25 Août 2016

Seychelles: Surveillance des DCP - Les Seychelles vont intercepter les dispositifs de pêche pour protéger les récifs

Victoria, Seychelles — Les Seychelles prennent des mesures pour limiter les effets néfastes des dispositif de concentration de poisson (DCP) sur les récifs et les autres formes de vie marine de la nation insulaire grâce à un nouveau projet qui vise à intercepter les dispositifs de pêche avant qu'ils ne s'échouent sur les plages, en particulier autour des îles extérieures .

Le projet a pour objectif secondaire de collecter les données sur la gravité de la question autour des îles des Seychelles et de faire en sorte que l'industrie de la pêche - dans ce cas, les senneurs - prennent conscience du problème et contribuent au coût des nettoyages de DCP.

Le projet de la Société de Conservation des îles et le directeur scientifique, Pierre-André Adam, ont expliqué que le logiciel sera installé sur un ordinateur au siège de l'organisation. Ce dernier fonctionnera comme un système d'alerte, puisque les dispositifs de pêche sont équipés de GPS.

« Nous recevrons des alertes à chaque fois qu'un DCP est détecté dans la zone d'une des îles où nous sommes présents, ce qui nous permettra d'informer nos agents de conservation afin qu'ils puissent organiser leur travail pour pouvoir sortir, intervenir et intercepter le DCP, » a déclaré Adam aux journalistes, lors d'une interview.

La pêche est le deuxième pilier de l'économie des Seychelles - un archipel de 115 îles dans l'océan Indien occidental. Selon l'autorité de pêche des Seychelles, près de 50.000 tonnes de thon sont pêchées dans la zone économique exclusive des Seychelles, alors que 300 tonnes de thon pêchées dans les eaux de l'océan Indien occidental sont débarquées et transbordées au Port de Victoria.

La Société de Conservation des îles (ICS) (une organisation locale à but non lucratif), l'Autorité de pêche des Seychelles (SFA), la Société de développement des îles (IDC) et les associations des propriétaires espagnols des thoniers senneurs congélateurs (OPAGAC) ont signé un protocole d'accord en juillet pour lancer le projet.

Le programme de surveillance des DCP est considéré comme le premier de son genre. Le directeur général de la Société de développement des îles (IDC), Glenny Savy, affirme que la compagnie aura la responsabilité d'intercepter les DCP qui se retrouvent à proximité des îles où ICS n'est pas présent.

« Il s'agit d'un projet pilote, cela dépendra de l'état de la mer, des installations sur les îles nous permettant de récupérer les DCP avant qu'ils ne s'échouent sur les récifs et de notre capacité àles ramener à terre afin que des bateaux de pêche ou des plus gros navires puissent les récupérer », a déclaré Savy.

Les dispositifs de concentration de poissons sont des plates-formes flottantes équipées d'un système GPS. Au fil des ans, l'industrie des senneurs de thon les ont utilisés de manière accrue pour attirer de grandes concentrations de poissons.

En règle générale, ils sont constitués d'un large radeau de bambou, d'une surface de 2 mètres par 2 mètres, qui est recouvert d'un matériau d'ombre, de filets de pêche ou de cordes qui descendent à une profondeur de 20 à 50 mètres.

Un exemple de DCP abandonné flottant à proximité d'un récif de corail. (Lucy Martin, ICS Seychelles) licence photo : tous droits réservés

Les Seychelles et la région de l'océan Indien ont également enregistré une augmentation de l'utilisation de ces dispositifs depuis le début des années 1990.

L'augmentation des prises de poissons juvéniles, dans ce cas, le thon, ainsi que les prises accessoires d'espèces non ciblées sont certains des problèmes associés à l'utilisation des DCP. Pour les Seychelles, une autre question tout aussi importante est celle des dommages que les DCP perdus ou abandonnés causent sur les récifs coralliens ainsi que sur les espèces marines comme les tortues marines qui peuvent souvent se prendre dans les filets et se noyer.

