23 Mai 2016

Afrique: Assemblées annuelles de la BAD - L'accent sera mis sur l'énergie

Photo: AfDB
High-level event on “Africa’s Energy: What’s the New Deal?” during the 51st AfDB Annual Meetings in Lusaka.

Les assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD) démarrent, mardi 24 mai, à Lusaka, en Zambie.

Plusieurs chefs d'Etat et ministres sont attendus pour prendre part à l'un des plus importants sommets économiques africains. Parmi eux, Idriss Déby, président du Tchad et de l'Union africaine, fera le déplacement. Il s'agit des premières assemblées du nouveau président, Akinwumi Adesina, élu en mai dernier à la tête de la BAD. L'accès à l'électricité sera au cœur des discussions qui vont durer quatre jours. Un thème sur lequel Akinwumi Adesina a misé beaucoup, en lançant cette année son « New deal pour l'énergie en Afrique ».

Le « New Deal pour l'énergie en Afrique » est le chantier majeur lancé par Akinwumi Adesina. Il s'agit d'une plateforme de partenariats publics et privés pour financer des projets énergétiques dont l'objectif est de permettre l'accès universel du continent à l'électricité d'ici 2025.

Un projet ambitieux quand on sait que près de 650 millions d'Africains ne sont toujours pas raccordés à l'électricité. Plus grave, le retard pris par le continent, en terme d'électrification, continue d'augmenter. D'après le Panel pour le progrès en Afrique dirigé par Koffi Annan, il y a quinze ans, la consommation africaine d'électricité représentait 30% de celle en Asie. Aujourd'hui, ce sont seulement 24%.

Pour arriver à ses fins, Akinwumi Adesina espère mobiliser, grâce son New Deal, 40 à 70 milliards de dollars d'investissements africains mais aussi internationaux. C'est trois fois ce qui a été mobilisé en 2014, par exemple.

C'est un coup d'accélérateur important mais encore insuffisant pour atteindre l'accès universel à l'électricité d'ici 2025. D'après le Panel pour le progrès en Afrique, au rythme actuel, cet objectif ne sera réalisable qu'en 2080.

Cela a notamment été l'occasion d'évoquer la question du projet du barrage de Grand Inga sur le fleuve Congo, illustration d'un potentiel bien présent mais de blocages politiques toujours grands.

Le barrage de Grand Inga a la potentialité de 44 000 mégawatts pour l'électricité. Si on fait le Grand Inga, les problèmes sont réglés. Il faut travailler ensemble pour débloquer cette potentialité.

Des jeunes en difficulté

Dès ce lundi 23 mai, des groupes de travail ont été mis en place pour discuter notamment de la place des jeunes et des femmes sur le marché de l'emploi.

L'Afrique est le continent le plus jeune au monde. D'après les Nations unies, près de 200 millions d'Africains sont âgés entre 15 et 24 ans. Un jeune sur cinq est au chômage. Pourtant, le continent progresse.

Sa croissance tourne autour des 5% et fait rêver la vieille Europe mais ce développement économique ne profite pas à la jeunesse africaine. Le manque de formation professionnelle ou encore les difficultés d'accès au crédit laissent les jeunes sur le bas-côté du développement africain.

Des femmes marginalisées

La situation est la même pour les femmes, toujours marginalisées sur le marché de l'emploi. Pourtant, elles contribuent largement à la productivité du continent, notamment dans le secteur agricole.

Et c'est bien sur le secteur agricole que la BAD recommande de se pencher. Premier pourvoyeur d'emplois de tout le continent, l'institution compte sur le développement d'une réelle agro-industrie pour offrir des opportunités d'emplois aux jeunes et aux femmes.

Le secteur jouit d'un regain d'attention de la part des dirigeants, depuis les émeutes de la faim de 2008, mais encore faut-il que les investissements suivent. D'après la Banque mondiale, le secteur agricole est loin d'être la priorité des investisseurs étrangers qui préfèrent les ressources minières ou les infrastructures.

Le changement climatique

Le nouveau président élu à la tête de la Banque africaine de développement en a également profiter pour revenir sur les engagements de l'institution pour lutter contre le changement climatique en Afrique, six mois après la COP 21 où la communauté internationale s'est engagée à fournir 100 milliards de dollars par an aux pays du Sud à cet effet.

« On va tripler notre financement pour le climat à 5 milliards de dollars par an d'ici 2020. Deuxièmement, il y a quelques semaines je suis passé dans quelques pays et j'ai vu des pays très frappés par les problèmes de El Nino, de sécheresse, d'inondations... Cela veut dire que c'est l'Afrique qui souffre. La BAD va donner un financement de 549 millions de dollars pour aider les pays à combler cette situation », a-t-il promis.

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