25 Janvier 2016

Afrique: Helen Clark - Déclaration à l'occasion de la première session ordinaire du Conseil d'administration du PNUD

document

Monsieur le Président,

Messieurs et Mesdames les membres du Conseil d'administration,

Chers collègues,

J'ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à la première session ordinaire du Conseil d'administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Je commencerai par féliciter Son Excellence Monsieur Zohrab Mnatsakanyan, Ambassadeur et Représentant permanent de l'Arménie, de son élection à la présidence du Conseil d'administration du PNUD/UNFPA/UNOPS.

Je féliciterai également de leur élection les Vice-Présidents : pour le groupe des États d'Asie-Pacifique, Son Excellence Monsieur Khiane Phansourivong, Ambassadeur et Représentant permanent de la République démocratique populaire lao ; pour le groupe des États d'Europe occidentale et autres États, Son Excellence Madame Bénédicte Frankinet, Ambassadrice et Représentante permanente de la Belgique, et pour le Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes, Monsieur Tumasie Blair (Antigua-et-Barbuda). Je crois savoir que le groupe des États d'Afrique poursuit ses consultations pour désigner son candidat à la vice-présidence. Nous espérons que leur Vice-Président rejoindra bientôt le Conseil d'administration, car des tâches importantes nous attendent en 2016.

Je tiens également à remercier très sincèrement le Président sortant, Son Excellence Monsieur Fernando Carrera, ancien Représentant permanent du Guatemala pour ses services dévoués, ainsi que Son Excellence Monsieur Hiroshi Minami (Japon), qui lui a succédé en tant que Président par intérim et qui a assuré une transition harmonieuse en vue de l'intégration des nouveaux membres.

Je remercie aussi de leur appui les Vice-Présidents de l'an dernier : Son Excellence Monsieur Kelebone Maope (Lesotho), Son Excellence Monsieur Durga Prasad Bhattarai (Népal), Monsieur Sahak Sargsyan (Arménie) et Madame María José Del Águila (Guatemala).

L'année 2015 a été une année charnière pour le développement durable. Les États Membres des Nations Unies sont parvenus à des accords historiques et ont défini les programmes internationaux qui orienteront les priorités de développement pour toute une génération. Pour le PNUD, 2016 constitue une formidable occasion d'avancer concrètement dans la mise en œuvre à travers le monde de ces nouveaux programmes étroitement imbriqués, en intervenant à la demande et en appui de ses partenaires nationaux.

Le PNUD, qui organisera une réunion ministérielle le 24 février prochain, à l'occasion de son 50e anniversaire, sollicite l'appui de ses parties prenantes de haut niveau pour les tâches qui l'attendent.

Cet événement sera tourné vers l'avenir et comportera des débats de haut niveau sur les moyens de traduire ces nouveaux objectifs mondiaux ambitieux en actions et en résultats concrets. Nous espérons que cette réunion aboutira à une compréhension partagée des principaux défis et perspectives liés à la mise en œuvre du Programme de développement pour 2030, mais aussi du rôle du PNUD en tant que partenaire. Nous nous réjouissons d'accueillir à cette occasion des ministres du monde entier.

Dans mes propos d'aujourd'hui, j'informerai le Conseil d'administration sur les points suivants :

Les interventions de développement que le PNUD mène dans le cadre des événements récents et dans des conditions difficiles, ses travaux dans le domaine des processus électoraux et de la réduction et gestion des risques de catastrophe, notamment face aux changements climatiques, ainsi que l'appui qu'il fournit dans la mise en œuvre des nouveaux accords négociés l'an passé ;

Les financements du PNUD et ses initiatives en cours dans les domaines de la transparence, de la responsabilité ainsi que de la coopération Sud-Sud et triangulaire ;

Le programme de réformes du système de développement des Nations Unies.

