24 Mars 2016

Cote d'Ivoire: Pro-Gbagbo et pro-ADO, veuillez marquer une pause pour Bassam !

Alors que le pays était confronté à une attaque terroriste, la première de son histoire, les deux clans rivaux de la scène politique ivoirienne se sont adonnés à un spectacle des moins reluisants sur les réseaux sociaux. Comme d'habitude, les uns ont essayé d'accuser les autres de tous les maux. Alors que ni le moment, ni l'occasion encore moins les circonstances n'étaient idoines pour de quelconques guéguerres.

Billet d'opinion, par Rita Dro

Les partisans de l'ex président Laurent Gbagbo et ceux du président actuel, Alassane Ouattara, ne ratent pas une occasion d'étaler leurs différents à la face du monde. Des prétextes, s'ils en manquent, cap est mis sur les évènements d'actualité. Tels des opportunistes, ils profitent de tous les moments heureux et malheureux qui surviennent en Côte d'Ivoire. Pour eux, tout est bon pour enflammer la toile. Tant qu'on peut démontrer que l'adversaire est le diable incarné par des hypothèses aussi farfelues que biscornues.

Le dernier évènement « pain béni » en date : l'attaque terroriste de Grand Bassam. Tout comme ses voisins ouest-africains, Nigéria, Mali et Burkina Faso, la Côte d'Ivoire a décompté ses premières victimes d'AQMI (Al Qaida au Maghreb Islamique. Bilan officiel du carnage : 18 morts et plusieurs dizaines de blessés selon les autorités. Un traumatisme dont le pays peine à se remettre. L'Ivoirien pleure ses morts et n'en revient toujours pas. L'adage africain « ça n'arrive pas qu'aux autres » est en train d'être expérimenté par ce peuple depuis ce dimanche 13 mars 2016.

Récupération, quand tu nous tiens...

Toutefois, ce grand moment d'émotion et de deuil national a été sujet à une récupération politique de la part des deux équipes ennemies de l'arène politico-intellectuelle de Côte d'Ivoire : les pro-Gbagbo et pro-ADO qui ont recommencé à se lancer des piques et accusations mutuelles.

Pour de nombreux partisans de Laurent Gbagbo, cette attaque est venue mettre à nue les failles voilées du système de sécurité du gouvernement Ouattara. En effet, alors que les autorités du pays affichaient une confiance à toute épreuve face à une attaque imminente, elles n'ont pas réussi à empêcher cette attaque qui, selon eux (les pro-Gbagbo), avait fait l'objet de fuites dans les services de renseignement Américains et français qui ont fait suivre l'information aux autorités ivoiriennes.

De leur côté, les soutiens du président Ouattara, tout en mettant en avant la promptitude de la réaction des forces de l'ordre, fustigent le comportement « anti-citoyen » des adversaires, non sans leur lancer quelques invectives inutiles. Ce qui conduit très vite à des débats houleux où les noms d'oiseaux sont prononcés à tout-va. Et pourtant, ils sont tous Bassam.

Et si on en profitait pour se rapprocher ?

Ce dont les fils d'Houphouët-Boigny ont besoin, c'est de s'épauler les uns les autres, avoir une oreille attentive pour son voisin afin d'évacuer cette grosse frayeur. Pour une fois, les « balles verbales » doivent, de part et d'autre, être mises à terre. Au moins pour le respect et la mémoire des victimes. Une chose qui, rappelons-le, a manqué et continue de manquer après la grave crise post-électorale de 2010-2011.

Il serait tellement mieux de chercher à accompagner la vague de solidarité qui s'est emparée des réseaux sociaux. Des mots et hashtags de compassion et de motivation (#JeSuisBassam, #YakoBassam, #MêmePasPeur... ) aux opérations de don de sangs, en passant par des marches silencieuses sur les lieux du drame. Une chanson a même été composée pour montrer l'unité des Ivoiriens dans cette période tragique. Ces initiatives spontanées de la société civile pour la plus part révèlent et relèvent de la vraie nature de l'Ivoirien : quelqu'un qui ne cède jamais face aux difficultés.

Aussi, même si la réconciliation tant recherchée, après plus de deux décennies de crise, peine à être vraiment effective et visible partout, les Ivoiriens devraient profiter de toutes les occasions pour aller à sa quête car « découragement n'est pas Ivoirien ».

Ivoire Justice met en avant des personnes qui ont envie de s'exprimer sur des sujets particuliers ou qui ont simplement des histoires engageantes à raconter. Leurs opinions ne reflètent évidemment pas celles du site Ivoire Justice.

Vous aussi, vous voulez vous exprimer ? Ecrivez-nous par email (contact@ivoirejustice.net), sur Facebook ou sur Twitter !

Cote d'Ivoire

CAN Maracana 2017 - Le Togo éliminé en demi-finale par la Côte d'Ivoire

Le Togo est éliminé ce samedi lors des demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations de Maracana qui se… Plus »

Copyright © 2016 Ivoire Justice. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 800 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.