4 Janvier 2016

Centrafrique: MSF vaccine 10 000 enfants contre le pneumocoque et la rougeole à Gadzi

communiqué de presse

Suite à l'apparition de plusieurs cas de rougeole ayant fait l'objet d'une alerte par les autorités locales, les équipes d'urgence de MSF ont vacciné près de 10 000 enfants dans la zone de Gadzi, située à environ 300 kilomètres à l'ouest de Bangui, capitale de la République centrafricaine (RCA).

Les équipes de vaccination ont dû faire face à d'importants problèmes d'accès à la zone du fait du mauvais état des routes et de la dispersion de la population à travers la région, où plus de 70 000 personnes vivent pratiquement sans accès aux soins de santé de base.

Au bout de deux semaines de campagne, un total de 9 717 enfants ont été vaccinés. Environ 9 000 enfants, âgés de six mois à cinq ans, l'ont été contre la rougeole.

Parmi eux, près d'un millier a également été vacciné contre le pneumocoque, bactérie responsable de plusieurs infections, notamment celles touchant les voies respiratoires. En outre, près de 700 bébés âgés de moins de six mois ont été vaccinés uniquement contre le pneumocoque.

« La campagne a commencé suite à l'alerte donnée par une autorité locale de Gadzi, qui nous a averti, fin septembre, de cas de rougeole dans la région.

Les premiers tests de laboratoire sont revenus négatifs, mais une première distribution de médicaments a tout de même été effectuée raconte le Dr Montse Pubill, coordonnatrice médicale de l'équipe d'urgence MSF.

Cette intervention a été compliquée par le pic de violence qui a éclaté dans le pays en octobre (entraînant la mort de dizaines de personnes dans la capitale).

Or, en novembre, les alertes ont continué à être lancées depuis Gadzi et une seconde série de tests a confirmé les cas de rougeole, ce qui a conduit à la mise en œuvre de la vaccination d'urgence », explique le Dr. Montse Pubill, qui avait déjà travaillé en RCA en 2012.

La campagne de vaccination a été lancée fin novembre depuis le village de Djomo, près de Gadzi, et, pendant plus de deux semaines, elle a couvert une douzaine de centres de santé, y compris dans des zones très reculées afin de pallier l'importante dispersion de la population. «

L'accès à certains des centres désignés pour la vaccination était très difficile pour nous et aussi parfois pour la population.

Nous avons donc dû également envoyer, en même temps, des équipes mobiles à la rencontre des patients. De 13 sites de vaccination initiaux nous en avons finalement couvert près de 30 », explique le Dr Pubill.

Au total, plus de 300 personnes ont participé à la campagne, principalement des membres de la communauté et des personnels du ministère de la Santé.

Deux jours avant l'arrivée des équipes médicales, des groupes de sensibilisation ont parcouru les zones devant être vaccinées afin de sensibiliser la population aux dangers de la maladie et à l'intérêt de vacciner les enfants.

À certains endroits, comme sur le village-même de Gadzi, certaines personnes avaient des préjugés sur les vaccins. Comme souvent, le travail des équipes de sensibilisation s'est avéré très important, explique la coordinatrice médicale.

Dans de nombreux cas, ils ont dû faire du porte à porte à la recherche des enfants. Je me souviens d'un jour où la personne chargée de la sensibilisation est arrivée en tenant la main de deux enfants, avec les parents qui suivaient derrière », se rappelle-t-elle en souriant.

MSF a initié d'autres interventions d'urgence dans la région de Gadzi. « Malgré une activité minière importante, cette zone souffre de manques importants ; la plupart des centres de santé ne sont que de simples pièces vides sans capacités de fournir des soins médicaux, affirme-t-elle.

Le paradoxe vient du fait qu'il existe dans la région des zones d'exploitation diamantifères, mais cela ne génère des revenus que pour quelques-uns et n'offre pas même un bien-être minimal à la majorité de la population, poursuit le Dr Pubill.

Certains hommes gagnent un peu d'argent dans les mines, mais vont souvent le dépenser à Carnot », ville située à l'ouest.

Ainsi, de nombreuses familles n'ont pas de quoi payer les traitements médicaux de base et, bien que MSF offre des soins gratuits à l'hôpital de Carnot, « les 100 kilomètres de distance à parcourir représentent un obstacle difficile à surmonter car rares sont ceux qui peuvent payer une moto-taxi », déplore la coordinatrice de MSF.

MSF travaille en République centrafricaine depuis 1997 et, compte actuellement plus de 300 travailleurs internationaux et plus de 2 000 travailleurs centrafricains dans le pays. Depuis décembre 2013, MSF a doublé son niveau d'assistance médicale en réponse à la crise.

L'association gère actuellement une vingtaine de projets, dont plusieurs sont destinés à aider les réfugiés centrafricains dans les pays voisins (Tchad, Cameroun et République démocratique du Congo).

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