Rôle du PNUD en matière d'appui au développement du PNUD lors de situations d'urgence

Migrations et déplacements

L'année 2015 a été marquée à travers le monde par d'importants déplacements de populations en quête d'un environnement plus sûr, de meilleures conditions de vie et d'emplois. On recense actuellement 60 millions de personnes déplacées à l'échelle du globe et jamais le nombre de personnes fuyant les guerres et les conflits n'a hélas été aussi élevé. Ces phénomènes placent les préoccupations sécuritaires et humanitaires au sommet des priorités politiques à l'ordre du jour. Il est urgent de s'attaquer aux causes profondes de l'augmentation des migrations et des déplacements de populations, en particulier à la persistance de la pauvreté et à l'absence de perspectives, aux conflits, à l'extrémisme violent et aux situations de non-droit. Il est également essentiel que l'ensemble des partenaires dépassent le cloisonnement traditionnel de l'aide humanitaire et au développement pour offrir la réponse la plus efficace possible. Dans cette optique, le rapport que le Groupe de haut niveau sur le financement humanitaire créé par le Secrétaire général a présenté il y a huit jours contient des indications utiles sur la voie à suivre.

En Syrie, la crise fait rage depuis maintenant presque cinq ans. Si les efforts pour trouver une solution politique se poursuivent, des millions de personnes en Syrie et dans les pays voisins ont aujourd'hui besoin d'une aide internationale. Le PNUD, qui était présent dans le pays longtemps avant cette crise, reste très engagé sur le terrain. Ses interventions portent principalement sur le renforcement de la résilience du peuple syrien à travers des programmes d'aide aux moyens de subsistance, de réhabilitation des infrastructures et d'enlèvement des débris et des déchets solides ainsi que par la fourniture de services de base.

Sous réserve de l'approbation du Conseil d'administration cette semaine, le PNUD poursuivra son action en Syrie avec la mise en place d'un programme de deux ans pour aller au-delà des initiatives à court terme et accroître ses efforts de renforcement de la résilience, notamment en direction des communautés les plus vulnérables et plus particulièrement des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. Le recentrage des activités sur le renforcement de la résilience des Syriens contribuera à remédier à certains facteurs responsables des déplacements de populations et des migrations.

Le PNUD est déterminé à améliorer la résilience des réfugiés syriens et des communautés d'accueil des pays voisins. En novembre dernier, j'ai eu le plaisir d'inaugurer le Forum pour le développement de la résilience organisé par le PNUD conjointement avec le Gouvernement jordanien. Plus de 200 participants sont parvenus à un accord sur les deux principaux obstacles à lever pour améliorer les réponses apportées à la crise à travers le renforcement de la résilience des personnes et des communautés :

- Le manque de coordination des activités humanitaires et de développement ;

- Les lacunes en matière de collaboration avec les acteurs nationaux et d'appui aux capacités des communautés d'accueil et des pays.

Sur la base de ces conclusions, le PNUD soutient notamment le Plan national d'action du gouvernement jordanien. Il continuera de favoriser la création de moyens de subsistance et d'emplois dans le cadre, entre autres, de programmes d'emplois d'urgence, tout en contribuant à l'amélioration de la gestion des déchets solides. Les initiatives axées sur la résilience jouissent par ailleurs d'un soutien croissant dans les autres pays de la sous-région.

Ces travaux ainsi que les problématiques que les participants au Forum pour le développement de la résilience ont identifiées comme jouant un rôle clé en Syrie et dans d'autres crises de longue durée, devront figurer au sommet de l'ordre du jour des prochains forums, y compris de la Conférence de soutien à la Syrie et l'ensemble de la région, qui se tiendra à Londres, le 4 février prochain, sous l'égide du Royaume-Uni, de l'Allemagne, du Koweït, de la Norvège et des Nations Unies. Je constate avec satisfaction la place importante accordée au renforcement de la résilience dans le cadre des préparatifs de la conférence et du Plan régional d'aide aux réfugiés et de résilience (3RP).

La situation demeure tendue au Burundi. Une équipe de renfort du PNUD y est en cours de déploiement pour apporter un appui consultatif stratégique au Coordonnateur résident ainsi qu'une aide spécialisée en matière de réponse aux situations d'urgence, de gouvernance, de relèvement rapide, de moyens de subsistance, de communication, de questions opérationnelles et de sécurité. L'année 2016 marquera une étape importante dans les efforts du PNUD pour encourager un véritable dialogue inclusif à tous les niveaux afin de limiter les préjudices causés à l'économie ainsi qu'à la société du Burundi et de remettre le pays sur la voie du développement.

