8 Décembre 2015

Djibouti: Le Conseil d'administration du FMI conclut les consultations de 2015 au titre de l'article IV

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Le 4 décembre 2015, le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l'article IV1 avec Djibouti, et examiné et souscrit à l'évaluation des services du FMI sans convoquer de réunion formelle2.

Djibouti suit une stratégie consistant à développer ses infrastructures et ses installations portuaires pour promouvoir une croissance économique rapide et réduire la pauvreté. La croissance économique, qui repose essentiellement sur de grands projets d'investissement, s'est poursuivie à un rythme rapide en 2014. Cependant, la pauvreté et le chômage restent très répandus. En outre, compte tenu du niveau élevé de la dette extérieure, il semble que les possibilités de contracter de nouveaux emprunts soient extrêmement réduites.

L'investissement global a atteint 44 % du PIB en 2014 et devrait culminer à 57 % en 2015-16. La croissance du PIB devrait passer de 6 % en 2014 à environ 6,5 % en 2015-16 puis à 7 % en 2017-19. Selon les projections, l'inflation sera de 3 % en 2015 et d'environ 3,5 % en 2016-18 du fait que le niveau élevé des dépenses d'infrastructures accroîtrait la demande de logements et de services.

Le niveau élevé des dépenses publiques d'investissement exerce une pression considérable sur les finances publiques et la dette extérieure. Le déficit budgétaire sur la base des engagements devrait s'accroître en passant de 12,2 % du PIB en 2014 à 16,5 % en 2015, avant de redescendre à 11,4 % en 2016, en suivant le profil des dépenses d'investissement. En raison du niveau élevé des emprunts non concessionnels, le total des dettes contractées ou garanties par l'État a atteint 60,5 % du PIB en 2014 et devrait continuer d'augmenter à court terme, pour culminer à 80 % du PIB en 2017. Le déficit extérieur courant se creuserait, en passant de 25,6 % du PIB en 2014 à 31 % du PIB en 2015, sous l'effet des importations massives de biens d'équipement, avant de descendre à 14 % du PIB en 2017-19 une fois achevés la plupart des grands projets d'investissement. Le déficit sera financé par des prêts et l'investissement direct étranger (IDE).

Les avoirs extérieurs bruts de la banque centrale devraient rester solides permettant une couverture intégrale de la caisse d'émission au cours de la période 2015-20. Le portefeuille de prêts des banques commerciales s'est dégradé, le ratio prêts non productifs/total des prêts ayant atteint plus de 22 % en juin 2015.

Évaluation par le Conseil d'administration

La croissance économique de Djibouti, qui repose essentiellement sur l'ambitieux programme d'investissement dans les infrastructures, s'accélère. Les services du FMI engagent les autorités à renforcer les capacités de l'État pour gérer le programme d'investissement, notamment les capacités d'évaluation et de suivi des projets d'investissement. Ils recommandent de programmer les projets proposés en fonction de la capacité d'absorption du pays et des contraintes de ressources, et de procéder à des analyses coûts-avantages avant de lancer un projet. Afin d'assurer la viabilité commerciale des projets et de réduire les engagements conditionnels pour le budget, il serait bon d'accélérer la réforme des entreprises publiques qui auront à gérer les grands projets d'investissement de manière à en améliorer l'efficience et la situation financière.

Le financement non concessionnel du programme d'investissement aggrave le risque déjà élevé de surendettement de Djibouti et présente des risques pour la viabilité des finances publiques. Les services du FMI invitent donc instamment les autorités à prendre les mesures nécessaires pour assurer la viabilité des finances publiques et de la dette extérieure. À cette fin, ils exhortent les autorités à faire preuve de prudence lorsqu'elles envisagent de nouveaux emprunts et à limiter les emprunts non concessionnels. Il est tout aussi important de développer les capacités de gestion de la dette, notamment le suivi des engagements conditionnels, et d'améliorer la coordination entre les entités de l'État chargées de contracter la dette et d'en assurer le suivi et le remboursement.

Les services du FMI félicitent les autorités du succès des assises nationales de la fiscalité organisées en juin 2015, avec la participation de toutes les parties prenantes, notamment le secteur privé et la société civile. Ils soulignent la nécessité d'élaborer et d'appliquer une réforme complète de la fiscalité sur la base des recommandations de la conférence. Il est crucial de mettre en place un régime fiscal simple et transparent qui réduise les exonérations fiscales et assure des conditions de concurrence égales pour tous les investisseurs.

Les services du FMI s'inquiètent des faiblesses du secteur bancaire, en particulier de l'augmentation récente des créances improductives et de la baisse du rendement des fonds propres. Il convient en priorité de renforcer le contrôle bancaire et d'adopter les mesures nécessaires pour remédier aux problèmes des banques en difficulté. De plus, les services du FMI notent que l'accès aux services financiers reste peu développé, malgré l'augmentation du nombre de banques. Il y a lieu de saluer le projet des autorités d'instituer un fonds de garantie du crédit et de développer la microfinance, projet qui doit être mis en œuvre au plus vite pour promouvoir l'inclusion financière. Il est aussi essentiel de renforcer les instruments de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Le système de caisse d'émission a été bénéfique à Djibouti. En conséquence, la compétitivité devrait être améliorée par la réduction du coût des services publics et la mise en valeur du capital humain.

Les services du FMI félicitent les autorités d'avoir adopté la Stratégie de croissance accélérée pour la promotion de l'emploi (SCAPE) et recommandent d'ordonner les projets de manière à promouvoir une croissance solidaire par le biais de la création d'emplois et de la réduction de la pauvreté. Il est nécessaire de renforcer les mesures de protection des pauvres. Enfin, la diversification de l'activité économique au profit des secteurs à plus forte intensité de main-d'œuvre, tels que la pêche et le tourisme, créerait des emplois et favoriserait une croissance solidaire et stable.

Djibouti

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