19 Février 2016

Liberia: Nous devons rendre compte, mais pas maintenant (Prince Johnson)

L'ex-chef rebelle Prince Y. Johnson, qui est sénateur depuis 2005 du comté de Nimba d'où il est originaire, s'est dit prêt à répondre de ses actes pendant la guerre civile qui a duré plus d'une décennie, mais le moment n'est pas encore venu. Il a appelé les autres chefs de guerre, parmi lesquels des politiciens actuels, à s'apprêter eux aussi.

Il croit que, le moment venu, les acteurs clés des 15 ans de conflit armé expliqueront qu'ils se sont battus pour se défendre, pour survivre, car le régime qui était censé assurer la protection des citoyens et de se battre pour eux semblait les exécuter dans le sang-froid.

"Quoi que vous fassiez dans le monde, vous devez rendre compte; vous savez que la vie dans son ensemble est un voyage, et la vie étant un voyage, elle va de pair avec un journal. Donc, quoi que vous fassiez vous devez rendre compte de votre vie ", a déclaré mercredi le sénateur Johnson lors d'une émission intitulée Prime Morning Pride diffusée par la radio Premier FM 105.5.

Les hommes de l'ex-chef rebelle qui dirigeait le Front patriotique national indépendant du Liberia (INPFL), une faction dissidente du National Patriotic Front de l'ex-président Charles Taylor du Libéria, ont capturé l'ancien président Samuel Doe avec la complicité de certains éléments de la force d'interposition ouest Africaine ECOMOG. L'ancien président fut ensuite « dépecé » vivant en septembre 1990.

Mais selon l'ex-seigneur de guerre, les gens ont le droit de se défendre quand le gouvernement s'avère incapable d'assurer leur protection. D'après lui, maintenant que la guerre est terminée, les gens qui se sont battus les uns contre les autres, ceux qui étaient considérés comme des ennemis jurés, s'inter-marient.

Pour lui, le moment opportun n'est pas encore venu pour que ceux qui sont soupçonnés d'avoir commis des atrocités lors de la guerre qui a fait plusieurs centaines de milliers de morts parmi les civiles et des millions de déplacés entre 1989 et 2003 répondent de leurs actes.

Le sénateur Johnson s'oppose avec véhémence à la création d'un tribunal international de crimes de guerre pour le Libéria pour juger les auteurs présumés de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Il a fait valoir que les Libériens ont préféré la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) au tribunal international de crimes de guerre au cours des pourparlers de paix au Ghana.

C'est vrai, la question de la création d'un tribunal international de crimes pour le Liberia a longtemps été rejetée par les Libériens à partir du moment où ils ont opté pour la création de la Commission Vérité et Réconciliation, qui a été promulguée par l'Assemblée législative. Prince Johnson s'est posé la question de savoir pourquoi l'on serait en faveur de la création d'un tel tribunal.

L'objectif de la CVR était de réunir les victimes et les auteurs autour d'une table pour se parler et se réconcilier. Mais, a-t-il indiqué, si cela ne semble pas avoir été le cas, c'est parce que la Commission était joueur et arbitre au point que les victimes avaient été oubliées.

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