19 Janvier 2016

Afrique: Lutte contre l'excision - L'ONU sollicite l'implication des médias

Les mutilations génitales féminines continuent de préoccuper les Nations unies. En prélude à la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard du phénomène, célébrée le 6 février de chaque année, la chargée de programme de l'ONU, Nafissatou Diop, a rappelé lundi la détermination des Etats à y mettre fin, et invité les médias à s'impliquer davantage dans la sensibilisation.

Instituée depuis 2007 par l'ONU, la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard de l'excision vise, entre autres, à sensibiliser les communautés et les acteurs étatiques à renoncer aux pratiques jugées néfastes sur les filles et femmes. Ces pratiques incluant toute altération ou lésion des organes génitaux féminins pour des raisons non médicales, d'après Nafissatou Diop, sont considérées comme une violation des droits, le reflet d'une inégalité profondément enracinée entre les sexes et constituent une forme extrême de discrimination à l'égard des femmes et des jeunes filles.

Pour la chargée de Programme auprès de l'UNFPA et UNICEF, l'ampleur du danger que représente l'excision ne pourra être véritablement connue que si les médias notamment communautaires informent les populations locales. Cependant, a-t-elle insisté, les professionnels des médias devront, eux-aussi, être outillés sur le phénomène. En effet, « ces pratiques infligées aux jeunes filles et femmes, violent leurs droits à la santé, à la sécurité et à l'intégrité physique, le droit d'être à l'abri de la torture et de traitements cruels, inhumains ou dégradants, ainsi que le droit à la vie lorsqu'elles ont des conséquences mortelles », a martelé au cours d'une vidéo-conférence Nafissatou Diop.

Malgré, les efforts consentis par l'Afrique et le reste du monde pour l'élimination des mutilations génitales féminines, des zones de résistances se font toujours remarquer. Le 20 décembre 2012, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté la résolution 67/146 « engageant le système des Nations Unies, la société civile et tous les acteurs concernés à continuer de célébrer le 6 février la Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations génitales féminines et à en saisir l'occasion pour intensifier les campagnes de sensibilisation et prendre des mesures concrètes contre les mutilations génitales féminines ».

Objectif : l'éradiquer d'ici 2025

Deux ans plus tard, l'Assemblée générale a adopté la résolution A/RES/69/150, appelant les États à élaborer, à appuyer et à mettre en œuvre des stratégies globales et intégrées de prévention des mutilations génitales féminines, notamment en formant les assistants sociaux, le personnel médical, les dirigeants locaux, les responsables religieux et les professionnels concernés, à veiller à ce que ceux-ci offrent avec compétence des services d'accompagnement et des soins aux femmes et aux filles qui ont subi ou risquent de subir des mutilations génitales et à les encourager à signaler aux autorités compétentes les cas dans lesquels ils pensent que des filles ou des femmes sont exposées à ce risque.

Les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) adoptés en septembre par l'ONU, prennent en compte cette lutte dont l'objectif est de parvenir d'ici 2025 à zéro mutilation génitale féminine dans le monde. A en croire, la chargée de programme Nafissatou, cela demande un financement important des Nations unies. « Pour l'éducation pour tous, la sensibilisation et surveillance, le passage des lois dans les pays concernés, la coordination multinationale, la communication et la réforme de la Justice à travers le renforcement des capacités des agents de police, les magistrats... », a-t-elle conclu.

Depuis quelques années, grâce aux appuis du Programme conjoint UNFPA-UNICEF, les pratiques de mutilations génitales féminines ont sensiblement baissé en Afrique, notamment en Mauritanie, au Burkina Faso, au Kenya, en Éthiopie, au Mali, en Somalie, en Ouganda, en Égypte et en Erythrée.

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