Transitions vers un gouvernement constitutionnel

Je me suis réjouie de voir qu'en République centrafricaine, le référendum constitutionnel et les élections nationales ont été marqués par un nombre d'incidents de sécurité relativement limité et un niveau élevé de participation. Le PNUD, qui soutient ce processus électoral en partenariat avec la mission de maintien de la paix de l'ONU (MINUSCA), poursuivra ses efforts en faveur de la consolidation de la paix en favorisant la baisse de la violence communautaire, en rétablissant l'autorité de l'État et en œuvrant pour la justice et la réconciliation, autant de priorités essentielles du Forum de réconciliation nationale qui s'est tenu à Bangui en mai 2015.

Le PNUD a apporté son soutien au Gouvernement malien dans la préparation de la Conférence internationale pour la relance économique et le développement du Mali, qui s'est tenue à Paris et a permis de recueillir près de 3,2 milliards de dollars en promesses de dons. Cette année, nos interventions dans le nord du pays seront axées sur les défis concernant les personnes déplacées, notamment la réconciliation et la cohésion sociale ainsi que le soutien à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance.

Au Sud-Soudan, qui en est aux premières étapes de la mise en œuvre de l'accord de paix, la priorité sera d'éviter un retour au conflit. Le PNUD a accordé aux activités de consolidation de l'État et de la paix une place centrale dans les activités mises en œuvre pendant cette période de transition. Dans le cadre du nouveau programme de pays pour la période allant de juillet 2016 à décembre 2017, le PNUD apportera un appui aux moyens de subsistance, à la sécurité communautaire et à la cohésion sociale dans les zones où une stabilisation de la situation est envisageable. Il s'associera avec la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) et d'autres organisations des Nations Unies pour soutenir l'application de dispositions essentielles de l'accord de paix, qui portent notamment sur le fonctionnement du Gouvernement transitionnel d'union nationale, l'élaboration d'une constitution permanente, l'État de droit, la justice transitionnelle et les droits de l'homme.

En Somalie, le PNUD appuie un programme politique et de consolidation de l'État complexe, visant à mettre en œuvre les trois grandes priorités de la stratégie nationale Vision 2016 (construction de l'État, révision de la Constitution et élections) dans le cadre du Pacte de nouvelle donne. L'année qui vient de commencer marquera également la transition d'une planification à court terme du relèvement vers une planification du développement à plus long terme, articulée autour des objectifs de développement durable (ODD). Le PNUD contribuera dans le pays à l'élaboration du premier plan national de développement d'après-transition.

Au Yémen, le PNUD intensifiera ses efforts pour répondre à la crise dans le cadre du Programme de résilience du Yémen, récemment finalisé et qui porte sur huit des 22 gouvernorats du pays. Son objectif sera de soutenir la prestation des services de base et d'améliorer les moyens de subsistance, la cohésion sociale et la protection au niveau des communautés.

En Libye, le PNUD appuiera la mise en œuvre de l'Accord politique et offrira une assistance immédiate au futur Gouvernement d'entente nationale dans le cadre d'un programme spécifique conjointement mis en œuvre avec la Mission d'appui des Nations Unies en Libye (MANUL). Il interviendra pour aider les communautés à faire face aux conséquences de la crise à travers un programme de résilience et de relèvement à l'échelle locale, axé sur les services de base, la sécurité communautaire et les moyens de subsistance dans 15 municipalités.

En Afghanistan, les perspectives demeurent très préoccupantes dans les domaines de la sécurité et de l'économie. En 2015, les Afghans représentaient le deuxième contingent de migrants en Europe. Les décisions qui seront prises cette année à l'issue des conférences de Varsovie et de Bruxelles sur Afghanistan fixeront les futurs montants de l'aide internationale au développement et à la sécurité dont bénéficiera le pays. En collaboration avec les autorités, le PNUD continue d'œuvrer dans les différentes provinces pour renforcer les capacités et favoriser la résilience aux niveaux national et régional. Lors de ma visite à Kaboul en novembre dernier, j'ai par ailleurs eu le plaisir de lancer un nouveau programme de gouvernance locale doté d'un budget de 90 millions, qui sera mis en œuvre en coopération avec les bureaux des gouverneurs et les fonctionnaires de district.

