26 Février 2016

Cameroun: Un marché réhabilité stimule l'économie locale et profite aux réfugiés

Les jours de grande affluence, ce sont plus de 10 000 personnes qui se rassemblent au marché de Zamaï, à Mokolo, dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, pour vendre ou acheter du bétail, des légumes ou des produits artisanaux.

Le marché a réouvert en janvier, suite à un processus de rénovation d'une durée de trois mois et d'un montant de 32 000 dollars grâce auquel un nouveau hangar, équipé d'étals pour le stockage et la vente de viande, d'enclos de bétail remplaçant les clôtures usées et d'une source d'eau améliorée, a vu le jour.

Situées à la frontière avec le Nigéria, les nouvelles installations ont stimulé le commerce sur un marché à la fois utile aux Camerounais et aux Nigérians. En effet, le camp de Minawao, non loin de là, qui abrite plus de 55 000 réfugiés Nigérians ayant fui les attaques de Boko Haram.

Attirés par la forte tradition agricole de la zone, les commerçants viennent également de villes éloignées, telles que Douala, au sud du pays. Bétail, volailles et moutons sont vendus à côté de stands de sorgho, patates douces et maïs par 2 000 à 3 000 vendeurs sur le marché de Zamaï.

« Avant que le projet soit mis en œuvre, ce n'était ici qu'une vaste place où des vendeurs de bétail et des acheteurs se retrouvaient pour faire du commerce », se rappelle Saïbou Ousman, vétérinaire principal du marché.

« Grâce à la construction des entrepôts, le commerce est de mieux en mieux organisé, le contrôle du bétail et de la qualité se fait à l'entrée et nous gardons maintenant une trace du nombre de bêtes vendues ».

La rénovation du marché de Zamaï s'est inscrite dans le cadre d'un programme de relèvement rapide, mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et les gouvernements du Cameroun et du Japon en 2015 afin de renforcer la préparation aux situations d'urgence dans la région nord du pays.

Avant que la rénovation n'ait eu lieu, le marché fonctionnait dans des conditions précaires. Pourtant en service depuis plus de quarante ans, il n'avait presque pas d'infrastructures : les marchands dressaient des tentes improvisées sous la canicule et le manque d'eau et d'installations sanitaires compromettait la sécurité alimentaire.

En outre, le commerce se faisait de manière tout à fait informelle, peu de contrôle étant exercé sur les flux financiers, les prix et les revenus.

« Les exploitants paient à présent pour leurs dépenses, sans exception, et les revenus augmentent chaque jour de marché. L'activité est segmentée de manière efficiente par rapport à la période qui a précédé le projet, ce qui est attractif pour de nombreux exploitants », explique Ousman.

Toutefois, Ousman estime que le marché ne s'est pas encore développé à son plein potentiel. « Nous aimerions également avoir un abattoir digne de ce nom », a-t-il ajouté en songeant à l'avenir.

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