22 Mars 2016

Afrique: Le Conseil d'administration du FMI achève les consultations régionales avec l'Union économique et monétaire ouest-africaine

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Le 21 mars 2016, le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations annuelles sur les politiques communes des pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)1.

En dépit de la situation sécuritaire fragile dans certains pays membres et d'un environnement extérieur moins favorable en 2015, la croissance économique a dépassé 6 % pour la deuxième année consécutive, portée par les investissements dans les infrastructures, une consommation privée vigoureuse et des récoltes agricoles favorables. L'inflation est restée modérée, aux alentours de 1 % en 2015, grâce à l'ancrage du taux de change et à l'évolution positive des termes de l'échange. La politique monétaire est restée accommodante, le principal taux directeur demeurant inchangé à 2,5 % depuis septembre 2013, et le crédit au secteur privé a progressé de près de 14 % en 2015.

Le déficit budgétaire global (y compris dons) a augmenté de 3,3 % du PIB en 2013 à 4,8 % du PIB en 2014, principalement en raison des vastes programmes d'investissements publics qui ont été engagés pour s'attaquer au déficit d'infrastructures des pays. Cette détérioration porte la dette publique de l'ensemble de la région de 38,9 % du PIB en 2014 à 44,7 % du PIB en 2015.

La baisse des prix du pétrole a allégé les factures énergétiques pour tous les pays de l'UEMOA, tandis que les prix du cacao et des arachides sont restés soutenus, d'où une amélioration de la balance commerciale, notamment de la Côte d'Ivoire, la plus grande économie de la région. Cependant, la forte hausse des importations liées aux investissements publics et à la consommation privée a compensé en partie l'impact de la baisse des factures énergétiques. En conséquence, en 2015, le déficit global des transactions extérieures courantes de la région a atteint 5,6 % du PIB régional, contre 6,1 % l'année précédente, et les réserves internationales brutes sont passées de 4,7 mois d'importations en 2014 à 5 mois.

Les perspectives de croissance à moyen terme restent positives, mais elles sont exposées à des risques considérables. La croissance devrait rester supérieure à 6 %, grâce à la persistance d'une demande intérieure vigoureuse, tandis que l'inflation devrait demeurer modérée. Le déficit budgétaire global devrait diminuer progressivement, tandis que la dette publique totale devrait se stabiliser à un niveau modéré (environ 40 % du PIB). À court terme, les risques sur le plan de la sécurité demeurent élevés. À moyen terme, l'affaiblissement de la croissance dans les pays partenaires, le durcissement des conditions financières mondiales, l'exécution peu soutenue des réformes structurelles et les difficultés rencontrées pour opérer l'assainissement budgétaire prévu pourraient peser sur les perspectives de croissance.

Évaluation par le Conseil d'administration2

Les administrateurs saluent la croissance vigoureuse que la région continue d'enregistrer en dépit de la situation sécuritaire fragile dans certains pays et d'un environnement extérieur moins favorable. Prenant note des risques qui entourent les perspectives, les administrateurs encouragent les autorités à préserver la stabilité macroéconomique et financière en mettant en œuvre des politiques budgétaires nationales et une politique monétaire régionale prudentes et bien coordonnées. Une ferme détermination à poursuivre les réformes structurelles indispensables contribuerait à accélérer la croissance et à mieux en partager les bienfaits.

Les administrateurs soulignent qu'il est essentiel de continuer de mettre en œuvre les plans d'assainissement des finances publiques, tout en élargissant l'espace nécessaire pour satisfaire les besoins de développement, afin de préserver la stabilité macroéconomique et de soutenir la croissance. À cet égard, ils encouragent la Commission de l'UEMOA à aider les pays membres de manière plus résolue sur le plan des réformes budgétaires. Les administrateurs encouragent les autorités à accroître leurs recettes intérieures en élargissant l'assiette de l'impôt et en renforçant l'administration fiscale, ainsi qu'à rationaliser les dépenses courantes, en particulier la masse salariale. Ils appellent aussi à prendre des mesures pour améliorer la gestion des finances publiques et la qualité des dépenses, et à opérer des réformes visant à accroître l'efficience de l'investissement public. En outre, les administrateurs soulignent qu'il importe de continuer de renforcer la gestion de la dette.

Les administrateurs soulignent qu'il est nécessaire d'accroître l'efficacité de la politique monétaire. Ils sont d'avis que les perspectives favorables sur le plan de l'inflation et de la situation macroéconomique constituent une occasion de mettre l'accent sur les réformes visant à améliorer la gestion des liquidités, à développer les marchés financiers et à renforcer les opérations de marché.

Les administrateurs félicitent les autorités des réformes importantes qui ont été opérées pour moderniser le secteur financier et renforcer le contrôle bancaire. Ils soulignent que la stabilité, le développement et l'inclusion financiers sont essentiels pour la croissance, et encouragent les autorités à accélérer le programme de réformes, en particulier la mise en œuvre de Bâle II et de Bâle III, à renforcer le contrôle fondé sur les risques, à aligner les plafonds prudentiels sur les normes et les meilleures pratiques internationales, à appliquer les règles prudentielles existantes pour réduire les prêts improductifs et à éviter l'assouplissement temporaire des contraintes réglementaires. Les administrateurs encouragent aussi à adopter et à mettre en œuvre la stratégie régionale d'inclusion financière.

