8 Avril 2016

Rwanda: Alain Juppé continue de nier le Génocide contre les Tutsis

Photo: ONU/John Isaac
Machettes et balles à Gisenyi, au Rwanda, le 26 juillet 1994

Alain Juppé est actuellement Maire de Bordeaux, ancien Premier ministre, ancien ministre des Affaires étrangères avant et pendant le génocide contre les Tutsis et Candidat aux primaires 2016 pour l'élection présidentielle2017 est toujours animé par l'esprit négationniste.

Le Premier Avril 2016, à 5 jours avant la 22e Commémoration du Génocide contre les Tutsis, une date bien calculée, Juppé a lancé un message négationniste sur son compte twitter.

« Faire procès à la France de porter une part de responsabilité dans le génocide au Rwanda est une honte et une falsification historique ».

Ce message a été très mal accueilli au Rwanda surtout dans les milieux des rescapes dans cette période douloureuse car le rôle de la France et de Juppé dans le génocide est de notoriété publique.

L'implication de la France et des dirigeants de l'époque comme Alain Juppé

Le soir du 6 Avril, 1994, vers 20h30, l'avion du Président Juvénal Habyarimana est abattu alors qu'il s'apprêtait à faire atterrissage à l'Aéroport International de Kigali à Kigali.

Alors l'idéologie génocidaire d'Alain Juppé entre en action en coordonnant gouvernement français dans l'établissement d'une intervention militaire. Cette intervention rapide a commencé du 9 au 12 Avril 1994 et fût baptisée « Opération Amaryllis ».

En expliquant la nécessité des commandos français au Rwanda, Alain Juppé était très bien explicite dans son rejet d'une intervention sur l'arrêt du Génocide contre les Tutsis: « La France peut maintenir l'ordre dans le monde entier ?

A-t-elle les moyens et la responsabilité d'arrêter sur toute la planète les gens qui s'entretuent les uns les autres? ».

Ce refus du gouvernement française d'intervenir et d'arrêter les massacres en cours était basé sur une vision ethnique et tribale de l'Afrique en général et du Rwanda en particulier.

Lors d'une réunion confidentielle à l'Elysée, le Premier ministre de l'époque, Edouard Balladur a dit : « ils s'entre-tuent et c'est toujours comme ça! Pourquoi voulez-vous que ça cesse? ».

Collaboration avec le gouvernement génocidaire dit « Abatabazi »

La France était le seul pays à collaborer avec le gouvernement intérimaire du président Théodore Sindikubwabo, bien que le rôle d'organiser et de perpétrer le génocide de ce gouvernement a été bien établi.

Le 27 Avril 1994, trois semaines après le début du génocide, deux émissaires rwandais, Jérôme Bicamumpaka et Jean Bosco Barayagwiza, ont été reçues à Paris à l'Elysée et Matignon, alors que les Etats-Unis et la Belgique avaient refusé de leur donner des visas.

Ils ont eu des entretiens avec de hauts dirigeants français comme le Premier ministre Edouard Balladur, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et Bruno Delaye, chef du bureau de l'Afrique au sein du Bureau du Président de la République.

Barayagwiza était alors le Directeur des affaires politiques et de l'administration au sein du ministère rwandais des Affaires étrangères. Extrémiste Hutu, il était membre du comité de direction de la CDR et membre fondateur de la RTLM, l'instrument de propagande du génocide.

Quant à Jérôme Bicamumpaka, il était membre du pouvoir MDR, et ministre des Affaires étrangères du gouvernement intérimaire. Extrémiste qui ne cessait pas hésiter de diviser les Rwandais avec des mots de haine contre les Tutsis au Conseil de sécurité pour justifier la perpétration du génocide.

Durant leur séjour à Paris, Bicamumpaka et Barayagwiza sont allés à l'ambassade du Rwanda en France. Ils ont chassé l'Ambassadeur Jean-Marie Ndagijimana simplement car il n'était pas Hutu. Ils l'ont remplacé par le Chargé d'Affaires, Martin Ukobizaba, très extrémiste. Ils ont été tous condamnés par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda sur le génocide.

Mais à un moment donné, certains responsables français ont commencé à reconnaître la réalité du génocide. Et Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères, l'a reconnu le 16 mai 1994.

Le 10 Juin 1994, Alain Juppé, répondant aux journalistes si la France allait intervenir au Rwanda, il a répondu: « Pour aller faire quoi là-bas? Mille cinq cents hommes ne parviennent pas à arrêter les massacres, d'autant plus que le FPR nous rejette ».

Le même jour, le 10 Juin 1994, plusieurs médias français ont régulièrement signalé les massacres des enfants tutsis logés dans un orphelinat de Kigali dirigé par le père Blanchard, un citoyen français. Le 14 Juin, le père Blanchard, a animé une conférence de presse avec toutes les grandes chaînes de radio et de télévision françaises. Il a décrit les atrocités que les Interahamwe ont exercées aux enfants de son orphelinat.

Le projet du président Mitterrand d'intervention à Kigali lui-même était de diviser le pays et la ville de Kigali en deux afin de permettre une reconquête du terrain perdu par les Forces Armées Rwandaises (FAR).

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