13 Juin 2016

Afrique de l'Est: L'ombre de la guerre entre l'Erythrée et l'Ethiopie

Photo: ONU/Mark Garten
Le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

L'Erythrée accuse l'Ethiopie de l'avoir attaquée. Ce qui ravive le souvenir d'une guerre de plusieurs décennies. Si un conflit ouvert devait reprendre, il aurait une incidence sur les pays alliés des belligérants.

Le calme est revenu à Tsorona, à la frontière entre l'Erythrée et l'Ethiopie après une journée mouvementée hier. L'Erythrée affirme que l'Ethiopie l'a attaquée, sur le front de Tsorona. Cette localité fait partie des zones que les deux pays se disputent. Ce nouveau regain de tension rappelle de mauvais souvenirs : les deux Etats se sont livré une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts, à la fin des années 1990.

Des combats violents

Les combats d'hier étaient les plus violents enregistrés entre les deux pays ces dernières années. C'est ce qu'affirme aujourd'hui le gouvernement d'Addis Abeba qui parle de dégâts importants dans les deux camps. Le porte-parole du gouvernement éthiopien, Getachew Reda insiste qu'il y a quand-même eu plus de dégâts du côté de l'Erythée. Au lendemain des faits, des militants d'opposition érythréens appellent à la retenue pour éviter à tout prix une nouvelle guerre ouverte entre les deux pays qui se sont combattus pendant des années.

Rappel de l'histoire du conflit

L'Erythrée a lutté pendant près de trois décennies pour obtenir son indépendance de l'Ethiopie, finalement scellée en 1993. Deux ans plus tôt, le Front populaire de libération de l'Érythrée prend le pouvoir à Asmara et contribue au renversement de la dictature de Mengistu en Ethiopie. Et pendant plusieurs années, les deux gouvernements fonctionnent en bonne intelligence.

Mais une nouvelle guerre est déclenchée en 1998, sur fond de désaccords sur les taux de change et concernant l'accès de l'Ethiopie aux ports érythréens. En deux ans, ce conflit fait entre 70 000 et 100 000 morts d'après des chiffres officiels. Un accord de paix est signé à Alger sous l'égide de la communauté internationale en 2000 mais il vole en éclats en 2008.

Deux régimes autoritaires

Entre-temps, les deux régimes en place ont renforcé leur autoritarisme. La semaine dernière, une commission d'enquête de l'ONU a ainsi accusé le régime érythréen de crimes contre l'humanité à grande échelle, et recommandé que la CPI soit chargée du dossier.

La frontière entre les deux pays est constamment surveillée par les deux Etats qu'oppose toujours un contentieux frontalier. Ainsi, le village emblématique de Badme a été attribué à l'Erythrée par une commission chapeautée par l'ONU, mais l'Ethiopie continue de l'occuper.

Une guerre par procuration en Somalie

L'Erythrée et l'Ethiopie se sont affrontées ces dernières années par Somalie interposée. Outre les craintes des populations civiles qui espèrent ne pas voir revenir un conflit ouvert entre Addis Abeba et Asmara, une nouvelle guerre risquerait d'avoir de grosses incidences sur les pays de la sous-régions alliés à l'un ou l'autre des deux Etats belligérants : les deux Soudan, la Libye ou même le Tchad.

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