8 Avril 2016

Cote d'Ivoire: Affaire "Braquage de la BCEAO"/ Pr. Aké N'Gbo, ex-Premier ministre - "Je me tiens devant votre tribunal pour avoir servi mon pays"

Photo: OQA
BCEAO- Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest

Le procès intenté par le régime Ouattara contre Laurent Gbagbo, son ancien Premier ministre et deux autres membres de son dernier gouvernement, dans l'affaire "braquage de la Bceao", est entré dans sa phase décisive, avec la plaidoirie-vérité de la défense, mardi dernier, dans la grande salle de la Cour d'appel d'Abidjan-Plateau.

"J'ai accepté de servir la République, l'Etat de Côte d'Ivoire. Je me tiens devant votre tribunal pour avoir servi la Côte d'Ivoire... j'ai réfléchi sur les relations entre la justice et la société... J'ai été nommé Premier ministre selon les procédures.

Je ne suis d'aucun parti politique... J'ai voulu servir mon pays, aujourd'hui, on nous accuse... C'est pour soulager les Ivoiriens. Je n'ai jamais cherché à voler, ni à détruire des biens. J'ai été loyal. Il y a lieu de me déclarer non coupable".

Ce sont là, quelques extraits de la déclaration du Pr. Aké N'gbo Gilbert Marie, mardi, devant le tribunal d'Abidjan-Plateau.

Le Premier ministre du dernier gouvernement du président Laurent Gbagbo était appelé à la barre pour se défendre, après la longue plaidoirie de son Conseil, dans la grande salle d'audience de la Cour d'Appel d'Abidjan-Plateau abritant le procès de l'affaire "braquage de la Bceao" mise en délibéré pour être vidée le 25 avril prochain. Il était 20h 30.

Mais avant le Pr. Aké N'gbo, pour les mêmes raisons, le juge-président Ahmed Souleymane Coulibaly a fait venir devant lui, l'ex-ministre de Gbagbo, Désiré Dallo Laurent. "J'ai accepté d'être ministre de l'Economie et des Finances parce que je voulais servir mon pays.

Et ma nomination répond à l'ordonnancement juridique de mon pays. Je ne pouvais pas me dérober. Il fallait que les 140 mille fonctionnaires soient payés. Etant entendu que les comptes du trésor sont logés à la Bceao...

J'ai respecté la Constitution", a plaidé l'illustre prévenu. Comme pour dire que le décret de réquisition de l'Agence nationale de la Bceao et des banques commerciales pris par le président Gbagbo en janvier 2011 pour assurer la continuité du service public après la fermeture unilatérale des banques sur des bases politiques, s'est effectué dans les règles de l'art. Et qu'il y a lieu de le relaxé. Purement et simplement.

Devant le tribunal correctionnel, Laurent Gbagbo et ses trois anciens ministres dont son ancien ministre du Budget, Justin Katinan Koné, sont inculpés de vol en réunion, à mains armées avec effraction, détournement de deniers publics et complicité.

A eux, il faut ajouter six huissiers de justice commis par le pouvoir d'alors pour faire un inventaire. Cela dès la prise de possession des locaux. Puis, un état descriptif en présence des autorités de la Bceao, selon l'article 2 dudit décret.

L'observation de ces procédures n'a pas empêché le régime Ouattara d'actionner le procureur pour engager des poursuites judiciaires contre les dignitaires de l'ancien régime.

S'agissant des faits allégués et poursuivis, il est retenu, en définitive, la seule charge de complicité contre Laurent Gbagbo, Aké N'gbo et Désiré Dallo.

Par contre, les charges précitées dans leur entièreté sont retenues contre l'ancien ministre du Budget accusé par le ministère public d'être sorti des caveaux de la Bceao avec des numéraires de plus d'un milliard de FCfa.

Lors de la plaidoirie de la défense dans la nuit du mardi, les avocats ont soulevé l'exception liée à la compétence d'attribution pour amener le tribunal à se déclarer incompétent. Le jugement d'ancien chef d'Etat ou d'anciens ministres étant, au regard de la loi fondamentale, du ressort de la Haute Cour de justice.

Au nom des procédures de fonctionnement du tribunal, Ahmed Souleymane Coulibaly a laissé continuer les plaidoiries qui, au niveau de la défense, ont recommandé la relaxe pure et simple des prévenus pour délits non constitués.

Pour ce faire, Me Félix Bobré et ses confrères ont visé l'article 104 du code pénal. Cet article stipule qu'il n'y a pas d'infraction lorsque les faits sont commis pour préserver d'un danger grave et imminent la vie, l'intégrité corporelle, la liberté ou le patrimoine de l'auteur de l'acte ou d'un tiers...

Pour les avocats de la défense, qui ont malmené leurs confrères de la partie civile (Etat) à court d'arguments, s'il n'y a pas de vol, il ne saurait avoir de complicité.

Et de viser l'article 392 du code pénal indiquant que quiconque soustrait frauduleusement une chose qui ne lui appartient pas est coupable de vol.

Les avocats de la Sotra et de la Sib étaient à ce procès pour évoquer les préjudices qu'ils ont subis.

Si la Sib s'est montrée précise en indiquant que sa fermeture lui a causé un préjudice de 4 milliards FCFA, ce n'est pas le cas pour l'avocat de la Sotra, resté évasif. Malgré les interpellations de la défense.

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