23 Mars 2016

Egypte: Le chef des droits de l'homme de l'ONU exhorte le pays à mettre fin à la répression des ONG

Photo: UN NEWS
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, s'est dit mercredi très préoccupé par la fermeture de centaines d'organisations de la société civile en Egypte et par les poursuites visant de nombreux défenseurs des droits humains depuis novembre 2014.

« Cela ressemble à une répression contre une partie de la société civile égyptienne et cela doit cesser », a déclaré M. Zeid dans un communiqué de presse.

« Les ONG qui jouent un rôle important dans la documentation des violations et dans le soutien aux victimes verront leurs activités complètement paralysé si cela continue. Cela étouffera les voix de ceux qui plaident en faveur des victimes ».

Jeudi, un tribunal devait se prononcer sur le gel des avoirs ordonné contre deux défenseurs des droits de l'homme : Gamal Eid, un avocat qui dirige le Réseau arabe d'information sur les droits de l'homme, et le journaliste Hossam Bahgat, ancien chef de l'Initiative égyptienne pour les droits individuels.

Les deux hommes sont accusés d'avoir reçu illégalement des fonds d'un montant de 1,5 million de dollars de la part d'un gouvernement étranger.

Les poursuites contre eux font partie d'une affaire qui remonte à 2011, lorsque 43 employés d'ONG internationales ont été accusés de recevoir des fonds d'un gouvernement étranger sans disposer d'une autorisation.

« Tout le monde a le droit de recevoir des fonds pour promouvoir les droit de l'homme par des moyens pacifiques.

Les autorités égyptiennes doivent cesser toutes les poursuites visant les activités légitimes en matière de droits de l'homme et en particulier mettre fin aux affaires contre Hossam Bahgat et Gamal Eid, qui selon les normes internationales n'ont clairement commis aucun crime », a déclaré le Haut-Commissaire.

De nombreuses organisations ont été dissoutes en vertu de la loi égyptienne de 2002 sur les ONG.

Beaucoup d'autres ONG ont également été dissoutes en raison de leurs liens présumés avec les Frères musulmans qui sont considérés comme une organisation terroriste par les tribunaux égyptiens

Parmi les ONG menacées de fermeture il y a des organisations telles que le Centre Nadeem pour la réhabilitation des victimes de la violence, qui était autorisé à mener des activités de défense des droits humains.

Le mois dernier, des fonctionnaires ont dit au personnel qu'en publiant des rapports sur la torture, ils avaient violé leur autorisation, parce que cela était considéré comme une « activité médicale » sans permis.

Des militants des droits de l'homme, des journalistes et des militants politiques ont également été soumis à des interdictions de voyage.

Selon des sources égyptiennes, des centaines de personnes ont été empêchées d'entrer ou de quitter le pays, dans de nombreux cas sans décision judiciaire.

Des restrictions comme celles-ci sont contraires aux obligations de l'Égypte d'assurer la liberté d'association et la liberté d'expression en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Elles violent aussi la Constitution égyptienne.

« Les militants de la société civile égyptienne devraient être félicités pour leurs efforts consacrés à promouvoir les droits de l'homme dans des circonstances difficiles.

Les lois qui imposent des restrictions injustifiées à l'enregistrement des ONG et à leur financement - ainsi qu'à la liberté d'expression et d'association - doivent être modifiées pour créer une atmosphère plus tolérante », a déclaré M. Zeid.

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