Les administrateurs soulignent qu'il sera essentiel d'accélérer le rythme des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité et à diversifier l'économie, pour soutenir la dynamique de croissance et réduire la pauvreté. Ils soulignent en particulier qu'il est nécessaire d'améliorer le climat des affaires et de s'attaquer aux inégalités de revenu et de genre.

Les vues exprimées par les administrateurs feront partie des consultations au titre de l'article IV avec les pays membres qui se dérouleront jusqu'au prochain examen des politiques communes de l'UEMOA par le Conseil d'administration.

UEMOA : principaux indicateurs économiques et financiers, 2012--2020

2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020

Est. Proj.

(Variation annuelle en pourcentage)

Revenu national et prix

PIB à prix constants

6.7 6.0 6.3 6.3 6.3 6.6 6.6 6.5 6.4

PIB par habitant à prix constants

3.7 3.2 3.4 3.4 3.4 3.7 3.8 3.6 3.6

Monnaie au sens large/PIB

-3.1 3.5 6.3 2.6 ... ... ... ... ...

Prix à la consommation (moyenne)

2.4 1.3 -0.1 1.0 1.7 1.8 1.9 2.0 2.0

Termes de l'échange

-5.0 -9.0 -0.6 6.9 -0.7 -1.6 -1.3 -1.7 -1.8

Taux de change effectifs nominaux

-2.4 4.3 3.9 -3.9 ... ... ... ... ...

Taux de changes effectifs réels

-2.7 2.8 1.0 -5.5 ... ... ... ... ...

(En pourcentage du PIB)

Comptes nationaux

Épargne nationale brute

15.0 15.5 14.8 16.9 18.2 18.5 19.0 19.2 19.6

Investissement intérieur brut

21.5 23.7 22.7 24.7 25.9 26.6 27.2 27.5 27.8

Dont : investissements publics

5.7 7.3 7.2 7.7 8.3 8.0 8.1 8.1 8.2

(Variations annuelles en pourcentage de la monnaie au sens large en début de période)

Monnaie et crédit 1

Avoirs extérieurs nets

-2.1 -5.3 0.1 -0.2 ... ... ... ... ...

Avoirs intérieurs nets

11.9 15.8 14.6 17.2 ... ... ... ... ...

Monnaie au sens large

9.8 10.5 14.6 17.0 ... ... ... ... ...

Crédit au secteur privé

12.9 16.4 14.3 14.1 12.7 13.5 11.9 13.0 13.8

(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)

Opérations financières de l'État 2

Total des recettes publiques, hors dons

17.5 17.8 17.8 18.2 18.5 18.7 19.1 19.4 19.7

Dépenses publiques

22.6 23.8 23.8 24.3 24.3 24.0 23.9 24.1 24.4

Dons officiels

2.6 3.0 2.7 1.4 1.8 1.9 1.8 1.7 1.9

Solde budgétaire global, y compris dons (base caisse)

-2.5 -3.0 -3.4 -4.6 -4.0 -3.4 -3.0 -2.9 -2.8

Solde budgétaire de base, y compris dons et PPTE

-1.6 -1.4 -1.5 -0.6 -0.4 0.1 0.4 0.3 0.3

Secteur extérieur

Exportations de biens et services 3

26.6 24.3 24.4 25.1 22.7 22.2 22.0 21.6 21.3

Importations de biens et services 3

34.5 35.6 35.7 33.6 31.3 31.2 31.2 30.8 30.3

Solde des transactions courantes, dons exclus 4

-7.3 -9.2 -8.9 -8.3 -8.3 -8.7 -8.8 -8.7 -8.4

Solde des transactions courantes, y compris dons 4

-6.0 -6.8 -6.1 -5.6 -5.8 -6.2 -6.4 -6.4 -6.3

Dette publique extérieure

24.6 24.7 25.2 30.4 30.3 29.7 29.1 28.7 28.3

Dette publique totale

36.5 37.3 38.9 44.7 45.3 44.3 43.2 42.0 41.3

Monnaie au sens large

27.7 28.7 30.5 31.3 ... ... ... ... ...

Postes pour mémoire :

PIB nominal (milliards de franc CFA)

43,380 46,234 49,215 53,150 57,622 62,513 67,927 73,768 80,094

PIB nominal par habitant (dollars)

837 896 928 814 843 895 946 1,003 1,063

Franc CFA/dollar, moyenne

511 494 494 591 ... ... ... ... ...

Ratio de couverture des réserves de change 5

98.4 84.0 77.0 79.2 ... ... ... ... ...

Réserves en mois d'importations (hors importations intra-UEMOA)

5.1 4.5 4.7 5.0 4.8 4.8 4.9 4.9 5.0

Sources FMI, base de données du Département Afrique ; Perspectives de l'économie mondiale ; estimations des services du FMI.

1 Variation sur un an, fin décembre ; pour 2014, fin novembre.

2 Les données budgétaires pour 2014 reflètent une forte hausse du déficit budgétaire du Niger, à cause d'un nouveau projet dans le secteur des hydrocarbures.

3 Hors commerce intra-régional.

4 Les données jusqu'à 2011 sont corrigées de manière à tenir compte des discordances pour le commerce intra-régional (BCEAO).

5Réserves officielles brutes divisées par les passifs intérieurs à court terme (définition du FMI).

1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration.

2 À l'issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés des délibérations du Conseil d'administration à l'adresse : http://www.imf.org/external/np/sec/misc/qualifiers.htm.

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