8 Mars 2016

Afrique: Violences sexuelles - Soigner et mettre à l'abri

communiqué de presse

A l'occasion de la journée mondiale de la femme, Médecins Sans Frontières publie le rapport « Return to abuser » (« Renvoyés chez l'agresseur »), basé sur ses expériences de prise en charge des violences sexuelles en Papouasie-Nouvelle Guinée, ainsi qu'une série de témoignages recueillis dans les projets de l'association, notamment au Kenya, en République centrafricaine, et en République démocratique du Congo.

Ces témoignages, ce sont ceux de personnes qui viennent d'échapper à leur agresseur, ou qui cherchent du secours après des jours ou des semaines de silence. Le récit de l'agression, recueilli dans l'intimité d'une consultation médicale, souvent avec l'aide d'un psychologue, guide le choix des premiers soins à apporter, mais aussi de la suite à donner, en fonction des problèmes rencontrés par la victime, qui peuvent être d'ordre psychologique, médical et social.

Dans les contextes d'intervention de MSF, les soignants sont ainsi animés d'une double préoccupation : d'une part, fournir des soins médicaux adaptés (examen physique, traitement des blessures, prévention des maladies sexuellement transmissibles, mise à disposition d'un moyen de contraception d'urgence, soutien psychologique) et ce, le plus rapidement possible après l'agression ; de l'autre, mettre à l'abri la victime (offre d'abris et hébergements provisoires, accès aux services sociaux, aide matérielle, signalement aux autorités compétentes si nécessaire - ce dernier aspect s'impose pour les mineurs, qui représentent jusqu'à la moitié des victimes prises en charge dans les projets MSF).

Soustraire la victime à son agresseur est une tâche difficile, dans des situations où les services sociaux sont défaillants, où la population n'a pas confiance dans la capacité des forces de l'ordre ou du système judiciaire à mettre les agresseurs hors d'état de nuire, et où l'exploitation sexuelle se nourrit du dénuement matériel de pans entiers de la société. Mais dans des contextes comme la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où près de la moitié des violences sexuelles ont lieu au domicile des victimes, ou dans les quartiers pauvres de Nairobi, où environ 10% des enfants sont violés par l'un de leurs parents ou beaux-parents, se contenter de fournir des soins à la victime en sachant qu'elle sera exposée aux mêmes violences, voire aux mêmes violeurs dans le même environnement, s'apparente à « poser un pansement entre deux agressions ».

Afrique

Le Rwanda, parmi les nouveaux ambassadeurs du Café dans le monde

Le Rwanda s'est vu décerné le Prix international du café Ernesto Illy 2017 à New-York aux… Plus »

Copyright © 2016 Medecins Sans Frontieres. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.