5 Août 2016

Cameroun: Agriculture et développement rural - Eyébé Ayissi s'attaque aux réseaux d'Essimi Menyé

Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural vient de commettre un audit interne de l'ensemble des projets et programmes sous financement du budget d'investissement public dans son département ministériel. La dissolution annoncée de la plupart de ces structures mises en place par le fugitif Lazare Essimi Menyé crée une psychose inhabituelle dans la maison.

C'est au total 52 projets et programmes concernés par la note signée le 25 juillet 2016 d'Henri Eyébé Ayissi - ministre de l'Agriculture et du Développement rural. Cette note institue une Commission d'audit auprès desdites structures, et il y est annexé la liste des membres commis pour les besoins de la cause. Ceux-ci disposent de 90 jours pour rendre leur copie. Ils ont par ailleurs reçu les termes de références de leur mission sous la forme d'un questionnaire apprêté par des experts de ce ministère.

Au terme de cette mission, il sera question de présenter au ministre Eyébé Ayissi, l'état des lieux, en précisant l'opportunité, les forces et les faiblesses de chaque projet ou programme. Les mandataires vont, pour ainsi dire, contrôler les cahiers de charges de chacune de ces structures, et bien évidemment la gestion des ressources financières et humaines qui y sont affectées. Du coup, c'est un vent de panique qui souffle au sein de ces projets et programmes dirigés par des coordonnateurs qui ne sont toujours pas crédités d'une gestion orthodoxe.

Combattre la gabegie et détruire les réseaux Essimi

Il convient de rappeler que le ministère de l'Agriculture et du Développement rural est dans le peloton de tête des départements ministériels qui comptent dans leur portefeuille un nombre pléthorique de projets. Des projets dont l'efficacité n'est toujours pas avérée. Idem pour les ministères de la Santé publique, de l'Economie, de la Jeunesse et de l'Education civique.

Pour ce qui est du Minader, il s'agit des structures mises en place, pour entre autres, « vulgariser l'agriculture, accompagner les agriculteurs, booster la productivité, lutter contre la malnutrition, assurer l'autosuffisance alimentaire, réveiller les vergers vieillissants, assurer l'écoulement des produits issus du monde rural, assurer le passage à une agriculture dite de seconde génération avec en prime la transformation des récoltes ».

Certains de ces projets sont mis en place sur fonds propres, mais la plus grande partie bénéficie des financements extérieurs sous forme de dons ou de prêts assortis d'une exigence des bailleurs de fonds à l'égard du gouvernement. Il s'agit des fonds de contrepartie issus généralement du budget d'investissement public. Parmi ces bailleurs on parle habituellement de la Bad, du Fida, de la Banque mondiale, et du Fmi.

Loin d'être exhaustif, le Projet banane plantain, le Projet maïs, le Foddec - le Fonds de développement des filières cacao et café, le Projet pomme de terre, le Projet racines et tubercules, et le Pidma - le Programme d'investissement et de développement des marchés agricoles, la dernière trouvaille de Lazare Essimi doté d'un budget colossal de 50 milliards de Fcfa, en sont quelques illustrations d'une liste de 52 gouffres à sous. Au-delà du démantèlement des réseaux laissés par son prédécesseur, la volonté d'Henri Eyébé Ayissi qui souhaiterait voir plus clair dans la gestion de ces projets, ne fait l'ombre d'aucun mystère.

Les audits en cours sont par ailleurs initiés dans un contexte particulier, marqué par le jaillissement de plusieurs plaintes à l'égard des coordonnateurs de projets. Le projet dédié à la promotion de la culture du maïs n'a pas fini de défrayer la chronique du fait de sa mal gouvernance, que les langues se délient relativement à la gestion des plants de cacao au Foddecc où l'on signale des indices de corruption et de détournement avec pour principal mode opératoire, « la surfacturation et la surévaluation des plants mis à la charge de la commande publique avec la complicité active de certains pépiniéristes ».

Un créneau porteur de germes d'un enrichissement illicite au bénéfice de certains cadres véreux du Minader. Donner un coup de pied dans la fourmilière, Henri Eyébé Ayissi semble déterminé à aller jusqu'au bout de sa logique. Des sources introduites annoncent la dissolution de plusieurs projets aux résultats mitigés. On parle également de la compression de certaines de ces structures essentiellement budgétivores, spécialisées dans l'achat des grosses cylindrées.

Par ailleurs, ceux des coordonnateurs de projets et leurs collaborateurs qui seront tenus pour responsables des faits de malversations, encourent des risques réels de poursuites judiciaires. Quoiqu'il en soit, les prochains jours s'annoncent pénibles pour certaines équipes de projets au Minader.

Cameroun

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