Jeanne Mortimer, qui a longtemps travaillé dans la conservation des tortues de mer, explique que l'utilisation des DCP reste « une activité de pêche controversée. »

« Nous retrouvons des animaux morts dans les DCP. Parfois, nous voyons des tortues mortes, des requins morts, mais il est difficile d'avoir une vision d'ensemble de la façon dont cela affecte l'océan Indien occidental. »

ICS gère le problème du nettoyage des DCP et a sauvé des espèces marines capturées dans ce type de dispositifs. L'ONG environnementale a également souligné les coûts de nettoyage et les dangers environnementaux que ces dispositifs représentent, en collaboration avec les représentants de l'industrie de la pêche au thon et les gestionnaires des pêches durant le groupe de travail de la Commission des thons de l'océan Indien (CTOI) sur les écosystèmes et les prises accessoires, en septembre de l'année dernière.

En prenant l'exemple du groupe d'îles Alphonse, situé à 400 kilomètres au sud-ouest de l'île principale de Mahé où ICS assure une présence permanente, Adam a indiqué que 58 dispositifs de ce type ont été ramassés sur une période de 18 mois, depuis que la collecte active de données a commencé.

« Nous allons encore mettre en œuvre ce type de systèmes dans les autres îles où nous sommes implantés, mais cela sera développé dans le cadre du nouveau programme, » a ajouté Adam.

Ce projet va certainement générer des coûts importants pour les organisations concernées. Savy a déclaré : « c'est financé par les senneurs eux-mêmes dans la mesure où ils devront rembourser les frais occasionnés par notre travail. »

Alors que plusieurs nations ont des senneurs pêchant dans les eaux des Seychelles, jusqu'à présent, seule l'association des propriétaires espagnols de thoniers congélateurs (OPAGAC) a accepté de faire partie du projet pilote.

Selon le directeur général par intérim de l'Autorité de pêche des Seychelles, Roy Clarisse, des discussions ont été engagées avec les organisations représentant les autres pays qui souhaitent participer volontairement.

Une victime tragique du problème croissant des DCP perdus par l'industrie de la pêche au thon - une tortue verte flotte inerte dans un filet emmêlé (Tony Jupiter, ICS Seychelles) Licence photo : tous droits réservés

D'après les autorités des Seychelles, le nouveau projet fait également partie des efforts visant à prendre des mesures continues pour assurer la viabilité de l'industrie.

Au cours d'une réunion de la Commission des thons de l'océan Indien (CTOI), il a été décidé de réduire de 15 pourcents les possibilités de pêche du thon jaune dès l'an prochain. Il a également été convenu que les engins de pêche et les dispositifs tels que les DCP diminueront, passant de 550 à 425 par navire.

Clarisse a confirmé que les senneurs sont autorisés à posséder au total 850 de ces dispositifs, bien que 425 doivent être activés à tout moment.

Ceci, selon Savy, représente déjà une amélioration significative de 3000 à 4000 DCP déployé par les senneurs avant la réduction de leur quota pour de tels dispositifs de pêche.

Bien que le programme de surveillance de DCP verra principalement l'interception des DCP déployés par les navires thoniers espagnols, avant qu'ils ne s'échouent sur les plages, ceux utilisés par d'autres navires qui se retrouvent autour des récifs devront encore être pris en charge par les équipes présentes sur ces îles.

Savy a indiqué que les données des différents nettoyages et exercices de transport recueillis permettront aux autorités des Seychelles de disposer d'éléments faits concrets sur la gravité de la question.

« Je pense que ce que nous essayons de faire, c'est de sauver nos mers en travaillant collectivement et en définitive de les amener à payer le coût de la collecte et du recyclage de leurs DCP,» a déclaré Savy, ajoutant « espérons que dans 10 ans, les actions et les décisions que nous prenons aujourd'hui aboutiront à une politique de disparition des DCP. »

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