26 Novembre 2015

Seychelles: Les Seychelles se préparent pour la COP 21 à Paris

Victoria, Seychelles — Maintenir les températures mondiales en dessous de - 1,5°.

Paris, la capitale française, se prépare à accueillir près de 200 dirigeants du monde entier du 30 novembre au 11 décembre 2015. L'objectif sera de parvenir à un accord juridiquement contraignant sur le changement climatique.

La réunion s'efforcera d'obtenir l'engagement de chaque pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans le but de maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre de 2 degrés Celsius.

Moins d'une semaine avant le début de cet événement tant attendu, les Seychelles, l'une des plus petites nations insulaires au monde se préparent à porter un message fondamental, qui sera défendu à la 21ème session de la Conférence des Parties (COP 21) qui est également connue sous le nom de la Conférence de Paris 2015 sur les changements climatiques.

Maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5degré Celsius

L'archipel de de 115 îles de l'océan Indien avec une population d'environ 93 000 personnes propose de maintenir la température de la planète en dessous de 1,5 degré.

« Nous proposons en dessous de 1,5 degrés Celsius, car c'est important pour notre survie, c'est pour cette raison que nous avons insisté en ce sens, » a déclaré à la SNA, Wills Agricole, le secrétaire principal des Seychelles pour le changement climatique.

Il convient de noter que les Seychelles avaient déjà souligné leur position de demander à limiter l'augmentation de la température mondiale sous la barre des 1.5 degrés Celsius.Lors de certaines conférences internationales qui ont eu lieu dans la période précédant la prochaine réunion de la COP 21, ellesavaient déjà insisté sur leur position en demandant de limiter la température mondiale en dessous de 1,5 degré Celsius.

La nation insulaire qui fait partie de l'Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) a également rejoint d'autres Etats insulaires afin d'adopter une position commune en prévision de la conférence à Paris.

A l'image d'autres petites nations insulaires, les Seychelles demeurent vulnérables aux effets du changement climatique, qui commencent déjà à se faire sentir aujourd'hui.

Par exemple, dans l'île de l'océan Indien occidental, les pénuries d'eau ne sont pas un phénomène nouveau. Ces dernières sont une préoccupation mondiale en raison de la modification des paramètres pluviométriques. Le blanchissement des coraux, l'érosion côtière et l'élévation du niveau de la mer sont quelques-unes des autres menaces imminentes.

Selon le rapport d'évaluation 2014, réalisé parle Groupe d'experts intergouvernemental des Nations Unies sur l'évolution du climat (GIEC), les niveaux de la mer au niveau mondial devraient augmenter de 30 à 90 centimètres d'ici 2100.

Dans le cas des Seychelles, si le niveau des mers devait monter à ces niveaux, cela pourrait entraîner la perte de jusqu'à 70 pourcent de la masse terrestre, en particulier dans les zones côtières où la plupart des 90.000 personnes résident et sur les îles coralliennes, qui s'élèvent à un mètre ou deux à peine au-dessus du niveau de la mer.

L'accent sur les énergies renouvelables pour réduire les émissions de gaz

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur les changements climatiques a également signalé en 2013 que les températures combinées de la terre et de la mer ont indiqué un réchauffement climatique planétaire de 0.85° entre 1880 and 2012.

Tenant compte de cela, tous les pays travaillent également à pied d'œuvre et s'apprêtent à présenter leurs contributions déterminées au niveau national (INDC), qui est la liste des efforts nationaux consentis dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, une fois que l'accord juridique contraignant sera conclu.

« Chaque partie doit présenter son plan d'action national pour aider à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. L'INDC des Seychelles propose de contribuer à réduire les émissions de gaz à hauteur de 25 pourcent d'ici 2025 et jusqu'à 29 pourcent d'ici 2030, » a déclaré Agricole.

Les Seychelles ont déjà entrepris divers projets orientés vers un avenir à faible émission de carbone et ceux-ci comprennent l'utilisation accrue des énergies renouvelables.

La politique énergétique des Seychelles pour 2010-2030, qui a été élaborée en 2010, vise à guider l'archipel de 115 îles de l'océan Indien à réduire sa consommation de combustibles fossiles de 15 pourcent d'ici 2030.

Le petit État insulaire en développement dont l'économie repose principalement sur le tourisme et la pêche thonière, est fortement tributaire de l'importation de gazole pour alimenter les générateurs qui produisent l'électricité nécessaire pour les 93.000 habitants du pays et les établissements touristiques.

La nation insulaire produit actuellement près de 4,5 pourcent de ses besoins énergétiques à partir de sources d'énergies renouvelables. En raison de plusieurs initiatives, le ministère de l'environnement, de l'énergie et des changements climatiques est confiant dans la capacité du pays à respecter l'objectif de 15 pourcent d'ici 2020.

Une des principales phases du projet pour atteindre cet objectif ambitieux est d'accroitre l'investissement dans la production d'électricité qui utilise l'énergie solaire.

