12 Mai 2016

Mali: Commémoration - Amadou Hampaté Bâ, 25 ans après sa mort

Photo: Malem Auder
Membre du Conseil exécutif de l'Unesco de 1962 à 1970, il y lance son appel, « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle », une formule devenue proverbiale1.

Né en 1901 à Bandiagara au Mali, originaire d'une famille aristocratique peule, Amadou Hampaté Bâ est mort le 15 mai 1991 à Abidjan, en Côte-d'Ivoire.

Le 15 mai 2016, il y a 25 ans jour pour jour que disparaissait l'écrivain. L'homme qui a marqué la littérature d'Afrique noire et du monde. Ses œuvres restent un repère pour la jeunesse du continent notamment, l'Etrange destin de Wangrin, Contes des sages d'Afrique, La parole, Mémoire vivante de l'Afrique, Oui mon commandant.

Bien que mort, le monde se souvient toujours de lui à travers ce qu'il a laissé comme héritage littéraire. Ne dit-on pas que, chaque fois qu'un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle?

Conteur, écrivain et ethnologue, Amadou Hampaté Bâ a été formé dès son jeune âge à la tradition orale, il a consacré un démi-siècle à illustrer et à défendre la bibliothèque de ses ancêtres sous tous ses aspects. Sa collecte des traditions orales était surtout motivée par le désir de permettre leur large diffusion et leur juste exploitation pour qu'elle survive pour les générations futures.

Auteur de récits initiatiques, de textes historiques, biographiques et philosophiques, de romans et de mémoires, l'écrivain a été le premier auteur de la littérature écrite en Afrique noire, le premier africain également à témoigner du quotidien de l'administration coloniale qu'il a servie pendant près de 20 ans, le premier aussi à se soucier de la collecte des richesses du patrimoine oral du continent.

Fonctionnaire colonial, Amadou Hampaté Bâ a travaillé comme chercheur au sein de l'Institut français de l'Afrique noire (Ifan) fondé par Théodore Monod où il a réussi à s'imposer comme ethnologue et historien, ceci grâce à ses travaux pionniers dans le domaine de la tradition orale africaine. Les récits de vie, les instantanés saisis au quotidien entre indigènes et administration accordent à ses écrits une valeur mémorielle qui situe son œuvre très à part dans la production littéraire africaine.

Il a écrit avant qu'il ne meurt une lettre qu'il a dédiée à « La Jeunesse », pleine de force et de vigueur dans laquelle ce dernier livre ses derniers engagements, son combat pour le multiculturalisme et la paix. « Soyez au service de la vie sous tous les aspects », disait-il. Une belle leçon de vie, chargée d'espoir à l'heure où le Mali se déchire de nouveau. Amadou Hampaté Bâ a obtenu en 1991, le Grand prix littéraire d'Afrique noire.

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