5 Juillet 2016

Zimbabwe: Dr. Walter Mzembi (WM), ministre du tourisme - « Le Zimbabwe à l'aube de sa plus grande réussite diplomatique »

interview

Le 1er avril, le Gouvernement du Zimbabwe annonçait la nomination du Ministre du Tourisme l’Ingénieur Dr. Walter Mzembi (WM) au poste de Secrétaire Général de l’Organisation Mondiale du Tourisme des Nations Unies. Le Ministre Mzembi est entré en campagne électorale pour ce poste mondiale et déclare à l’éditeur politique du Herald Tichaona Zindoga (TZ) que s’il gagne ce poste, ce qui est possible, cela sera le plus grand coup diplomatique dans le contexte de négativité et de sanctions contre le pays venant de certaines puissances du monde. Ce sont là quelques points qu’ils ont partagé hier.

Vous êtes intéressé par le poste de Secrétaire Général de l’OMT des Nations Unies qui sera vacant l’année prochaine et vous avez le soutien du Zimbabwe et de la Sadc. Que signifie ce poste pour le pays ?

Comme je l’ai dit plus tôt, si nous réussissons, ce sera le déploiement diplomatique le plus élevé et le plus prestigieux du Zimbabwe. Dans la décennie menant à 2009, le Zimbabwe a subi quelques revers diplomatiques après que l’Article 96 de l’Accord de Partenariat de Cotonou ACP-UE a été invoqué, aboutissant à ce que nous appelons d’habitude des sanctions, qui ont été exacerbées par encore un régime complémentaire de sanctions sous forme de ZIDERA (Zimbabwe Democracy Reform Act) venant des USA.

L’effort de réengagement du Gouvernement inclusif de l’époque durant les cinq années menant à 2013 n’a pas tout à fait réussi à se débarrasser de l’image de « bad boy » si méchamment et faussement orchestrée par les médias mondiaux grand public, entrainant la décimation de la valeur de notre marque et de sa compétitivité.

Néanmoins, la révocation de l’Article 96 en novembre 2014 et la redécouverte apparente de bonne volonté internationale pour le pays, son propre réengagement avec des institutions multilatérales, le chemin vers l’engagement totale n’est pas encore terminée, donc nous mettre en lice pour ce poste est notre propre contribution sectorielle à cet effort, qui verra le Zimbabwe affirmer sa place d’honneur dans la famille internationale des pays.

Vous avez le soutien de la Sadc, mais il y a beaucoup de forces hostiles là-bas. Pour rappel, certains pays ne voulaient pas que le Zimbabwe accueille la 20i ème Session de l’Assemblée Générale de l’Organisation Mondiale du Tourisme des Nations Unies en 2013. Comment allez-vous dépasser cet obstacle, et qu’avez-vous à offrir au monde entier si vous tenez la barre, au vu des enjeux mondiaux présents aujourd’hui ?

En dépit du « facteur Nazareth », nous avons sans doute accueilli « l’Assemblée Générale la plus réussie dans l’histoire des Assemblées Générales » selon le Secrétaire Général de l’OMT des Nations Unies Dr Taleb Rifai, et cette mémoire continue encore à nous hanter alors que nous commençons la phase exploratoire de notre campagne pour le poste de Secrétaire-Général et constitue souvent l’argument avec lequel je réponds à la question : « Le Zimbabwe, peut-il en sortir quelque chose de bon ? »

Dans John 1 :46, lorsque Phillipe devait répondre à une question similaire de Nathanael, il répondit brièvement « viens voir ». Le monde est venu et a vu le Zimbabwe en août 2013.  Le New York Times dans son édition de février 2015 « 52 Global Must Visit Report » a classé le Zimbabwe 14iéme, avec l’addendum « autrefois évité, désormais un must ». Ceci est la marque qui me pousse à concourir, et la Southern African Development Community (SADC) a soutenu ma candidature.

L’Afrique, qui a testé mon leadership lors de mon mandat de président de la Commission Régionale de l’OMT des Nations Unies pour l’Afrique (CAF) de 2013 à 2015, et qui a unanimement renouvelé mon mandat pour encore deux ans jusqu’en 2017, n’aura sans doute pas de problèmes à soutenir ma candidature.

