7 Septembre 2016

Guinée Equatoriale: Renvoi de Téodorin Obiang en procès - Une victoire d'étape

Photo: Le Pays
Teodorin Obiang
analyse

C'est une victoire d'étape pour les partisans de la transparence financière en Afrique. En effet, accusé de s'être constitué un patrimoine mobilier et immobilier de plusieurs millions d'euros en France, Téodorin Obiang Nguéma, le fils du président de la Guinée Equatoriale, est finalement renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris. Ce qui ouvre la voie au premier procès français dans le cadre de l'affaire des « biens mal acquis ».

Tout le mérite revient à l'association Sherpa et à Transparency International qui, il y a une décennie déjà, avaient porté l'affaire devant la justice ; allant jusqu'à se charger de protéger et défendre les populations victimes de crimes économiques. Ils accusent bien des dirigeants africains de s'être bâti un riche patrimoine dans l'Hexagone, en partie financé par l'argent de la corruption et le détournement de fonds publics de leurs pays respectifs. Sont dans leur collimateur Denis Sassou Nguesso du Congo, feu Omar Bongo et son clan du Gabon, Paul Biya du cameroun, Théodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et sa famille, etc.

La pression diplomatique sur laquelle Téodorin comptait, ne lui a pas permis de s'octroyer une immunité

Dans le dernier cas cité, la France n'est pas le seul pays à lui demander des comptes. On se rappelle, en effet, qu'en octobre 2014, la famille Obiang avait fait contre mauvaise fortune bon cœur, en renonçant à la bagatelle de 30 millions d'euros aux Etats-Unis, dans le cadre d'un accord passé avec la Justice américaine. C'est dire donc qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

En tout cas, pour autant que la famille Obiang Nguema n'ait rien à se reprocher, ce procès qui se profile à l'horizon lui donnera l'occasion de se défendre et de prouver à tous que sa fortune a été acquise honnêtement. C'est le seul combat qui vaille la peine d'être mené, plutôt que de s'engager dans une contre-offensive judiciaire ridicule aux fins de mettre un terme à la procédure en cours.

Comme ce fut la démarche de Téodorin Obiang qui, invoquant son statut de deuxième vice-président de la Guinée Equatoriale à l'époque, avait fait feu de tout bois pour faire annuler les poursuites engagées à son encontre. Mais c'était sans compter avec la ténacité de la Justice française qui ne recule devant rien. La preuve est que la pression diplomatique sur laquelle il comptait, ne lui a pas permis de s'octroyer une immunité. A bon chat, bon rat !

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