Élections

Au Sri Lanka, l'année 2015 a vu la tenue d'élections pacifiques et la poursuite du processus de consolidation de la paix et de réconciliation. Le PNUD continue de soutenir la création de moyens de subsistance durables dans les régions les plus touchées par les conflits. Il appuiera également les efforts du tout nouveau Bureau de l'unité nationale et de la réconciliation pour promouvoir la cohésion et l'inclusion sociales dans le cadre d'un dialogue interethnique et interreligieux.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, 16 pays ont organisé des élections présidentielles, législatives et/ou locales en 2015. En Haïti, le processus électoral suit actuellement son cours. Dans la plupart de ces pays, on a observé une hausse de la participation politique des femmes, des jeunes et des populations autochtones. En Bolivie, l'Assemblée législative plurinationale est parvenue à la parité des sexes.

Le PNUD fournit un appui aux organismes chargés de la gestion des élections dans plusieurs pays de la région et œuvre au renforcement de la participation de la société civile et des citoyens. Une attention particulière a été accordée à l'augmentation de la représentation des femmes dans le cadre d'initiatives de renforcement des capacités de femmes candidates, tous partis politiques confondus, menées dans plusieurs pays.

El Niño

L'épisode 2015-2016 d'El Niño figure parmi les plus intenses observés depuis 1950 et son impact, notamment en matière d'insécurité alimentaire, pourrait se faire sentir pendant deux ans.

Les Nations Unies estiment que quelque 52 millions de personnes en Afrique australe et orientale souffriront d'insécurité alimentaire à cause d'El Niño. Le PNUD appuie des initiatives de relèvement rapide en Éthiopie, un pays particulièrement touché où plus de 10,2 millions de personnes ont besoin d'une assistance. Conjointement avec le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), il soutient également les activités de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) visant à promouvoir la résilience face à la sécheresse dans la Corne de l'Afrique. Le Centre de services régional du PNUD à Addis-Abeba collaborera également avec d'autres communautés économiques régionales, notamment dans le Sahel et en Afrique australe, pour renforcer les mécanismes de coordination nationaux et régionaux des interventions d'urgence et de relèvement liées au phénomène El Niño.

Les précipitations survenues contre toute attente dans le Couloir de la sécheresse en Amérique centrale et en Haïti sont très préoccupantes, en particulier pour les moyens de subsistance des communautés vulnérables. En 2015, le PNUD est intervenu au Honduras et au Salvador pour aider les populations à faire face aux effets de la sécheresse prolongée. Des ressources de base ont été allouées au Paraguay (MCARB 3) en décembre après les inondations et les déplacements consécutifs de populations survenus dans le pays. Le Guatemala s'est également enquis auprès du PNUD de l'aide qu'il pouvait lui éventuellement lui apporter. Le PNUD est prêt à appuyer les efforts des pays pour renforcer aux niveaux national et régional les mécanismes d'intervention ainsi que les capacités à faire face aux effets d'El Niño, tout en assurant une coordination adéquate des actions mises en œuvre avec l'OCHA, le Programme alimentaire mondial (PAM), l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et les autres agences présentes dans les pays ou la région.

Dans la région du Pacifique, les catastrophes naturelles d'origine climatique continuent de menacer les vies et les moyens de subsistance des habitants. Les conséquences néfastes d'El Niño (sécheresse, cyclones et/ou hausse des précipitations dans certains endroits) menacent aujourd'hui près de 4,7 millions de personnes. Entre 10 et 14 cyclones tropicaux devraient traverser la région au cours de la saison 2015-2016. Le PNUD apporte au Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée un appui pour coordonner les interventions d'urgence et évaluer les conditions d'El Niño. Au Vanuatu, le Programme du PNUD de résilience face aux risques pour le Pacifique a contribué à l'élaboration de la politique du Gouvernement en matière de réduction des risques de catastrophes et d'adaptation aux changements climatiques pour la période 2016-2030. À Tonga et au Vanuatu, 150 000 personnes ont participé en 2015 à une campagne de préparation aux catastrophes via SMS, organisée conjointement avec des acteurs du secteur privé.

2016 : mise en œuvre des nouveaux programmes internationaux de développement

Le Programme de développement durable pour 2030

L'année 2016 marque le début de la mise en œuvre effective du Programme de développement durable pour 2030. Le PNUD, aux côtés des autres organisations du Groupe des Nations Unies pour le développement (GNUD), est prêt à apporter son soutien aux États Membres, conformément à la stratégie MAPS d'intégration, d'accélération et d'appui aux politiques adoptée par le GNUD.

