24 Mars 2016

Sénégal: Fraude sur le tonnage des navires de pêche industriels - Des acteurs de la pêche et de la société civile exigent du gouvernement du Sénégal une réponse immédiate

communiqué de presse

Dakar, le 24 mars 2016 - Une coalition d’acteurs de la pêche et de la société civile, constituée d’associations de pêcheurs artisans, de femmes transformatrices, de mareyeurs, de marins et d’association de défense de l’environnement marin,  a exigé, du Ministre des Pêches et de l’Economie maritime du Sénégal, une réponse immédiate concernant les mesures prises par le gouvernement contre la fraude au tonnage des navires de pêche industriels. Cette interpellation intervient pendant que le processus de renouvellement des licences est en cours et quatre mois après que le Ministre Oumar GUEYE a publiquement déclaré que l’enquête interne sur cette fraude était bouclée.  

La fraude sur le tonnage d’un navire est une pratique illégale dont les conséquences économiques, sociales, financières et écologiques sont énormes. Elle consiste à sous-déclarer la capacité d’un navire de pêche dans le but de contourner la loi afin de bénéficier de privilèges tels que de pêcher dans des zones interdites et de payer des redevances réduites pour la licence.

̎L'absence de réponse, de la part du Ministère, à nos nombreuses interpellations sur la question nous fait craindre que le Ministre n’a pas pris la pleine mesure de la gravité de l’état de nos ressources marines. Vu la situation actuelle de surexploitation de ces dernières et l’absence d’une gestion régionale de nos ressources, nous exigeons que le Ministre intervienne et adopte une approche proactive dans la résolution de ce problème ̎, a déclaré Ahmed DIAMÉ, Chargé de Campagne Océans à Greenpeace Afrique.

Déjà, en 2006, le rapport de l’Audit du pavillon de la flotte de pêche démersale côtière(1), commandité par la Cellule d’Études de Planification (CEP) du Ministère des Pêches et de l’Economie  Maritime, avait soupçonné des fraudes sur le tonnage déclaré de certains navires de pêche ; un soupçon que vient de renforcer récemment une investigation menée par l’ONG Greenpeace et publiée en mai 2015(2).
La situation de la flotte industrielle sénégalaise est très préoccupante.

En fraudant sur leur tonnage, les navires industriels  accèdent aux mêmes zones de pêche que les pêcheurs artisans, installant une concurrence de fait avec les petites pirogues et mettant une pression supplémentaire sur des stocks déjà en déclin. De plus, cette fraude occasionne le non-respect des normes de sécurité dans les navires, du fait que les navires de grand volume sont soumis à des règles sécuritaires plus strictes. Il est urgent que le ministre des pêches prenne des mesures nécessaires pour rectifier cette faute. Garder un silence coupable équivaudrait à légitimer une fraude qui, jusqu’ici, est restée impunie par les prédécesseurs de l’actuel Ministre.

«Compte tenu de la dépendance des populations sénégalaises et ouest-africaines sur les ressources halieutiques et des engagements pris par notre pays au niveau régional et international(3), il urge de renforcer la coopération sous régionale et la transparence dans le secteur de la pêche pour régler  définitivement cette fraude et éviter un effondrement irréversible des stocks de poissons  ̎, a soutenu  Alassane Ba, Secrétaire Général des Défenseurs de la Mer, par ailleurs membre de la Coalition.

Aussi, nous demandons au Président de la République M. Macky Sall de porter le plaidoyer pour la création d’une organisation régionale de gestion des pêches capable de prendre en charge les véritables défis qui interpellent notre région pour une gestion durable de nos ressources marines.

Nous interpellons également les gouvernements européens, russes et asiatiques, dont la flotte de pêche ou des compagnies, opèrent dans la région, à mieux contrôler les pratiques dont certaines nuisent à l’image de pays amis et frères auprès des peuples d’Afrique.

Note de l‘éditeur:

(1) Note sur l’audit de la flotte de pêche démersale côtière et la situation de mise en œuvre de ses recommandations.  http://www.aprapam.org/2015/10/27/fraude-sur-le-tonnage-desnavires/#more-1798

(2) Rapport de Greenpeace Afrique : Arnaque sur les côtes africaines : la face cachée de la pêche chinoise et des sociétés mixtes au Sénégal, en Guinée Bissau en Guinée, mai 2015. http://bit.ly/1Aqneoj

(3) Le Sénégal a ratifié la Convention internationale sur le jaugeage des navires de 1969 depuis le 16 janvier 1997. Celle-ci est entrée en vigueur depuis le 16 avril 1997.

Contacts:

Bakary Coulibaly, chargé de communication Greenpeace Afrique ; email: bkouliba@greenpeace.org ; Tel : +221773336265

Liste des organisations signataires de ce communiqué:   

- Union Nationale des GIE Mareyeurs du Sénégal (UNAGIEMS)  - Plateforme des Acteurs de la Pêche Artisanale (PAPAS)\ - Association des Pêcheurs Actifs de Cayar (APAC) - Conseil des ONG et des OSP de Pêche et Environnement Marin - Association de Pêcheurs et Mareyeurs de Yoff (APMY) - Coalition des Marins Port Autonome de Dakar   - Plateforme des Organisations Professionnelles et Syndicales de Pêche (POPS/ANE) - Les Défenseurs de la Mer - Plateforme Green Marines- Africa - Collectif National des Pêcheurs Artisans du Sénégal (CNPS) - Greenpeace Afrique

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