24 Mars 2016

Madagascar: Éducation sexuelle - La contraception recommandée aux élèves

La grossesse précoce figure parmi les raisons de l'abandon scolaire. Les élèves seront sensibilisés à lutter contre ce fléau. Des conseils sur les contreceptifs leur seront donnés.

Près de 31% des filles et 22,3% des garçons entre 15 et 24 ans ont eu un rapport sexuel avant l'âge de 15 ans, selon les statistiques du Fonds des Nations Unions pour la Population (FNUAP) en 2013. La grossesse précoce figure parmi les raisons de l'abandon scolaire, sachant que chez les adolescents de 15 à 19 ans qui ont des enfants, 52,7% sont non scolarisés, 31,2% ont achevé l'école primaire et à peine 12,1% ont terminé le secondaire. L'organisation non gouvernementale Marie Stopes Madagascar (MSM) et le ministère de l'Education Nationale (MEN) sont estomaqués par ces statistiques et décident de combiner leurs efforts pour préserver l'avenir des jeunes. Ils ont signé un protocole de partenariat au sein du MEN, hier, pour mettre à la disposition des élèves toutes les informations nécessaires pour se protéger contre la grossesse précoce et les maladies sexuellement transmissibles, dont « la recommandation des méthodes contraceptives aux élèves », selon Lalaina Razafinirinasoa, directeur du MSM.

Cette collaboration s'accomplira par la sensibilisation des élèves dès les classes primaires, ainsi que le renforcement des capacités des enseignants à dispenser des informations sur la sexualité. « Dans les classes primaires, on se limitera à l'enseignement des causes de la grossesse précoce. À partir du secondaire, c'est-à-dire en classe de 6ème et 5e où les jeunes commencent à être tentés par la relation sexuelle, on leur apprendra ce qu'ils pourront utiliser pour éviter les grossesses », rajoute Lalaina Razafinirinasoa.

Réticence

Ces activités vont commencer, en avril, dans les établissements publics des chefs lieux des six ex-Provinces. Les deux partenaires envisagent d'étendre le projet dans 112 autres écoles publiques et même les écoles privées, dans tout Madagascar, jusqu'à l'an 2020. Les établissements catholiques sont réticents à l'égard de ce projet. « Déjà, l'Eglise Catholique conteste la contraception, mais on a aussi un programme scolaire sur l'Éducation à la vie et à l'amour pour encadrer nos jeunes », souligne Alfred Rabenandrasana, animateur et formateur à la Direction nationale des écoles catholiques (DINEC).

Même les médecins sont hésitants. « En tant que spécialiste, je refuse de sensibiliser les adolescents de 13 ans de s'adonner à la contraception. C'est comme leur conseiller d'entrer dans la vie sexuelle. Normalement, le rapport sexuel ne devrait avoir lieu qu'à la majorité. De plus, il y a des contraceptions qui ne devront pas être indiquées aux mineurs, ainsi il faudra toujours consulter un médecin », explique José Randrianarivony, Chirurgien Gynécologue Obstétricien.

La contraception chez les mineurs reste un débat dans notre société. « Il est vrai que des parents interdisent l'utilisation des méthodes contraceptives par leurs enfants, mais si ces derniers sont déjà actifs sexuellement, comment pourra-t-on faire pour éviter les grossesses et les maladies sexuellement transmissibles », conclut Lalaina Razafinirinasoa.

Madagascar

Sortir les enfants des mines de saphirs du sud

Madagascar fournit 40% de la production mondiale de saphirs. La région d'Ilakaka, dans le sud du pays, attire des… Plus »

Copyright © 2016 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.