D'importants travaux ont d'ores et déjà été entrepris dans de nombreux pays :

L'an passé, en collaboration avec d'autres organisations du GNUD, le PNUD, le PAM et l'UNICEF ont dirigé la préparation d'un manuel de référence pour les équipes de pays des Nations Unies sur l'intégration des ODD dans les programmes nationaux de développement. Ce manuel propose une série de méthodes et d'outils pour adapter le Programme de développement durable pour 2030 aux niveaux national, régional et local. Dans cette optique, le PNUD fournit un appui aux politiques et aux programmes, ainsi que des financements de démarrage. Depuis le mois d'octobre, 20 pays en développement de différentes régions et typologies ont testé le manuel.

Pour accélérer les progrès vers la réalisation des ODD, le PNUD et l'UNICEF élaborent au nom du GNUD une panoplie d'outils pour soutenir les efforts des gouvernements et des autres acteurs impliqués. Les ODD abordent de manière interdépendante les dimensions économiques, sociales et environnementales du développement durable. L'accélération des progrès implique par conséquent de promouvoir des initiatives contribuant à la réalisation simultanée d'un ensemble d'objectifs. Le PNUD collabore actuellement avec le Département des affaires économiques et sociales des Nations Unies (DESA) à l'élaboration d'un instrument modélisant les liens entre l'énergie, les ressources en eau, l'occupation des sols et le climat dans différents scénarios de référence pour contribuer à la mise au point des stratégies les plus efficaces pour avancer dans la réalisation de plusieurs ODD. Fort de son précédent partenariat fructueux avec la Banque mondiale sur le Cadre d'accélération des OMD, il coopérera étroitement avec elle à l'intensification des progrès dans ce domaine.

Le PNUD a également présenté sa contribution à la mise en œuvre des ODD dans le cadre du programme concerté du GNUD, qui sera axé sur trois volets :

promouvoir une approche globale du Programme de développement durable qui vise l'ensemble de la société, est cohérente sur l'ensemble des domaines concernés et qui encourage les partenariats pour la mise en œuvre ;

mobiliser son savoir-faire et ses capacités d'appui aux programmes pour avancer dans la réalisation de l'ODD 1 (mettre fin à la pauvreté sous toutes ses formes partout), de l'ODD 10 (réduire les inégalités à l'intérieur des pays et entre eux), de l'ODD 16 (paix, justice et institutions solides) et de tous les autres ODD pour lesquels le PNUD peut apporter une valeur ajoutée (notamment en matière d'environnement, d'énergie durable et de changements climatiques, d'autonomisation politique et économique des femmes et de santé, grâce à la vaste expérience acquise dans le cadre de son partenariat avec le Fonds mondial et en tant qu'organisme coparrainant de l'ONUSIDA) ;

aider les pays à surveiller la mise en œuvre des ODD ainsi qu'à établir des rapports et à appliquer les enseignements tirés à ce sujet, en s'appuyant sur la longue expérience qu'il a acquise avec les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Le directeur du Bureau des politiques et de l'appui aux programmes informera plus en détail mercredi les membres du Conseil d'administration sur le soutien apporté par le PNUD pour la mise en œuvre des ODD. Le PNUD est pleinement conscient du caractère transformateur du Programme de développement durable pour 2030 et des ODD, c'est pourquoi il collaborera avec tous ses partenaires pour mettre ses atouts au service de la réalisation de ces objectifs ambitieux et interdépendants.

COP 21

L'Accord de Paris sur les changements climatiques négocié lors de la COP 21 est l'accord que le monde attendait et qui a le pouvoir d'orienter les économies et les sociétés vers une croissance verte, inclusive et tenant compte des risques, ouvrant ainsi la voie à un avenir durable où les émissions de carbone seraient ramenées à zéro.

Le défi consiste maintenant à concrétiser les engagements énoncés dans les contributions prévues déterminées au niveau national (CPDN). Le PNUD, qui gère un portefeuille de projets d'adaptation aux changements climatiques d'un budget total de 2,3 milliards de dollars et dispose de plus de deux décennies d'expérience dans ce domaine dans plus de 140 pays, est bien placé pour aider à traduire ces engagements en mesures ambitieuses.

