20 Janvier 2016

Maroc: Mustapha El Hasnaoui à nouveau victime de représailles au sein de la prison de Kénitra

communiqué de presse

Un journaliste et défenseur des droits de l'homme marocain, Mustapha El Hasnaoui a récemment été placé en cellule d'isolement par l'administration pénitentiaire de la prison de Kénitra. Depuis le 7 janvier 2016, sa famille n'a plus de contact avec lui et se voit systématiquement interdire les visites.

À l'instar de nombreux détenus condamnés pour terrorisme ou soupçonné d'appartenir à la « mouvance islamiste », El Hasnaoui est particulièrement exposé aux punitions et autres traitements dégradants de la part de ses geôliers. En juillet 2015, il avait déjà été placé pendant 18 jours dans un cachot d'isolement où il avait failli mourir d'asphyxie en raison d'une fuite de gaz dans la prison. Le 20 janvier, Alkarama a donc saisi le Groupe de travail sur la Détention Arbitraire (GTDA) des Nations Unies pour l'informer des mesures disciplinaires dont El Hasnaoui continue d'être victime.

Avant son arrestation à Casablanca, El Hasnaoui était journaliste au quotidien Assabil et membre de l'ONG marocaine, Forum de la Dignité et des droits de l'homme. Il a documenté et dénoncé, par le biais de ses écrits très critiques et de son engagement associatif, de nombreux cas de détention arbitraire et de torture, ainsi que de graves dépassements par les autorités dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Arrêté le 16 mai 2013 à l'aéroport de Casablanca, il a été condamné à quatre ans de prison le 11 juillet 2013 sur la seule base d'un procès verbal qu'il a été contraint de signer à la fin de sa garde à vue sans avoir la possibilité de le lire, bien qu'il ait toutes les accusations portées contre lui lors de son audience, accusations qui ne font d'ailleurs aucune référence à des activités violentes, et encore moins terroristes.

Alerté par Alkarama, le GTDA avait cependant rendu son Avis no 54/2013 dans lequel il qualifiait la détention d'El Hasnaoui d'arbitraire et appellait à sa libération immédiate.

À ce jour, les autorités marocaines refusent toujours de mettre en œuvre les recommandations du GTDA, multipliant au contraire les actes de représailles contre le journaliste. Celui-ci a entamé une grève de la faim le 14 janvier 2016 pour protester contre ses conditions de détention, déclarant dans une lettre parvenue à sa famille: « Je demande simplement qu'une visite soit effectuée par les autorités afin de prendre conscience de l'étendue des abus et de la souffrance que nous endurons au sein de la prison centrale de Kénitra, et des conditions de séquestration-détention que je vis quotidiennement. »

La détention arbitraire d'El Hasnaoui est le signe que le chemin vers une presse marocaine libre et indépendante est encore long. En 2011, les Marocains s'étaient vu promettre un nouveau Code de la presse qui éliminerait la possibilité de peines d'emprisonnement pour les journalistes. Le ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, a d'ores et déjà annoncé que la suppression totale des peines de prison pour des délits de presse ne faisait pas partie du projet de réforme du Code de la presse présenté au Conseil de gouvernement le 23 décembre dernier.

Alkarama appelle donc les autorités à mettre en œuvre l'Avis du GTDA au plus vite et à libérer Mustapha El Hasnaoui dans les plus brefs délais, conformément à l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ratifié par le Maroc en mai 1979. En tout état de cause, les autorités marocaines doivent mettre immédiatement un terme aux mauvais traitements et mesures arbitraires dont la victime fait systématiquement l'objet à la prison de Kénitra.

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