Etant donné les adversités auxquelles le tourisme mondial fait face aujourd’hui et je vous en liste quelques-unes : le tourisme et la sécurité, le changement climatique, le terrorisme de la biodiversité, les impôts élevés, la standardisation, l’abus sexuel des enfants, les pandémies, et les conditions politiques, il n’y a pas meilleur candidat, étant  donné notre histoire dont j’ai déjà fait allusion, qui pourrait montrer comment faire de l’adversité une opportunité dans la mesure où je l’ai fait avec le tourisme au Zimbabwe, et fixant désormais l’ordre du jour du tourisme mondial avec un résumé des positions du tourisme depuis 2009.

Revenons au bercail. Comment l’industrie du tourisme s’en sort-elle ?

Le Tourisme a une croissance sectorielle prévue de 4,1% , avant l’exploitation minière, la manufacture et l’agriculture et a été régulièrement performant sur une trajectoire de croissance depuis 2009 et contribue en moyenne 10% du PIB.

Il pourrait faire beaucoup plus avec le soutien de politiques favorables et j ‘en cite ici celles qui sont urgentes et qui nécessitent d’être corrigées, : le comportement monétaire, la fiscalité intelligente, l’accessibilité et la connectivité de la destination,  un régime de visa mutualiste, l’augmentation des actifs touristiques et un meilleur packaging de la marque Zimbabwe.

Dans d’autres pays le tourisme est une planche de salut énorme et potentiellement économique, peut on en dire de même pour le Zimbabwe ?

Nous ne faisons pas exception, cependant, lorsque vous situez notre performance et celle de l’Afrique dans le contexte du tourisme mondial, vous commencez à voir combien nous faisons un minimum. Le tourisme mondial génère $1,5 trillion, contribue 6 pour cent des exportations, emploie 288 millions pour 1,2 milliard d’arrivées.

La part du marché transversal de l’Afrique est juste de 3-5 pour cent, et en fait, selon le dernier baromètre du tourisme mondial, notre continent est la seule région qui enregistre un déclin dans ses performances d’arrivées à moins 3 pour cent.

Le Zimbabwe a une part de performance mondiale décimalisée, pas différent de tout autre pays africain à l’exception de l’Afrique du Sud. C’est cette inégalité de croissance et de performance qui en partie me motive et a été comprise par la SADC comme anomalie que nous devons corriger.

Quelle est la situation ailleurs ?

L’Europe a été leader, capitalisant prés de 60 pour cent des parts de marché. Cependant, il y a des menaces qui pèsent sur cette performance résultant du terrorisme, qui a marqué le tourisme comme cible facile, créant un sentiment d’insécurité sans précédent dans l’esprit du voyageur. Allant de l’avant ceci constitue un défi qui requiert une réponse globale puisqu’aucun de nous n’est à l’abri de ce fléau et cette attaque contre la civilisation.

J’ai mes propres idées là-dessus, y compris l’idée d’associer la fermeté et la douceur et de mettre à profit la force des TICs  afin de créer le voyage sur, plaisant et sécurisé.

La migration, apparemment un dérivé indésirable de l’instabilité, est un autre phénomène qui menace ce qui jusqu’à maintenant était un exemple legs d’ouverture dans l’espace Schengen. Ce point de référence mondial pourrait très facilement se replier et recréer de nouvelles barrières au voyage transparent si la présente panique temporaire continue en toute impunité. Le futur de l’Euro nécessite un suivi de prés vu qu’il influe sur la performance du tourisme de la région.

L’Asie du Sud et la Pacifique est non seulement le pole de croissance pour elle-même  mais aussi un marché émergent pour le monde entier.  Le monde devrait commencer à planifier pour les 600 millions de voyageurs sortants de la Chine avant l’an 2020.

Cette région présente, elle aussi, ses propres insécurités pareilles à celles des Amériques, y compris les catastrophes naturelles et le changement climatique, et dans la définition du tourisme et de la sécurité dans le cadre de ce débat, elle se doit de les saisir pour la mitigation et l’adaptation.

Le Moyen Orient, traditionnellement en tant qu’économie pétrolière, déconcerte ses observateurs vu que le tourisme surpasse l’importance du pétrole, qui jusque là a largement ancré les moyens de subsistance. Une importante diversification est en cours, bien que les profits soient quelque fois ralentis par les insécurités.

Nonobstant ce qui précède, nous nous sommes réjouis de la désignation de l’an 2017 comme Année Internationale du Tourisme Durable pour le Développement. Ensemble avec les ODD, surtout ceux relatifs au tourisme, les Objectifs 8, 12 et 14, l’avenir du tourisme mondial semble très prometteur.

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