L'an passé, 43 pays en développement ont reçu des aides financières et techniques directes de sa part pour finaliser leurs CPDN. Plus de 1 000 représentants de plus de 130 pays ont participé aux dialogues et aux consultations organisés conjointement par le PNUD, la Convention-Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et d'autres partenaires aux niveaux mondial, régional et sous-régional. En Indonésie, le PNUD a ainsi contribué à la préparation de la CPDN, qui prévoit de réduire les émissions de 29 % par rapport aux niveaux habituels d'ici 2030. Si le pays bénéficie d'une aide internationale, cet objectif pourrait être porté à 41 % de réduction par rapport aux scénarios de statu quo.

Le PNUD apportera également un appui aux pays tenus de convertir leurs CPDN en contributions déterminées au niveau national conformément à l'Accord de Paris en les aidant à adapter leurs objectifs, à réévaluer leurs contributions et en identifiant les mesures concrètes qu'ils devront prendre pour parvenir à ces objectifs. Dans cette perspective, il est essentiel que le PNUD collabore étroitement avec le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), le Fonds vert pour le climat (FVC) ainsi que ses partenaires bilatéraux et multilatéraux.

Ressources

Les ressources ordinaires conditionnent toujours la capacité du PNUD à intervenir stratégiquement, à soutenir en priorité les pays qui en ont le plus besoin, à concevoir des programmes de qualité, à promouvoir la cohérence des efforts entrepris dans le cadre du système de Coordonnateur résident et à répondre aux situations d'urgence ainsi qu'aux nouveaux besoins et aux nouvelles occasions.

Nous sommes reconnaissants à nos donateurs aux ressources ordinaires de leur soutien renouvelé, notamment au vu des contraintes budgétaires observées ces dernières années. Il convient également de saluer les autres formes de contributions d'un grand nombre de pays (accueil de centres d'élaboration de politiques, coopération Sud-Sud, contributions des gouvernements aux dépenses locales des bureaux locaux et aux programmes du PNUD, etc.).

La baisse continue des ressources ordinaires du PNUD s'avère très préoccupante. J'espère que les États Membres nous aideront à inverser cette tendance en 2016. À cet égard, il serait souhaitable d'élargir la base des donateurs aux ressources ordinaires, d'autant que le PNUD est tenu d'apporter un appui substantiel à la coordination du système des Nations Unies, d'intervenir rapidement lors de situations d'urgence et de catastrophes, de fournir aux pays un soutien prévisible et de maintenir ses niveaux élevés d'assurance qualité et de transparence. Pour satisfaire aux exigences élevées qu'il s'est fixées, le PNUD doit pouvoir bénéficier des financements adéquats.

Cette année, le PNUD cherchera à diversifier ses partenariats ainsi que sa base de ressources, ce qui implique qu'il étoffe ses relations avec les banques de développement, dont notamment la Banque islamique de développement, et qu'il réoriente sa stratégie en vue de mieux collaborer avec le secteur privé ainsi qu'avec les organisations philanthropiques et les partenaires de développement.

Parmi les partenariats récemment mis en place, citons :

La conclusion en 2015 par la Fédération de Russie d'un accord entre la Russie et le PNUD portant création d'un fonds d'affectation spéciale pour le développement et doté d'un budget initial de 25 millions de dollars, après la signature de l'Accord-cadre de partenariat. Ce fonds d'affectation spéciale servira à des initiatives de lutte contre la pauvreté, de réduction des risques de catastrophe, de préparation de situations d'urgence et dans les domaines de l'énergie ainsi que de l'environnement.

La République de Corée contribue de plus en plus aux ressources ordinaires de notre Organisation. Elle soutient également le Centre d'élaboration de politiques du PNUD à Séoul pour les partenariats mondiaux dans le domaine du développement ainsi que le Fonds d'affectation spéciale PNUD-Corée pour la réalisation des OMD, qui a financé à l'échelle nationale des initiatives innovantes destinées à renforcer les moyens de subsistance des populations pauvres et vulnérables.

En mars 2015, le PNUD est devenu le premier organisme des Nations Unies accrédité en tant que partenaire d'exécution par le Fonds vert pour le climat (FVC). Des pays du monde entier l'ont sollicité pour les assister dans la préparation de leurs demandes de financements auprès du Fonds. Parmi les demandes approuvées par son Conseil d'administration pour un montant cumulé de 168 millions de dollars, deux avaient été rédigées en partenariat avec le PNUD (Malawi et Maldives, pour un montant total de 36 millions).

