Malgré la précarité, Nadia était persuadée que seule l'éducation lui offrirait des opportunités.

Elle n'a pas ménagé ses efforts pour étudier en parallèle et est sortie première dans toutes ses classes.

Après avoir décroché son baccalauréat, elle a poursuivi d'autres études dans différentes filières obtenant plusieurs diplômes dont celui de technicien supérieur en administration des affaires, en sus d'une licence en communication et marketing. Elle a alors choisi de mettre l'éducation à la portée des jeunes défavorisés.

En 2006, elle a créé l'école Frisquette située à Itaosy dans une commune périphérique du district d'Atsimondrano à dix kilomètres de la capitale Antananarivo.

«Ce n'est pas le fruit du hasard. Nous nous sommes tournés vers l'éducation plutôt que vers d'autres domaines en raison de la discrimination et de l'isolation dont nous étions victimes auparavant.

Nous nous sommes dit que si plus tard, nous devions intervenir dans un secteur, ce serait l'éducation permettant aux plus démunis d'avoir la chance d'aller à l'école.

Nous avons rencontré des difficultés au début car il fallait louer une maison et la transformer en établissement scolaire alors qu'au départ, nous n'avions que soixante élèves.

La deuxième année a été plus facile. Nous pouvions sortir la tête hors de l'eau car le nombre d'admis avait doublé. Nous avons par la suite acheté un terrain et érigé le bâtiment qui est devenu l'école Frisquette II», ajoute-t-elle.

Nadia n'a pas eu peur de cumuler les rôles et les responsabilités occupant les postes de directrice et d'institutrice pour les petites et moyennes sections.

Tous les week-ends, elle organisait des événements et des animations dans le but de collecter des fonds pour pouvoir obtenir le budget de fonctionnement de son école.

«Il fallait tout faire, jusqu'à vendre de la publicité pour les émissions à la télé afin d'obtenir des commissions et ainsi renflouer les caisses de l'école.

Puis, notre père a monté un business de films et de CD. Nous nous sommes serrés les coudes pour la production de films et la vente de CD et tout cela nous a énormément aidées», poursuit-elle.

En 2007, son père a fondé l'Université privée de Madagascar (UPRIM) et elle en est actuellement la secrétaire générale. Cela ne l'empêche pas de penser à l'essor de son groupe.

Elle a pu étendre les branches de son école jusqu'à Antsirabe, ville d'eau sur la route nationale 7 qui mène vers le Sud, Toamasina (ville du Grand Port sur la route nationale 2 dans la région Est, Fianarantsoa, la capitale du vin sur la route nationale 7 et Mahajanga, la cité des Fleurs au bout de la nationale 4 dans la région Ouest de l'île.

Nadia aime l'unité et la cohésion. Elle a ainsi cultivé l'esprit de famille et délègue des fonctions à ses frères et sœurs.

«Avec les lycées et les différentes branches de l'université dans les régions, nous avons désigné des directeurs, des responsables pédagogiques et des surveillants.

Nous procédons à des tournées pour un meilleur contrôle et organisons des rassemblements quatre fois l'an en vue de suivre la vie de chaque établissement et de dresser un plan annuel de travail», confie-t-elle.

Le 7 novembre, Nadia a défendu, à Harare, son honneur, celui de sa famille et de sa patrie pendant le concours des jeunes entrepreneurs africains.

Elle s'est portée candidate en s'inscrivant en tant que secrétaire générale de l'UPRIM, directeur de Top Prime radio à vocation éducative et directrice générale de l'école Frisquette.

«Je devais parler de mon succès dans un premier temps et les membres du jury m'ont posé des questions sur la culture générale, la gestion du personnel, le mode de recrutement, les droits de l'homme, de la femme et des enfants.

C'était comme une sorte de jeu, du genre Questions pour un champion et j'ai fait bonne impression en réussissant à convaincre le jury que je suis une jeune entrepreneure», raconte-t-elle encore.

Un succès qui n'a pas donné la grosse tête à Nadia qui n'a d'autres ambitions que de continuer sur cette voie pour mieux servir son entourage, notamment les enfants qui méritent de recevoir une éducation de qualité.

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