11 Mai 2016

Mauritanie: Le Conseil d'administration du FMI conclut les consultations de 2016 au titre de l'article IV avec la République Islamique de Mauritanie

document

Le 25 avril 2016, le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les consultations au titre de l'article IV avec la République Islamique de Mauritanie1

Le paysage économique mondial s'est détérioré depuis les consultations de 2014 et la Mauritanie continue de faire face à une dégradation de ses termes de l'échange en raison de la baisse des prix internationaux des métaux. Initialement, les autorités ont cherché à soutenir l'activité économique à l'aide de mesures contra-cycliques en utilisant les amortisseurs budgétaires et extérieurs accumulés pendant les années de hausse des prix des métaux.

À mesure que le choc sur les termes de l'échange était de plus en plus perçu comme étant durable, les autorités ont commencé à ajuster leur politique budgétaire et leur politique de change, en cherchant notamment à accroître les recettes et à maîtriser les dépenses courantes, ainsi qu'en laissant la monnaie se déprécier en valeur nominale. La croissance s'est décélérée pour se situer à environ 2 % en 2015 en raison de la baisse de l'activité minière et du ralentissement de l'activité dans la construction et la pêche à cause d'effets de base, et devrait rebondir à 4,1 % en 2016.

Le ralentissement de la croissance économique en 2015 s'est accompagné par une diminution de l'inflation à 0,5 % du fait de la baisse des prix internationaux et de l'appréciation réelle de la monnaie. La diminution de la demande intérieure et des prix à l'importation ont entraîné une amélioration du déficit des transactions extérieures courantes, qui est resté, toutefois, élevé à 19 % du PIB. La couverture des réserves est passée à 7,7 mois des importations hors industries extractives grâce à des financements extérieurs.

Le déficit budgétaire (hors dons) s'est détérioré en dépit d'une augmentation des recettes qui s'explique principalement par l'absence d'ajustement des prix intérieurs de l'énergie à la baisse des prix internationaux du pétrole, ainsi que par une certaine modération des dépenses courantes. La dette publique, atteignait 93 % du PIB fin 2015 (incluant une dette passive bilatérale estimé à 20,9 % du PIB à fin 2015), les autorités ayant emprunté pour financer des projets d'investissements prioritaires et renforcer les réserves. Le ratio du service de la dette par rapport aux revenus est demeuré à 10,3 %, étant donné que la dette publique est contractée principalement à des conditions concessionnelles. Avec le ralentissement économique, les ratios de liquidité ont baissé, mais le système bancaire est resté, dans l'ensemble, liquide.

Alors qu'un rebondissement de la croissance du PIB réel à 4,1 % est projeté a attendre en 2016 en raison de l'augmentation de la production de minerai de fer grâce à une nouvelle mine, la croissance du PIB hors industries extractives devrait rester modérée et est projeté a rebondir a 4 percent en 2018. La faiblesse de l'activité économique, conjuguée à la faiblesse du marché interbancaire et à la forte concentration du portefeuille de dépôt et de crédit, pourrait compromettre la capacité du secteur financier à octroyer le crédit vers l'activité du secteur privé, ce qui freinerait les efforts déployés pour diversifier et consolider la croissance économique.

À moyen terme, les services du FMI prévoient que le déficit des transactions extérieures courantes restera supérieur à 10 % du PIB en dépit de l'augmentation des exportations hors industries extractives liée aux efforts a promouvoir la diversification économique, laquelle entraînerait également une hausse de l'investissement direct étranger. Sous l'hypothèse de l'annulation de la dette passive bilatérale à fin 2016, la dette extérieure devrait culminer à 79 % du PIB d'ici 2018 tandis que les autorités maintiennent leurs dépenses d'investissement ; la dette publique devrait atteindre presque 81 % d'ici 2021et le ratio du service du service de la dette para rapport aux revenus augmenterait à 22 % sur le moyen terme. À politiques courantes, les réserves internationales brutes devraient tomber en-dessous de l'objectif des autorités de trois mois d'importations (hors industries extractives), d'ici 2020.

Les perspectives économiques sont sujettes à des risques principalement baissiers et l'économie reste vulnérable aux chocs extérieurs. La Mauritanie est vulnérable à des prix du pétrole plus élevés que prévu et/ou à des prix plus bas pour le minerai de fer, à une détérioration de la sécurité régionale et à des risques liés à l'implémentation de la politique économique intérieure. Ces facteurs pourraient réduire le potentiel de croissance à moyen terme. Du côté positif, un rebond des prix du minerai de fer, une expansion des capacités de production d'or et une accélération de l'exploration gazière liée aux découvertes de la société Kosmos entraîneraient une amélioration des perspectives économiques.

Évaluation par le Conseil d'Administration2

Les administrateurs saluent les mesures prises par les autorités pour consolider la stabilité macroéconomique face à une détérioration sensible et persistante des termes de l'échange. Étant donné l'incertitude croissante à l'échelle mondiale, les administrateurs encouragent les autorités à rester vigilantes et à redoubler d'efforts pour mettre la dette publique sur une trajectoire baissière, consolider la stabilité extérieure et redynamiser les réformes structurelles afin de promouvoir la diversification de l'économie et de mieux partager les bienfaits de la croissance.

Les administrateurs notent avec satisfaction l'ajustement graduel du taux de change nominal depuis septembre 2014. Ils notent que le déficit des transactions extérieures courantes reste élevé et conviennent que la flexibilité continue du taux de change, conjuguée à un assainissement des finances publiques et à des réformes structurelles, permettrait un ajustement plus graduel aux fondamentaux et d'améliorer la stabilité extérieure en rendant l'économie plus résiliente aux chocs. Il serait important de renforcer le cadre de politique monétaire et de réformer le marché des changes pour favoriser une plus grande flexibilité du taux de change. Les administrateurs encouragent les autorités à éliminer dès que possible la restriction de change visée à l'article VIII des Statuts du FMI.