« L'objectif est que d'ici 2030, la plupart des bâtiments résidentiels (aux Seychelles) aient des panneaux solaires sur leurs toits, » a déclaré Agricole à la SNA.

Les programmes ambitieux des PEID pour passer à l'énergie renouvelable présentés lors d'un évènement aux États-Unis

Les efforts des Seychelles pour accroître son utilisation de l'énergie renouvelable ont en effet été mis en valeur lors d'un récent événement qui s'est déroulé dans la capitale américaine de Washington DC.

Ronny Jumeau, l'Ambassadeur du changement climatique de la nation insulaire, était parmi les représentants de plusieurs pays étrangers qui ont participé au Forum « des solutions mondiales face aux changements climatiques », organisé par les membres démocrates de la Chambre des représentants du Comité de l'énergie et du commerce, et la Chambre de la Coalition en faveur de l'environnement et de l'énergie durable (SEEC).

L'objectif était de permettre aux intervenants de mettre en évidence les défis uniques rencontrés par chaque pays respectif, les efforts actuels pour adapter et atténuer les effets du changement climatique aussi bien que leurs attentes à l'issue de la Conférence de Paris.

Selon un communiqué de presse publié par le ministère seychellois des Affaires étrangères et des Transports, Jumeau a souligné que bien que les PIED et notamment les îles des Seychelles, soient moins responsables du changement climatique, ils restent néanmoins les plus vulnérables.

Il a également ajouté que ces îles donnaient aussi l'exemple aux grands émetteurs de gaz à effet des serre à travers leurs différents programmes ambitieux de transition vers les énergies renouvelables et en soumettant leurs propres engagements climatiques, connus sous les contributions déterminées au niveau national (INDC), à la conférence de Paris.

Les négociations pour le financement des projets d'adaptation et d'atténuation prévus pour la COP 21

Face à tous ces efforts, les Seychelles sont également conscientes que les mesures d'atténuation et d'adaptation jouent également un rôle capital dans la lutte contre les effets du changement climatique.

Selon Agricole, les projets déjà prévus comprennent des projets pour ; réhabiliter le littoral, réduire la vulnérabilité des îles face aux inondations, renforcer la résilience des communautés, faire respecter la frontière de l'archipel grâce aux lois relatives à la biodiversité, augmenter la capacité de stockage de l'eau et développer un système d'agriculture durable et moderne.

Cependant, le financement de ces mesures d'atténuation et d'adaptation, est un autre sujet qui reste un des principaux casse-tête des petits pays insulaires et qui devrait être abordé lors de la réunion qui aura lieu en décembre.

Lors de la 16ème session de la Conférence (COP 16) qui a eu lieu à Cancun, au Mexique en 2010, un Fonds vert pour le climat a été mis en place comme mécanisme financier dans le cadre de la CCNUCC pour aider les pays en développement avec leurs projets locaux.

En novembre 2015, le Fonds vert pour le climat a levé 10.2 milliards de $, de promesses de dons de 38 gouvernements d'Etats à utiliser par les pays en développement.

« Lors de la réunion de la COP 21 toutes les parties discuteront de la somme qui peut être mise à disposition des projets d'atténuation et d'adaptation au changement climatique, » dit Agricole. C'est également le point focal pour le Fonds vert pour le climat aux Seychelles, Agricole a ajouté que l'accès au financement est important si les Seychelles atteignent leur objectif de réduction d'émissions de carbone.

Les économies développées ont officiellement accepté de mobiliser conjointement 100 milliards de $ par an, d'ici 2020 pour le Fonds vert pour le climat.

Le modèle seychellois innovant de conversion de dette pour des projets d'adaptation au changement climatique

Parallèlement, les Seychelles ne comptent pas uniquement sur ce qu'elles peuvent obtenir du Fonds vert pour le climat, mais elles ont pris l'initiative de chercher des sources de financement novatrices pour le développement durable et pour la lutte contre le changement climatique.

L'archipel de l'océan Indien a conclu une conversion innovante de la dette dans l'adaptation au changement climatique pour un montant de 30 millions de $ avec le club de Paris, cette année.

Le ministre des finances, du Commerce et de l'économie bleue des Seychelles, Jean Paul Adam a déclaré en mars de cette année que la France, le Royaume-Uni, la Belgique, l'Afrique du Sud et l'Italie avaient accepté l'échange de la dette.

Dans un communiqué de presse publié lundi, le ministère de l'Environnement, de l'énergie et du changement climatique de la nation insulaire a annoncé que des accords bilatéraux pour le rachat de la dette avaient été signés avec des représentants des gouvernements de trois de ces pays; la France, la Belgique et l'Italie.

Les accords ont été signés en marge de la 3ème édition du Forum de Paris sur la dette et le développement qui a eu lieu la semaine dernière.

« Les Seychelles signeront deux autres accords bilatéraux avec le Royaume-Uni et l'Afrique du Sud avant la fin de l'année » indique le communiqué de presse.

Ces accords devraient être conclus avant le 15 décembre lorsque la conversion de la dette sera officiellement conclue avec les créanciers des Seychelles.

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