27 Mai 2016

Afrique: Déclaration de la mission des services du FMI Après une visite en République Centrafricaine

Photo: UNICEF/UN08040/Le Du
Dans l’enclave musulmane de PK5 à Bangui, en République centrafricaine, une petite fille dans l’école de Koudougou.
document

Les communiqués de presse de fin de mission contiennent des déclarations des équipes des services du FMI qui rendent compte de conclusions préliminaires après un séjour dans le pays. Les avis exprimés dans la présente déclaration sont ceux des services du FMI et ne correspondent pas nécessairement à ceux du Conseil d'administration du FMI. À partir des conclusions préliminaires de cette mission, les services du FMI prépareront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la Direction, sera présenté au Conseil d'administration pour examen et décision.

Une équipe des services du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Samir Jahjah a séjourné à Bangui du 17 au 27 mai 2016 dans le cadre des consultations au titre de l'Article IV. La mission s'est en outre entendue avec les autorités sur un programme économique pouvant être appuyé par un arrangement triennal au titre de la facilité élargie de crédit (FEC),1 sous réserve de l'approbation de la Direction Générale et du Conseil d'administration du FMI. Le niveau d'accès proposé dans le cadre de cet accord pourrait totaliser 83,55 millions de DTS, soit l'équivalent de 68 milliards de francs FCA ou 75 % de la quote-part du pays au sein du FMI. Le Conseil d'administration du FMI devrait en principe examiner le dossier en juillet 2016.

Au terme de la mission, M. Jahjah a rendu publique la déclaration suivante :

«L'équipe des services du FMI et les autorités centrafricaines ont tenu des entretiens relatifs aux consultations, longtemps différées, au titre de l'article IV.2 Ces échanges ont été centrés sur les politiques économiques et les réformes structurelles nécessaires pour remettre l'économie sur la voie d'une croissance durable et inclusive, améliorer la compétitivité, et promouvoir une bonne gouvernance, après la longue crise politique et humanitaire qui a éclaté en 2012.

«Le gouvernement de transition en place en 2014-15 a mis en œuvre un programme d'urgence destiné à rétablir la sécurité, les fonctions de base de l'État et la discipline budgétaire et à reconstruire les capacités administratives.

«En 2015, l'économie a enregistré une reprise et les objectifs budgétaires ont été atteints. Le taux de croissance du PIB réel est estimé à 4,8 %, résultat d'un rebond de la production agricole, et d'un redémarrage des activités dans la construction, le commerce et les services. Le taux d'inflation s'est situé en moyenne à 4,5 % grâce à la baisse des prix à l'importation et à l'amélioration de la sécurité des convois empruntant le corridor Douala-Bangui. Grâce à la bonne mise en œuvre des réformes de l'administration fiscalo-douanière et à un niveau de dépenses inférieur aux montants prévus, le déficit budgétaire primaire, qui était de 5,1 % du PIB en 2014, a été ramené à 3 % 2015.

«En dépit des efforts louables déployés dans des conditions difficiles, la situation sécuritaire demeure fragile, la reprise économique lente et les recettes intérieures globalement insuffisantes pour couvrir les salaires, les pensions et les autres dépenses prioritaires. De profondes rigidités structurelles continuent de brider l'économie et font obstacle à une reprise durable.

«Les défis à relever sont énormes et les attentes nombreuses. Le gouvernement nouvellement élu aura pour tâche délicate de concilier une discipline budgétaire durable avec une augmentation des dépenses sociales et une reprise des investissements publics. Pour autant que la situation sécuritaire continue de s'améliorer et que l'on réussisse à réintégrer les anciens combattants au sein de la société, les perspectives économiques à moyen terme seront favorables. Le taux de croissance économique devrait atteindre 5,2 % en 2016, et se situer ensuite à une moyenne annuelle de 5,7 % sur la période 2016-21, grâce à l'élimination progressive des rigidités structurelles et à la reconstruction des infrastructures. L'inflation devrait reculer pour s'aligner sur le critère de convergence de la CEMAC de 3 %. Une diminution graduelle du déficit budgétaire et le remboursement progressif des arriérés intérieurs contribueront à réduire sensiblement la dette publique pour la ramener à environ 25 % du PIB en 2021, contre 48,5 % en 2015. Cependant, le déficit du compte courant de la balance des paiements devrait rester relativement élevé, en moyenne à environ 9 % du PIB sur le moyen terme, en raison des considérables besoins de reconstruction.

«La mission du FMI s'est entendue avec les autorités sur un large éventail de politiques économiques et financières qui pourraient recevoir l'appui d'un arrangement triennal au titre de la FEC. Les recettes se situant à un niveau historiquement faible, les engagements au titre du programme insisteront particulièrement sur les réformes de l'administration fiscale et douanière et sur les réformes du système fiscal afin de mobiliser plus de ressources intérieures, réduire, à moyen terme, la dépendance à l'égard de l'aide et accroître les dépenses prioritaires.

«Un autre volet important des réformes concernera des politiques destinées à améliorer la gestion des finances publiques, y compris du Trésor, afin de rétablir le contrôle et la transparence dans l'exécution du budget. En outre, une meilleure maîtrise de la masse salariale permettrait d'opérer de nouveaux recrutements dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Le programme de réformes structurelles des autorités prévoit également des mesures visant à élargir l'intermédiation bancaire, améliorer le climat des affaires, combattre la corruption et renforcer les capacités.

«Les autorités ont enregistré des progrès dans leurs efforts destinés à confirmer les assurances de financement de la part des principaux bailleurs de fonds bilatéraux et des autres institutions multilatérales pour les 12 mois à venir. Pour couvrir les besoins en financement pour les années suivantes, les autorités entendent organiser une conférence de bailleurs de fonds à Bruxelles en novembre 2016.Cette dernière permettra de mobiliser des ressources supplémentaires, notamment pour soutenir des réformes vitales dans le secteur de la sécurité».

La mission a eu des entretiens avec le Président de la République, M. Touadera, le Premier Ministre, M. Sarandji, le Ministre des Finances et du Budget, M. Dondra, le Ministre de l'Économie, du Plan et de la Coopération, M. Moloua, le Ministre de la Défense, M. Yakete, et plusieurs autres ministres chargés des secteurs économiques, le Directeur national de la BEAC, M. Chaibou, le Président de l'Assemblée nationale et des responsables du Parlement, des hauts représentants du gouvernement et de la BEAC,et des représentants du secteur financier, du secteur privé, de la société civile, des ONG et des partenaires techniques et financiers. La mission tient à remercier les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, leur excellente collaboration et la grande qualité des échanges.

1 Les accords au titre de la FEC sont des accords de prêt qui apportent un accompagnement soutenu sous la forme d'un programme à moyen ou à long terme dans les cas de problèmes persistants de balance des paiements.

2 Les dernières consultations au titre de l'article IV ont eu lieu en 2012.

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