Nouveaux guichets de financement

Le PNUD instaurera quatre nouveaux guichets de financement par l'intermédiaire desquels les différents partenaires pourront contribuer aux initiatives mises en œuvre à l'échelle nationale pour réaliser les ODD. La priorité sera donnée au développement durable et à l'éradication de la pauvreté ; aux changements climatiques et à la réduction des risques de catastrophe ; à la gouvernance pour édifier des sociétés pacifiques et inclusives ; aux interventions d'urgence et de relèvement rapide dans le contexte des crises et des catastrophes. Au moins 15 % de ces financements seront alloués à des activités axées sur la problématique du genre en vue garantir la mise en œuvre d'une approche parfaitement intégrée d'autonomisation des femmes et de promotion de l'égalité entre les sexes. Ces guichets de financement permettront au PNUD de répondre plus efficacement aux besoins des pays.

Des brochures présentant cette proposition de nouvelle structure de financement ont été remises aux membres du Conseil d'administration. L'objectif est de disposer d'un nombre restreint de guichets de financement mieux reliés et gérés de concert en vue de renforcer leur efficacité et de réduire les frais de transaction. Les programmes seront ainsi mieux coordonnés, ce qui améliorera les interventions de développement dans leur ensemble.

La réussite de ces nouveaux guichets de financement exige de soutenir les partenaires contributeurs. C'est pourquoi ils auront accès en temps réel à des informations sur les financements alloués ainsi que les dépenses. En outre, ils seront directement impliqués dans des dialogues de fond sur les progrès accomplis, les difficultés rencontrées et les occasions à saisir. Il me tarde de recueillir le point de vue du Conseil d'administration à ce sujet dans le cadre du dialogue informel sur les financements du PNUD.

Transparence et responsabilité

La transparence et la responsabilité sont deux valeurs essentielles du PNUD. Plus nous sommes responsables vis-à-vis des personnes que nous servons, plus l'aide que nous apportons aux pays dans la réalisation de leurs objectifs nationaux de développement et des ODD s'avérera efficace.

L'an passé, le PNUD a tout mis en œuvre pour continuer de figurer parmi les organisations les plus transparentes et responsables, publiant les informations relatives à ses projets conformément aux normes établies par l'Initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA).

La page Web où sont publiés ses rapports d'audit interne a reçu en 2015 4 844 visites, soit une hausse de 30 % par rapport au trafic enregistré en 2014. Le PNUD peut prouver que ses activités font l'objet d'un contrôle rigoureux et indépendant. Des informations ont par ailleurs été publiées sur 4 743 projets de développement dans 155 pays et territoires.

Tous ces efforts entrepris pour améliorer la transparence se traduisent également en interne par un partage plus efficace des informations et des données de meilleure qualité. Nous continuons d'encourager tous les membres du GDNU à rejoindre l'IITA et à rendre leurs données accessibles au public.

Examen à mi-parcours du plan stratégique

Des données sont actuellement collectées et analysées en vue de l'examen à mi-parcours qui sera réalisé par le Conseil d'administration en juin prochain. Dans notre bilan, nous nous efforcerons d'identifier les facteurs à l'origine des bons résultats et d'expliquer les éventuels échecs. Si notre Plan stratégique est globalement en adéquation avec le Programme de développement durable pour 2030, certains ajustements peuvent toutefois se révéler nécessaires pour qu'il demeure pertinent.

Coopération Sud-Sud

L'année 2015 a été marquée par des avancées majeures sur le plan de la Coopération Sud-Sud. La Nouvelle banque de développement des BRICS et la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures constituent des exemples d'initiatives majeures actuellement mises en œuvre par les économies émergentes.

Le Conseil d'administration a été informé concernant la version quasi définitive de la stratégie du PNUD en matière de coopération Sud-Sud et triangulaire. Nous remercions les nombreux États Membres qui ont contribué à nos côtés à son élaboration. Nous collaborerons étroitement avec le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud (UNOSSC) à sa mise en œuvre.

