14 Septembre 2016

Somalie: Le khat de nouveau autorisé après huit jours d'interdiction

Photo: Wikipedia
Khat.

Les présidents kényan et somalien ont conclu mardi 13 septembre au soir, en marge d'un sommet régional, un accord pour permettre de nouveau la livraison de khat à Mogadiscio, après huit jours d'interdiction. La route de cette plante stimulante très largement consommée dans toute la Corne de l'Afrique a donc été rouverte ce mercredi.

Mercredi matin, deux premiers avions chargés de khat en provenance du Kenya ont pu atterrir à l'aéroport de Mogadiscio. D'autres sont attendus dans la foulée, au lendemain de l'accord trouvé entre les deux pays pour débloquer la situation. Alors que les prix au marché noir avaient atteint des sommes considérables, les marchés de Somalie vont de nouveau pouvoir vendre des branches fraîches à des prix abordables.

Selon les termes de cet accord, un vol direct entre Nairobi et Mogadiscio doit être lancé, les procédures de visa pour les Somaliens facilitées et la Banque commerciale du Kenya va ouvrir une succursale dans la capitale somalienne.

C'est donc la fin d'un bras de fer d'une semaine, provoqué, dit-on en Somalie, par la visite controversée au mois de juillet du gouverneur de la province kényane de Meru, où est cultivé le khat, dans l'Etat autoproclamé du Somaliland.

L'idée du gouverneur était d'ouvrir un nouveau marché pour les planteurs de sa région en échange d'une forme de reconnaissance officielle. Cette idée aurait considérablement irrité la Somalie, qui maintient que le Somaliland fait partie de son territoire. En représailles, Mogadiscio aurait tout simplement coupé la principale source de revenus des agriculteurs de la province de Meru, pour faire pression sur le Kenya.

■ « Nous sommes déçus »

Cette annonce est une mauvaise nouvelle pour Abukar Awale, dit « Qaadiid », un célèbre militant somalien qui fait campagne depuis des années pour l'interdiction du commerce du khat. « Nous savions qu'il y avait un lobbying très puissant en coulisse. Nous sommes déçus, nous sommes très déçus, mais nous ne sommes pas vaincus, assure-t-il. Nous allons continuer nos campagnes, nous allons continuer à nous battre. Et un jour, nous allons gagner. Nous avons déjà gagné par le passé, en obtenant l'interdiction du khat au Royaume-Uni. Maintenant, il faut nous battre chez nous, dans notre pays, et nous devons gagner. »

Selon lui, « l'expérience de cette semaine sans khat a été fascinante. On m'a raconté tellement d'histoires positives, des pères qui pour la première fois passaient du temps avec leur famille, des mères qui ont enfin séché leurs larmes derrière leurs voiles, après 25 ans de violence domestique, et qui ont souri pour la première fois, affirme-t-il. Elles pensaient que c'en était fini de cette drogue qui détruisait leur famille. Mais malheureusement, nous voilà revenus au point de départ. Quand la pression vient du Kenya, il semble que les dirigeants somaliens s'effondrent. »

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