Les administrateurs saluent la détermination des autorités à poursuivre l'assainissement des finances publiques en accroissant les recettes hors industries extractives et en limitant les dépenses courantes, tout en préservant l'investissement dans les infrastructures. Ils jugent nécessaire de procéder à un ajustement supplémentaire pour orienter la dette à la baisse à moyen terme, tout en préservant la croissance. À cet égard, ils sont favorables à la poursuite de l'élargissement de l'assiette de l'impôt, à la rationalisation des exonérations fiscales et des subventions, tout en protégeant les dépenses sociales, ainsi qu'à la mise en œuvre de la réforme de la fonction publique. Ils soulignent aussi qu'il est nécessaire d'améliorer la gestion des finances publiques et de la dette, ainsi que de veiller à sélectionner et à suivre rigoureusement les investissements publics. Ils attendent avec intérêt la loi organique de finances et le programme de restructuration des institutions et des entreprises publiques. Ils recommandent de renforcer le cadre budgétaire à terme, notamment en ce qui concerne la gestion des ressources extractives.

Les administrateurs soulignent qu'il est nécessaire de préserver la stabilité financière. Ils attendent avec intérêt les nouvelles lois sur les banques et la banque centrale, qui renforceront le dispositif prudentiel et le dispositif de résolution bancaire, ainsi que l'indépendance opérationnelle de la banque centrale, conformément aux recommandations du PESF. Ils encouragent les autorités à renforcer le contrôle et le respect des réglementations, en particulier pour ce qui est des risques de liquidité, de change, de concentration et de parties apparentées.

Les administrateurs notent que, étant donné la détérioration des termes de l'échange, il est d'autant plus urgent de diversifier l'économie, d'accroître la productivité et de promouvoir une croissance plus inclusive. Ils saluent les progrès des autorités dans l'amélioration du climat des affaires, ainsi que de la promotion de l'investissement privé et de l'investissement direct étranger, et soulignent l'importance de poursuivre les efforts pour améliorer la gouvernance, accroître la qualité de l'éducation et de la formation, et faciliter l'accès au crédit.

Mauritanie: Principaux Indicateurs Economiques, 2012-17

2012 2013 2014 2015 2016 2017

Est. Est. Est. Proj.

(En pourcentage; sauf indication contraire)

Revenu national et prix

PIB à prix constants

5.8 6.4 6.6 1.9 4.1 3.9

PIB hors industries extractives extractive industries at constant prices

7.3 8.0 6.6 3.1 2.9 3.3

Déflateur du PIB

1.0 0.3 -9.4 -5.5 -1.6 0.6

Indice des prix à la consommation (moyenne)

4.9 4.1 3.8 0.5 3.8 4.9

Secteur extérieur

Termes de l'échange

-14.6 34.2 -23.4 -16.4 -6.1 -6.1

Solde des transactions courantes (en pourcentage du PIB)

-24.2 -22.6 -27.7 -19.3 -13.6 -15.8

Réserves off. brutes (millions $) 1/

En millions de $

961.9 996.4 639.1 821.3 659.5 563.6

En mois d'importations de l'année suivante hors industries extractives

6.8 5.9 5.3 7.7 5.9 5.1

Dette extérieure contractée ou garantie par l'État (en % du PIB)

68.1 63.5 74.0 87.6 70.2 76.3

Monnaie

Monnaie et quasi-monnaie (var. %)

10.5 13.6 8.6 0.4 3.5 6.0

Crédit au secteur privé (var. %)

14.6 11.1 11.2 9.7 1.4 4.4

Investissement et épargne

Investissement brut

58.8 52.4 49.6 35.6 30.9 30.6

Épargne brute

35.1 29.8 21.9 16.2 17.3 14.8

(En pourcentage du PIB hors industries extractives; sauf indication contraire)

Opérations administration centrale

Recettes totales et dons

26.9 33.6 30.2 31.7 31.8 31.1

Recettes hors industries extractives

21.0 22.4 21.8 26.9 29.4 28.8

Dépenses et prêts nets

37.6 34.7 34.2 35.4 33.9 33.9

Solde global hors dons

-2.8 -2.0 -4.1 -5.6 -3.2 -3.5

Solde global hors dons (en percentage du PIB)

-2.1 -1.5 -3.6 -5.3 -3.1 -3.4

Dette du secteur public (% du PIB) 2/

73.5 67.8 80.4 93.3 75.7 82.4

Pour mémoire :

PIB nominal (milliards UM)

1,551.7 1,655.6 1,599.0 1,539.2 1,577.5 1,648.6

PIB nominal (millions $)

5,225.5 5,588.5 5,300.4 4,752.2 4,541.3 4,520.1

Prix du pétrole ($/baril)

105.0 104.1 96.2 50.8 34.8 41.0

Prix du minerai de fer ($/tonne)

128.5 135.4 96.8 55.2 42.4 35.5

Sources : autorités mauritaniennes; estimations et projections des services du FMI.

1/ Hors compte pétrolier.

2/ Il est supposé qu'un allégement de la dette PPTE-IADM sera obtenu de la part du Koweït en 2016.

1 Conformément à l'Article IV de ses statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d'administration.

2 À l'issue des délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. On trouvera une explication des termes convenus utilisés communément dans les résumés du Conseil d'administration à l'adresse suivante : http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.

Mauritanie

Le Président de la République participe au sommet " One Planet Summit" à Paris

Les travaux du sommet "One Planet Sommit" ont débuté mardi à Paris avec la participation du… Plus »

Copyright © 2016 International Monetary Fund. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 900 articles par jour provenant de plus de 140 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.