4 Décembre 2015

Kenya: VIH - Prévenir, dépister, soigner

communiqué de presse

Dans le sub-county de Ndhiwa, située à l'ouest du Kenya, un adulte sur quatre est séropositif et 2 adultes sur 100 y sont infectés chaque année. La détection précoce des cas, et les stratégies visant à proposer la circoncision masculine, représentent des mesures-clé pour ralentir l'épidémie.

Mais pour réduire le nombre de décès, il faut également proposer une prise en charge adaptée aux patients en échec de traitement, et qui ont atteint le stade Sida de la maladie. Entretien avec William Hennequin, chef de mission MSF au Kenya.

Le programme de Ndhiwa vise à améliorer les capacités de dépistage et diagnostic. De quelle façon ?

Le premier objectif, c'est d'améliorer le dépistage - d'augmenter le nombre de personnes qui viennent se faire dépister chaque année. En deuxième lieu, nous voulons mettre les patients sous traitement le plus tôt possible et les y maintenir. Traiter le plus tôt possible un grand nombre de personnes permettra de réduire le nombre d'individus présentant un virus 'détectable' dans le sang et donc d'en ralentir la transmission.

Pour cela, nous mettons donc en place des sessions de dépistage dans les villages - et envisageons d'aller encore plus loin et de proposer cette activité au domicile des gens. Le personnel en charge du dépistage sensibilise également la population à la circoncision masculine - également pratiquée par MSF - comme méthode de prévention avérée et reconnue contre le VIH. Pour cela, et au vu du caractère intime du dépistage à domicile, nous devions obtenir l'adhésion des communautés. Nous avons donc créé des Conseils Consultatifs de Santé, composés de représentants communautaires (enseignants, leaders religieux, chefs traditionnels, représentants des associations de la jeunesse et féminines). Ces derniers orientent les stratégies d'intervention et aident aussi à générer et à diffuser des messages de mobilisation/sensibilisation adaptés.

Ces actions mobiles de dépistage et de circoncision ont commencé en avril 2015. Pour l'instant les résultats sont mitigés, notamment en termes de nombre de personnes ayant eu recours à ces activités. Cependant, il faut noter une meilleure adhésion de la population masculine - généralement moins encline à faire appel aux services de santé - par rapport aux stratégies dites 'fixes' (lorsque ce type d'activités est mené au sein des centres de santé).

MSF s'est investie également dans les soins hospitaliers. Pourquoi ?

La réduction de la mortalité liée au VIH/sida passe par l'amélioration des soins dans les hôpitaux. Les équipes de MSF soutiennent l'hôpital de Ndhiwa ainsi que les deux services de médecine interne de l'hôpital de référence de Homa Bay où, MSF et Epicentre - centre de recherche en épidémiologie fondé par MSF - ont mené une étude portant sur la morbidité et la mortalité liées au VIH. L'un des résultats, assez inquiétant, est que la moitié de la totalité des patients admis à l'hôpital de Homa Bay étaient séropositifs ; et que, parmi eux, 50% avaient pourtant été mis sous traitement antirétroviral à un moment de leur vie. Ces patients se trouvaient donc en échec de traitement et leur maladie avait fini par atteindre le stade de Sida.

Ces résultats confirment la difficulté du système de soins à identifier les patients qui risquent de ne pas suivre correctement leur traitement et à leur apporter l'aide nécessaire le cas échéant. Cela plaide en faveur d'une amélioration de tous les aspects liés à la prise en charge du VIH et à tous les niveaux.

Depuis le début du projet pilote de Ndhiwa, les équipes MSF ont contribué au diagnostic de 5 000 personnes séropositives parmi les 240 000 habitants que compte le sub-county de Ndhiwa. Chaque mois, elles ont également apporté un soutien à près de 300 patients dans les hôpitaux de Ndhiwa et Homa Bay. A l'heure actuelle, MSF soutient le ministère de la santé dans la délivrance d'un traitement aux quelques 14 000 personnes séropositives vivant à Ndhiwa.

Entretien en trois parties (partie 2)

► Partie 1 : VIH : A Ndhiwa, « nous devons pallier des manques de base »

► Partie 3 : VIH au Kenya : travailler en partenariat, documenter les avancées

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