29 Juillet 2016

Gambie: L'ONU préoccupée par la détention des membres du principal parti d'opposition

Photo: HRW
Des partisans de l’opposition manifestent le 16 avril 2016 à Banjul, capitale de la Gambie, à la suite de la mort en détention du membre de l’opposition Solo Sandeng. Les forces de sécurité gambiennes ont dispersé la manifestation et arrêté plus de 20 manifestants, dont le leader de l’opposition Ousainou Darboe.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est déclaré vendredi préoccupé par les peines de prison prononcées contre des membres du principal parti d'opposition en Gambie et par l'usage excessif de la force dans le cadre de manifestations.

« Nous sommes préoccupés par les peines de prison de trois ans prononcées la semaine dernière à l'encontre de 30 membres du principal parti d'opposition en Gambie, y compris son chef Ousainou Darboe, suite à leur participation à des manifestations pacifiques mi-avril », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

Il a ajouté qu'il n'y avait pas encore eu d'enquête sur les allégations concernant l'utilisation excessive de la force lors de manifestations, et sur l'arrestation et la mort de l'ancien secrétaire du parti.

Selon le porte-parole, 19 personnes du United Democratic Party (UDP) ont été condamnées par la Haute Cour de justice de Banjul, le 20 juillet, et 11 autres, le 21 juillet, par la Haute Cour de Mansakonko pour cause de rassemblement illégal, émeute, incitation à la violence, perturbation violente de la circulation, organisation d'une marche non autorisée, désobéissance à un ordre de se disperser et conspiration.

M. Colville a souligné que toutes les personnes condamnées ont été arrêtées soit le 14 avril, durant une manifestation en faveur de réformes électorales ou le 16 avril, durant une manifestation organisée après l'arrestation et la mort présumée du Secrétaire de l'UDP Solo Sandeng qui était détenu par l'État.

« Nous avons de sérieuses inquiétudes quant aux violations du droit à un procès équitable.

Les avocats de la défense ont dit que l'accès à leurs clients a été à maintes reprises entravé, que les arrestations étaient politiquement motivées et que les garanties d'une procédure régulière n'ont pas été respectées », a-t-il ajouté.

Le 8 juin, les avocats de la défense ont quitté la salle d'audience et décidé de ne pas prendre part à d'autres procédures après que le tribunal a rejeté leurs demandes, y compris une demandant à la Cour suprême de se prononcer sur la constitutionnalité de la procédure.

« Nous appelons les autorités à enquêter sur toutes les allégations d'usage excessif de la force dans le cadre des manifestations d'avril, ainsi que sur les allégations que certaines des personnes arrêtées ont été torturées et se sont vues refuser l'accès à des soins médicaux », a dit M. Colville.

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