Pour renforcer la coordination de l'aide apportée par les Nations Unies à la coopération Sud-Sud, le PNUD fournit un appui financier et technique au groupe de travail du GNUD sur la coopération Sud-Sud et triangulaire en vue de recenser les bonnes pratiques ainsi que les divers enseignements tirés. Une fois finalisées, ces bonnes pratiques seront communiquées aux Coordonnateurs résidents ainsi qu'aux équipes de pays des Nations Unies, qui travailleront avec les gouvernements à l'amélioration des stratégies nationales en matière de coopération Sud-Sud. Elles seront également partagées en mai avec les États Membres dans le cadre du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud.

Descriptifs de programme de pays

Lors de cette réunion, sept nouveaux descriptifs de programme de pays (Argentine, Azerbaïdjan, Éthiopie, Iraq, République arabe syrienne, Tanzanie et Uruguay) seront soumis au Conseil d'administration pour approbation.

Depuis l'entrée en vigueur du Plan stratégique du PNUD, la pertinence et la qualité des descriptifs de programme se sont améliorées grâce aux efforts de mise en conformité avec le Plan ainsi que d'amélioration de la conception et de l'évaluation des programmes. Ils prennent également en compte la contribution du PNUD au Programme de développement durable pour 2030, tel que convenu avec les homologues nationaux.

Réforme du système de développement des Nations Unies

Les accords historiques conclus l'an passé nécessitent la mise en place de stratégies intégrées dans le cadre de Charte des Nations Unies et du système commun des Nations Unies. De nombreux gouvernements réclament un appui pour mettre en œuvre les ODD : fin août 2015, 70 équipes de pays des Nations Unies avaient d'ores et déjà été sollicitées. Le PNUD s'efforcera d'apporter un soutien concerté, conformément à la stratégie MAPS. Pour y parvenir, il est nécessaire que le système de Coordonnateur résident soit doté des financements adéquats. Le PNUD continue d'assumer l'essentiel des coûts, même si une partie d'entre eux est partagée.

Dans l'immédiat, notre objectif est de combler le déficit de financement de 17,5 millions de dollars pour l'exercice biennal 2016-2017. Sur les 18 organisations membres du GNUD, 17 participent au financement de ce système. Certains ne se sont pas encore acquittés de la totalité de leur contribution. Celle du Secrétariat des Nations Unies, qui représente 13,5 millions de dollars du déficit de financement, demeure en attente d'approbation par la Cinquième Commission. J'espère que nous obtiendrons bientôt une issue favorable grâce au soutien et à l'influence des États Membres, dans un contexte où le Secrétariat des Nations Unies sera amené au niveau des pays à continuer de faire appel à l'appui du système des Coordonnateurs résidents pour soutenir la mise en œuvre coordonnée du Programme de développement durable pour 2030.

L'examen quadriennal complet des activités opérationnelles de 2 016 sera l'occasion pour les États Membres de mettre à jour le cadre d'intervention du système de développement des Nations Unies. Le GNUD souhaite qu'il aboutisse à des conclusions stratégiques, à la définition d'une série de mandats ciblés, à la promotion de l'innovation au niveau national et à l'élaboration d'un cadre à la fois solide et rationalisé de suivi et de communication de l'information en vue d'améliorer l'efficacité et la cohérence de l'action du système de développement des Nations Unies.

La deuxième phase du dialogue du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) apportera une contribution importante aux discussions préparatoires à cet examen. Le GNUD a suivi attentivement ce dialogue depuis le début et y a participé lorsqu'on l'y a invité. Nous nous réjouissons à la perspective d'échanger avec les États Membres sur les moyens de continuer à garantir la pertinence et l'efficacité du système de développement des Nations Unies.

Conclusion

Comme je l'ai indiqué précédemment, l'année 2016 constitue une occasion importante d'avancer dans la réalisation des nouveaux programmes de développement internationaux. L'engagement et le soutien renouvelés du Conseil d'administration sont très appréciés et jouent un rôle essentiel dans l'action du PNUD, au moment où celui-ci cherche à assumer pleinement son rôle de partenaire dans la mise en œuvre des programmes nationaux et internationaux de développement.

Afrique

Terrorisme - L'UA redoute le retour des djihadistes africains du Moyen-Orient

Le Commissaire de l'Union africaine (UA) pour la paix et la sécurité, Smail Chergui, a appelé les… Plus »

Copyright © 2016 United Nations Development Programme. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.