20 Septembre 2016

Cote d'Ivoire: Les TICS et les médias dans la lutte contre les violences faites aux femmes

Cote D Ivoire — Dans tous les pays du monde, les femmes et les filles sont victimes de formes multiples de violence. La violence se produit au foyer, dans la rue, à l'école, au travail, pendant les conflits comme en temps de paix.

Le plus souvent, elle prend la forme de violence familiale ou sexuelle, mais elle se manifeste aussi par l'infanticide des filles, la préférence pour les garçons, les mariages précoces, les mutilations génitales féminines, les meurtres "d'honneur" et autres formes de féminicide.

Cette violence prive les femmes et les filles de leur dignité, porte atteinte à leurs droits fondamentaux et les empêche de réaliser tout leur potentiel. C'est l'un des obstacles les plus forts à la cause des femmes, dont le coût social et économique nuit au progrès et à la prospérité de la planète.

En permettant de fournir des informations et contrer la désinformation, de créer des groupes d'échange, de défense et de pression, par la mobilisation, la mise en réseau et le renforcement des capacités locales, d'assurer une plus grande liberté d'expression, les Tic permettent de changer les attitudes et d'influer sur les comportements par l'éducation et peuvent être un outil de communication efficace.

Elles peuvent aussi permettre d'encourager la dénonciation des viols, des excisions et autres violences basées sur le genre, rien qu'en appelant un numéro vert par exemple.

Certes, les communautés qui pratiquent encore l'excision, en d'Afrique de l'Ouest francophone, sont, de manière générale, du mauvais côté de la fracture numérique.

L'analphabétisme, la pauvreté, l'insuffisance des infrastructures et équipements de communication, etc., font que ces sociétés sont peu ouvertes à l'innovation et peu associées aux décisions.

Mais, en termes de Tic, les générations jeunes sont généralement mieux placées que les aînées. Les jeunes, et en particulier les jeunes femmes sont les grandes gagnantes de la révolution numérique, y compris en termes de relation de genre : ils/elles et devraient, pour cette raison, être activement associés, sous le signe des Tic, à la lutte contre l'excision et aux autres violences basées sur le genre, entendons le genre féminin.

L'utilisation des technologies de l'information et de la communication (Tic) comme l'écriture en ligne, le podcasting, la création de blogs pour documenter les stigmatisations et les discriminations dont les violences que subissent les femmes peuvent contribuer efficacement à faire tomber les barrières et la loi du silence qui semble prospérer.

Il faudrait apprendre aux femmes à manipuler des caméras numériques, filmer, capturer les éléments sur l'ordinateur et faire le montage vidéo.

On pourrait aussi leur apprendre à faire des interviewes des femmes victimes et produire des reportages sur la violence domestique.

Des expériences ont montré, dans les cas de la prise en compte psychologique des femmes ayant subi des violences, beaucoup ont apprécié la lecture des billets de blogs rédigés et publiés par d'autres victimes du "réseautage social".

Elles ont appris à utiliser la plateforme de blogs, et se sont aussi inscrites sur Facebook et ont découvert ainsi un moyen efficace de communiquer avec leurs contacts.

Elles ont créé des galeries de photos et ont bien aimé cet outil qui leur a permis de montrer au monde les réalisations de leurs organisations.

Dans le cadre de la lutte contre les violences faites aux femmes, le renforcement du rôle des médias dans le suivi du phénomène des violences basées sur le genre, en particulier les violences sexuelles doit être un impératif car il permettra de:

- Réaliser des documentaires, des publications et dossiers de presses sur la situation de la femme;

- Produire des supports de sensibilisation et de plaidoyer sur les violences sexuelles;

- Faire le plaidoyer auprès des responsables des médias pour l'intégration des questions des violences sexuelles basées sur le genre, en particulier des violences sexuelles dans les grilles de programme des médias;

- Soutenir les radios communautaires ciblées dans la production d'émissions sur les violences sexuelles.

- Suivi des médias : le suivi des réactions des médias aux violences faites aux femmes et de leur approche peut apporter des informations importantes sur les types de messages que la société reçoit de manière régulière sur ce sujet et elle peut offrir des indications utiles sur les possibilités de conscientisation et de formation des professionnels des médias.

- Couvrir les cas les plus extrêmes, ouvrir les colonnes à des experts et offrir des informations sur les organismes d'assistance aux victimes des violences domestiques.

Tout cela pour pouvoir réaliser des activités liées à la prévention selon les trois niveaux définis par l'Organisation mondiale de la santé: la prévention primaire (empêcher la violence de se produire); secondaire (réactions immédiates en cas de violence pour limiter ses conséquences) et tertiaire (traitements à plus long terme et soutien aux victimes des violences pour empêcher des effets négatifs ultérieurs).

Le problème des violences faites aux femmes n'est pas nouveau. L'acuité des souffrances et nuisances que cause cette violation courante des droits de la personne humaine a peu changé au cours des siècles.

Ce sont, dans une large mesure, les mêmes inégalités et les mêmes disparités de pouvoirs qui ont alimenté, jadis, la violence à l'égard des femmes et qui perdurent aujourd'hui.

Ce qui a en revanche changé, c'est l'environnement, le contexte dans lequel se produit la violence contre les femmes.

Cette violence n'est plus envisagée comme une composante inéluctable de la vie familiale, des relations sociales, du cadre professionnel ou de la guerre.

Aujourd'hui, la violence contre les femmes ne peut plus se justifier et ne doit plus se justifier. Il importe que les hommes et femmes des médias y contribuent en présentant des images valorisantes de la femme et en cessant de faire passer la barbarie du conjoint pour de l'amour ou pour une « simple jalousie.»

Cote d'Ivoire

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