5 Octobre 2016

Afrique: Cites - Les éléphants et lions d'Afrique ne bénéficient pas d'une protection maximale

Photo: The Citizen
Eléphants de la Tanzanie.

Ces deux espèces ne bénéficient pas du niveau de protection maximal qui interdit tout commerce, souligne la Convention internationale sur le commerce d'espèces sauvages menacées d'extinction (Cites).

Du 24 septembre au 4 octobre à Johannesburg, les défenseurs de l'environnement et représentants de gouvernements ont débattu des différentes espèces animales et végétales. Une soixantaine de propositions étaient sur la table destinées à assouplir ou durcir les restrictions commerciales concernant quelque 500 espèces. Rhinocéros, pangolins, perroquet gris, requins, ont bénéficié d'une protection accrue, placées dans la catégorie des espèces menacées d'extinction et dont le commerce est totalement interdit. Une victoire pour de nombreuses organisations.

Pour Kaddu Sebunya, de l'ONG African Wildlife Fund, il faut maintenant que les pays passent à l'action et surtout luttent contre le trafic. « Nous sommes en train de durcir nos lois, durcir les pénalités, aider la justice à amasser des preuves parce que jusqu'à présent cela a été le maillon faible. Nous échangeons des informations entre pays. Avec cela nous luttons contre le trafic. Mais la solution la plus importante c'est d'arrêter la demande. Il s'agit d'un marché, nous devons réduire la demande, notamment en provenance d'Asie », souligne-t-il.

35.000 éléphants tués chaque année

Kaddu Sebunya a salué l'engagement des Etats-Unis et de la Chine de mettre fin au commerce d'ivoire sur leur marché domestique. On estime que 35 000 éléphants sont tués chaque année pour alimenter le commerce de l'ivoire. Et La Chine est le plus grand marché au monde pour l'ivoire légal et illégal. « Il y a eu une perte de 111 000 éléphants en Afrique, entre 2006 et 2016. C'est énorme. Les pays du bassin du Congo, à savoir la République démocratique du Congo, le Cameroun et le Gabon sont les plus touchés par le braconnage », a indiqué Lamine Sebogo, le responsable de la protection des éléphants d'Afrique au Fonds mondial pour la nature.

En revanche, l'Union européenne a été particulièrement critiquée pour son manque de soutien dans la protection des éléphants. Elle a voté contre le classement des pachydermes en espèce menacée d'extinction. Pour Lee White, directeur des parcs nationaux du Gabon, la position européenne est incompréhensible. « D'un côté, nous sommes contents car il n'y aura pas de commerce d'ivoire pendant les trois prochaines années, mais la décision de ne pas passer les éléphants en catégorie 1, et donc d'interdire tout commerce, est vraiment décevante. Soit nous ouvrons le commerce d'ivoire, soit nous l'interdisons. Le message que nous envoyons est que le commerce d'ivoire pourrait rouvrir dans le futur et donc si vous avez des stocks d'ivoire, autant les garder pour le jour ou le commerce rouvrira. Maintenant nous allons devoir rentrer dans nos pays et faire face aux braconniers », souligne-t-il

Le roi de la forêt en danger

L'Afrique a perdu 40% de ces lions en 20 ans. Selon les associations de défense des animaux il ne resterait qu'environ 20 000 lions en Afrique. Dans certains pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, cet animal emblématique a totalement disparu. Ces organisations déplorent par ailleurs le peu d'attention portée aux lions du continent africain. Une disparition qui s'explique en partie, par la diminution de leur espace naturel, mais également par la chasse aux trophées ainsi que le commerce de produits dérivés. Pour Jeffrey Flocken de l'organisation Ifaw, le marché des os de lions qui s'est développé ces dernières années est particulièrement inquiétant.

Neuf pays ont tenté de faire passer les lions en espèces menacées d'extinction, dont tout commerce est interdit, mais la proposition a été rejetée. Car dans certaines régions d'Afrique, notamment en Afrique australe, les lions ne sont pas suffisamment menacés. La Cites a toutefois interdit le commerce des os de lions sauvages. Une mesure faible, selon Jeffrey Flocken, car sur le marché, « on ne peut pas faire la différence entre un os de lion sauvage et celui d'un lion élevé en captivité ».

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