28 Janvier 2016

Sud-Soudan: Vérité, justice et guérison - La parole est aux Sud-Soudanais

Au Soudan du Sud, une enquête inédite a été réalisée dans le but de recueillir l'avis de la population sur les façons de surmonter le violent passé du pays. L'initiative a révélé le désir d'engager des poursuites à l'encontre des auteurs d'actes de violence, ainsi que d'instaurer un hommage public aux disparus et aux victimes.

Intitulée Recherche d'un nouveau départ : Perceptions de la vérité, de la justice, de la réconciliation et de la guérison au Soudan du Sud, l'enquête, a été menée par la South Sudan Law Society (ordre des avocats du Soudan du Sud) et le PNUD, avec le soutien des Pays-Bas.

1 525 personnes, dont la moitié de femmes, ont été interrogées dans six des dix États du pays ainsi que dans la région d'Abyei, sur une période de six mois, d'octobre 2014 à avril 2015.

Dans le cadre de cette enquête, deux tiers des personnes interrogées se sont montrés favorables au procès des responsables et se sont ouvertement opposés à l'octroi d'amnisties. Aussi, 90 % des participants au sondage ont exprimé leur volonté de rendre hommage aux portés disparus ainsi qu'aux victimes des conflits, et 81 % ont plaidé pour une réparation de la part de l'État envers les survivants.

Les efforts déployés à la recherche de la vérité ont été largement appuyés par la population. Près des trois quarts des participants à l'enquête ont répondu que, si l'occasion se présentait, ils s'exprimeraient volontiers publiquement sur leurs expériences traumatiques, avec toutefois, davantage d'hommes (80 %) que de femmes (66 %). Des taux élevés de violence sexuelle ayant été enregistrés à divers endroits où l'enquête a été menée, il est probable que la stigmatisation engendrée dissuade les victimes de parler.

« Au vu de l'importance de la demande, un programme de justice et de réconciliation devrait être mis en place dans le but de documenter les abus, d'engager des poursuites pénales, de répondre au besoin de réparation des survivants et d'honorer les morts » a annoncé le Directeur du bureau de pays du PNUD au Soudan du Sud, M. Balazs Horvath. « Il faut bien noter que ce processus doit se concentrer sur la propriété locale et être mené par des Sud-Soudanais ».

En plus de gauger l'opinion publique sur la justice transitionnelle, l'enquête a aussi permis de mettre en lumière le bilan humain d'années de violence et de conflit.

41 % des participants au sondage présentent des symptômes associés à un état de stress post-traumatique, un taux comparable à celui du Rwanda après le génocide. 63 % d'entre eux ont reporté avoir perdu un membre de leur famille proche, et 41 % ont été témoins du meurtre de l'un de leurs amis ou d'un membre de leur famille.

Établir une journée nationale du souvenir, créer des monuments commémoratifs et développer des supports pédagogiques pour les écoles sont autant de moyens de rendre hommage aux victimes de la violence.

De violents conflits ont éclaté au Soudan du Sud en décembre 2013 et un accord de paix a été signé en août 2015. Menée au plus fort de la crise, l'enquête a pour but de formuler des réponses ambitieuses et centrées sur les victimes.

Les résultats de l'enquête ont été publiés en octobre 2015, à la suite de la signature de l'accord de paix à Addis Abeba, Ethiopie, afin de stimuler le débat national sur les processus de justice transitionnelle envisagé dans l'accord.

Sud-Soudan

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